On a répété à l’infini, au cours des dernières semaines, à quel point le plaisir et la bonne humeur étaient de retour dans l’entourage du Canadien.

Mis à jour le 16 mars
Simon-Olivier Lorange
Simon-Olivier Lorange La Presse

Cela est bien sûr attribuable au changement d’entraîneur-chef, mais aussi aux victoires qui l’ont accompagné. Dans ce contexte, tout le monde veut participer à la fête, si bien que ceux qui attendent encore leur tour tapent du pied.

Comptez Jake Allen dans cette catégorie. Le gardien s’est blessé au « bas du corps » le 12 janvier dernier à Boston. Neuf semaines plus tard, il s’apprête enfin à revenir au jeu.

L’entraîneur-chef Martin St-Louis a estimé à « 95 % » les chances qu’il affronte les Stars de Dallas ce jeudi au Centre Bell. Sans prétention scientifique, cela nous semble suffisamment proche de 100 pour s’épargner le conditionnel.

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Martin St-Louis, entraîneur-chef du Canadien

À sa première rencontre avec les journalistes, mercredi, Allen s’est montré soulagé de finalement renouer avec l’action, lui qui vient de vivre la plus longue convalescence de sa carrière. « C’était dur de ne pas pouvoir contribuer quand le vent a tourné », a-t-il dit, en référence aux récents succès de son club après une première moitié de saison catastrophique.

St-Louis et lui n’ont pas eu beaucoup d’occasions de travailler ensemble. Mais le gardien n’a rien raté de la transformation qui s’est opérée depuis le 9 février, date du changement de garde.

Lui aussi parle de l’atmosphère « totalement différente » qui règne à l’aréna, des joueurs qui « achètent » la philosophie de St-Louis. Mais il va plus loin en évoquant un plus grand « respect de la manière de jouer au hockey ».

Plus concrètement, dans ses mots : « Bloquer des tirs, revenir en défense, faire de bons changements, s’engager dans le match et auprès de l’équipe… »

Ce ne sont pas des choses qu’on faisait bien en première moitié de saison, et c’est pour ça qu’on se retrouve dans cette position.

Jake Allen

Après 62 rencontres, le Tricolore est toujours bon dernier du classement général de la LNH, et ce, malgré sa fiche très potable de 8-6-1 sous les ordres de St-Louis. C’est dire combien il partait de loin.

« On ne gagnera pas tous les matchs, mais les gars le font maintenant avec constance, et ça fait partie de la culture qu’on essaie de construire. […] Même quand ils ont perdu, ils sont demeurés dans le match et se sont battus jusqu’au coup de sifflet final. […] Je suis impressionné par ce que je vois. »

Blessure

Allen s’estime « chanceux » de n’avoir jamais eu à composer avec une blessure aussi sérieuse plus tôt dans sa carrière. Quelques bobos et écueils, comme tout le monde, mais rien d’aussi critique que ce qu’il a subi en janvier dernier.

Il n’a pas voulu décrire en détail la nature de sa blessure, apparue pendant son déplacement latéral sur le premier but des Bruins de Boston.

Regardez la séquence

À la télévision, un gros plan l’a montré grimaçant derrière son masque. « Je savais que quelque chose venait de se passer », a-t-il raconté mercredi.

Mû par l’« adrénaline », il est demeuré dans la rencontre, mais a accordé un autre but 15 secondes plus tard. Il était évident que ça n’allait pas. La pause pour la télévision a rapidement suivi, et il a cédé son filet à Samuel Montembeault.

Plus de deux mois plus tard, il revient avec la ferme intention de terminer la saison « du bon pied ». La campagne actuelle, en effet, ne lui a pas fait de cadeau jusqu’ici. Une commotion cérébrale subie en novembre l’a forcé à rater quelques matchs. Et il a contracté la COVID-19 pendant les Fêtes. Le match à Boston était le premier de l’équipe après une longue pause rendue nécessaire par la propagation du virus dans le vestiaire.

Il se doute que ses premiers départs après une si longue pause ne seront « pas parfaits ». Mais à l’image de son équipe, il veut que les 22 derniers matchs du calendrier soient un tremplin pour la préparation estivale et même pour le prochain camp d’entraînement.

