Le Canadien Derek Drouin est passé par toute une gamme d’émotions alors qu’il s’apprêtait à s’envoler vers l’Europe afin de participer à sa première compétition internationale d’athlétisme depuis belle lurette.

Lori Ewing La Presse Canadienne

« J’étais très nerveux, a admis Drouin. Je ne voulais pas arriver là-bas et faire un vrai fou de moi. »

Le champion olympique de saut en hauteur, dont la carrière a été assombrie par de nombreuses blessures, convoite un laissez-passer pour les Jeux olympiques de Tokyo le mois prochain. Il a récemment participé à une escale de la Ligue de Diamant à Doha, au Qatar — sa première compétition dans ce circuit depuis 2017, et sa première épreuve d’envergure depuis 2019.

Toutes ses craintes, alors qu’il survolait l’océan atlantique, se sont envolées lorsqu’il a retrouvé les adversaires qu’il n’avait pas vus depuis des années. On aurait dit qu’il rentrait chez lui.

« La quantité d’athlètes qui sont venus à ma rencontre avec le sourire accroché aux lèvres et m’ont dit : "Je suis tellement heureux de te revoir. C’est bon de te revoir", ç’a été très réconfortant, a confié Drouin en entretien téléphonique avec La Presse Canadienne de la Finlande. On m’a vraiment accueilli à bras ouverts. C’était la partie la plus cool de mon retour à la compétition.

« J’ai l’impression que j’ai encore le feu sacré, qu’il est encore bien présent. Mais jusqu’ici, la camaraderie entre les sauteurs a été particulièrement spéciale », a-t-il ajouté.

L’athlète âgé de 31 ans originaire de Corunna, en Ontario, participera à compter de jeudi au Grand Prix d’Espoo. Il voudra alors obtenir de précieux points de classement qui pourraient lui permettre d’obtenir son billet pour les Jeux olympiques de Tokyo, ou mieux encore, le décrocher automatiquement en réussissant le standard olympique de 2,33 mètres.

Son meilleur résultat en carrière — un record canadien — est de 2,40 mètres, établi en 2014.

Drouin a réussi un saut de 2,24 mètres et terminé cinquième à Doha, un résultat remarquable qui lui a permis de s’approcher d’un billet pour Tokyo, et confirmé du même coup sa décision de tenter un retour à la compétition.

« J’avais l’impression que je progressais, a dit Drouin. Il y avait deux possibilités : "Je suis content d’être de retour. C’est merveilleux. Ça me manquait vraiment". Ou encore : "Je ne suis plus capable de faire ça". J’étais vraiment nerveux avant ma première compétition.

« Mais je savoure chaque instant. Je suis très heureux d’être de retour. Je m’amuse beaucoup. Je ne sais pas, j’ignore comment ce terminera cette période de qualification pour les Jeux olympiques. Mais en ce moment, je peux vous dire que je suis très, très heureux de tenter le coup. »