C'est sous un soleil de plomb et sur le toit d'un bateau de croisière que les meilleurs espoirs du repêchage se sont prêtés à un dernier gros bain médiatique, jeudi midi à Pittsburgh, moins de 36 heures avant le grand soir.

Marc Antoine Godin LA PRESSE

Assis non loin l'un de l'autre, l'ailier droit Nail Yakupov, du Sting de Sarnia, et le défenseur Ryan Murray, des Silvertips d'Everett, ont été au centre de l'attention car les Oilers d'Edmonton tergiversent entre ces deux joueurs pour la toute première sélection.

Si leur style sur la glace n'a évidemment rien de comparable, l'attitude qu'affichent en public Yakupov et Murray est également à des milles l'une de l'autre.

Le Russe Yakupov est désinvolte, sûr de lui, et ne cache pas son impatience devant des questions qu'il a trop souvent entendues.

«Je veux être choisi premier et jouer dans la LNH, a-t-il martelé. Tout le monde veut être premier. Ce serait stupide que quelqu'un dise "je veux être deuxième, c'est ça mon rêve".»

«Je devrais cesser de jouer au hockey si je ne visais pas d'être premier.»

Cette détermination en séduira certains, mais d'autres préféreront la réponse d'un Alex Galchenyuk, qui a noté que d'être repêché premier ne garantissait absolument rien pour l'avenir.

«Nail est un joueur excitant, dynamique et même électrisant», a par ailleurs décrit Galchenyuk, qui a été le centre de Yakupov pendant deux ans à Sarnia.

«Il veut la rondelle, il cherche constamment à tirer et veut marquer des buts. L'équipe qui va le repêcher sera chanceuse de l'avoir.»

Yakupov, qui est perçu comme le plus grand talent de ce repêchage, ne veut pas non plus entendre parler des questions de santé. Il a subi une blessure à un genou aux Mondiaux juniors, puis une légère séparation de l'épaule en deuxième moitié de saison, et aurait également subi une commotion cérébrale. Cela contribuerait à expliquer son rendement décevant en séries éliminatoires, qu'il a terminées avec le pire différentiel chez le Sting (-7).

«Je ne me soucie pas des blessures passées, je suis prêt à jouer dans la LNH», a-t-il abruptement répondu.

Murray aime bien les Oilers

Si Yakupov s'affiche comme un individu confiant et un brin arrogant, Murray, lui, est d'un calme olympien - à l'image du défenseur en contrôle de situation qu'il est.

Détendu, peu ébranlé par l'attention qu'il génère, Murray ira là où il sera repêché. Mais il est évident que la perspective d'être réclamé au premier rang par les Oilers lui sourit.

«Ce serait quelque chose de pouvoir remettre la rondelle à des gars comme Hall, Eberle et Nugent-Hopkins et les laisser faire leurs trucs de magie, souligne le défenseur de 6'1 et 198 livres. Ce sont déjà des joueurs de premier niveau dans la ligue, leurs habiletés parlent d'elles-mêmes et ce sont des joueurs qui s'entendent très bien ensemble.

«Edmonton serait un bon endroit où jouer.»

La machine à rumeurs s'est emballée à propos de Murray dès le moment où le président des Oilers, Kevin Lowe - qui agissait comme DG de l'équipe canadienne aux plus récents Mondiaux - a invité Murray en Finlande.

«J'ai pu prendre un peu d'expérience professionnelle en m'entourant de joueurs établis et en pratiquant avec eux, a mentionné Murray. J'ai beaucoup appris durant mon séjour là-bas.

«J'étais seulement supposé être là pour une semaine mais toute l'équipe m'a fait sentir le bienvenu. Kevin Lowe m'a beaucoup aidé en venant me parler après chaque match et en me donnant des tapes dans le dos.»

Il faut toutefois préciser que la présence de Murray au sein de l'équipe canadienne n'était pas seulement le voeu de Lowe, mais aussi celui de Steve Yzerman, qui aime voir de jeunes joueurs en compétitions internationales en vue des Jeux olympiques de 2014.

Photo: PC

Le défenseur Ryan Murray, des Silvertips d'Everett, est peu ébranlé par l'attention qu'il génère.