Montembeault et lui ont visiblement tissé des liens étroits, d’abord lorsqu’ils partageaient le filet, puis pendant la convalescence d’Allen. Au cours des dernières semaines, dans la victoire comme dans la défaite, le vétéran communiquait avec son poulain après chaque match, a témoigné le Québécois.

Malgré la relative instabilité liée à son statut avec l’équipe – son nom est constamment inclus dans les rumeurs d’échange vu son contrat peu onéreux –, Allen affirme souhaiter faire partie de la reconstruction des prochains mois.

« Je pense que nous sommes nombreux, avec le revirement [de situation], à vouloir continuer de porter le chandail rouge, a-t-il illustré. On verra bien ce qui va arriver. »

En bref

Perreault au ballottage

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Mathieu Perreault

Le Canadien a annoncé, mercredi après-midi, que Mathieu Perreault avait été placé au ballottage. Le Québécois de 34 ans connaît une saison décevante, avec seulement cinq points, dont trois buts, en 18 matchs. Cette décision est intrigante dans la mesure où la direction n’était théoriquement pas dans l’obligation de retirer un joueur de sa formation, actuellement composée de 23 joueurs. Le retour en santé d’Allen devrait coïncider avec le renvoi de Cayden Primeau chez le Rocket de Laval, dans la Ligue américaine. Un attaquant sur la liste des blessés pourrait s’apprêter à revenir au jeu : le cas échéant, Christian Dvorak est le candidat le plus probable. On peut aussi se demander si le directeur général Kent Hughes ne tente pas de se donner de la marge de manœuvre sous le plafond salarial en vue de la date limite des transactions. On ne peut non plus exclure que le CH ait abandonné l’idée que Perreault puisse contribuer aux succès sur la glace à court terme : autrement, on aurait simplement pu céder Jesse Ylönen au Rocket. Si aucune équipe ne réclame Perreault d’ici jeudi après-midi, il sera logiquement rétrogradé dans la Ligue américaine.

Chiarot à l’entraînement

PHOTO SERGEI BELSKI, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

Ben Chiarot

Le Canadien a tenu un entraînement optionnel, mercredi matin, auquel ont surtout pris part les joueurs réservistes et ceux qui soignent des blessures. Ben Chiarot était du nombre, lui qui a été laissé de côté pour le match de mardi contre les Coyotes de l’Arizona. La direction tente d’échanger le défenseur, qu’on désire garder en santé dans les circonstances. Les journalistes montréalais ont désiré s’entretenir avec Chiarot, mais la demande a été déclinée après une intervention de Jeff Gorton, vice-président exécutif aux opérations hockey de l’organisation, qui a invoqué la situation instable dans laquelle se trouvent le vétéran et le club. Par ailleurs, plus tôt en matinée, Carey Price s’est activement entraîné devant son filet pendant une quarantaine de minutes, tandis que le défenseur David Savard et le gardien Andrew Hammond ont patiné avec un thérapeute du sport.

La famille St-Louis est en ville

Un patineur un peu frêle a passé près d’une heure sur la glace du Complexe Bell de Brossard en compagnie d’Adam Nicholas, nouveau directeur du développement hockey du Tricolore. À la vue de son équipement de l’association de hockey mineur de Mid Fairfield, il n’y avait pas de doute que le jeune homme était Mason St-Louis. Le plus jeune fils de l’entraîneur-chef du CH est venu passer la relâche scolaire avec sa mère dans la métropole. Le paternel n’a pas caché son bonheur de renouer avec sa femme et un de leurs enfants après cinq semaines loin d’eux. Mason, a-t-il expliqué, n’avait que 7 ans lorsqu’il a pris sa retraite, si bien qu’il a moins « expérimenté la vie de papa dans la LNH » que ses deux frères aînés. « J’amenais tout le temps mes enfants à l’aréna, a raconté Martin St-Louis. Je voulais leur faire vivre ça. Il n’y a pas de vie qui mérite d’être vécue si tu ne peux pas la partager avec le monde que tu aimes. » Il a ajouté que même si Mason est aujourd’hui âgé de 14 ans, il flotte néanmoins sur un nuage, ces jours-ci, au contact de joueurs de la LNH.