1400 jours. 200 semaines. 45 mois et 29 jours. 3 ans, 9 mois et 29 jours.

Mis à jour le 19 février
Guillaume Lefrançois
Guillaume Lefrançois La Presse

On pourrait continuer longtemps ainsi, mais on comprend l’idée. Ça fait longtemps qu’Andrew Hammond n’a pas joué dans la Ligue nationale. Ce dimanche, le gardien nouvellement acquis par le Canadien amorcera le match contre les Islanders, à New York, exactement 1400 jours après son dernier match dans la grande ligue.

Ça se passait le 22 avril 2018, dans le sixième match de la série de premier tour entre Nashville et le Colorado. Hammond portait alors les couleurs de l’Avalanche, qui avait baissé pavillon 5-0 face aux Predators.

Au moment où Hammond s’est adressé aux médias, après l’entraînement de samedi, sa présence devant le filet n’était pas encore confirmée. Mais comme le Tricolore disputera deux matchs en deux jours, ce dimanche à Long Island et lundi à Montréal, il allait de soi que son tour s’en venait.

« Je suis tellement enthousiaste », a lancé Hammond en visioconférence, avant le départ pour la longue île.

Une saison sans jouer

Hammond était une des belles histoires de la saison 2014-2015. Un gardien issu de l’Université Bowling Green, jamais repêché, qui débarque chez des Sénateurs d’Ottawa en déroute, et les mène en séries grâce à une fiche « Drydenesque » de 20-1-2.

Sauf que la carrière du « Hamburglar » n’a pas pour autant décollé. Il a disputé 24 matchs dans la LNH la saison suivante, puis seulement 6 en 2016-2017. À l’automne 2017, il est passé à l’Avalanche dans la transaction à trois équipes qui a valu Matt Duchene aux Sénateurs, mais n’a disputé qu’un match en saison au Colorado, et trois en séries.

C’est donc dire que lors des saisons 2016-2017 et 2017-2018, il n’a totalisé que 10 matchs dans la LNH et 24 dans la Ligue américaine.

C’est dans ces circonstances qu’il s’est joint à l’organisation du Wild à l’été 2018, à titre de joueur autonome.

« Il venait de passer deux saisons où il n’avait presque pas joué. Il avait hâte de faire partie d’une équipe et de jouer des matchs », a rappelé Frédéric Chabot, entraîneur des gardiens du Wild, au bout du fil.

À l’époque, Chabot supervisait à la fois les gardiens du Wild dans la LNH et dans la Ligue américaine, en Iowa. C’est dans cet État que Hammond a passé la saison, avec la recrue Kaapo Kahkonen comme adjoint.

« Il a fait un beau travail de leadership avec Kahkonen. Il l’a appuyé et l’a aidé à se développer, ajoute Chabot. Il gérait bien ses émotions, donc c’était un bel exemple pour les joueurs, pas juste les gardiens. »

Après une saison à Rochester, Hammond est revenu dans l’organisation du Wild, à un mois du début de la saison écourtée 2020-2021. Son rôle : s’entraîner avec l’escouade de réserve, comme troisième gardien de l’organisation, et être prêt à prendre la relève si jamais Kahkonen et Cam Talbot se blessaient. Sauf qu’ils ne se sont jamais absentés, et Hammond a donc passé la totalité de la saison dans ladite escouade de réserve, à s’entraîner avec les surnuméraires. C’est pourquoi il n’y a aucune mention de la saison 2020-2021 sur sa fiche HockeyDB : il n’a pas joué.

« C’était une belle police d’assurance, souligne Chabot. Il s’est entraîné fort, je ne peux pas imaginer à quel point c’était difficile de ne pas jouer. Tu joues pour ça. Des semaines, ça allait bien, il travaillait bien, il était sharp. Mais certains jours, c’est normal que ça te tente moins, l’énergie n’est pas la même. »

Ç’a été dur par moments. Mais ça a été une belle occasion de me préparer. Quand je jouerai, je serai prêt. Avec la COVID-19, on ne sait jamais à quel moment on sera inséré dans la formation. J’ai appris l’an passé à rester prêt pour les occasions qui arrivent. J’ai gardé ça en tête, et dans la dernière semaine, j’ai vu à quel point ça peut changer.

Andrew Hammond

« La dernière semaine », c’est le moment où Kent Hughes a appelé son ami Bill Guerin, DG du Wild, pour demander de l’aide devant le filet. Hammond jouait dans la Ligue américaine jusqu’ici, et la transaction qui l’a fait passer au Canadien signifiait son retour dans la LNH, au minimum en attendant le retour en santé de Jake Allen.

« Il était content de retourner en Iowa cette saison. Il veut jouer des matchs. L’argent, c’est bien beau, mais tu veux jouer, tu veux avoir l’impression de contribuer au bien-être de l’équipe », a décrit Chabot.

À compter de ce dimanche, Hammond aura donc tout ça, mais au niveau de la LNH. À 34 ans, c’est un dénouement inattendu, même si ça aura pris un concours de circonstances inhabituel chez le Tricolore pour en arriver là. Bien des gardiens de cet âge-là auraient pu tenter leur chance en Europe, mais Hammond s’est accroché.

« Tu sais quoi ? C’est la meilleure ligue au monde, et jouer dans la Ligue américaine te donne la meilleure chance de revenir, a fait valoir Hammond. Ces dernières années, ça n’est pas arrivé. Mais [jouer en Europe] ne m’a jamais traversé l’esprit. Je pense encore que je peux jouer dans cette ligue et cette confiance me permet de continuer à y croire. Je n’ai jamais rien eu de facile dans ma carrière, ça m’a pris plus de temps qu’à d’autres, mais ça a fonctionné comme ça pour moi. »

Chiarot près d’un retour, Schueneman dans le protocole

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Joel Armia

Les nouvelles sont bonnes pour Ben Chiarot, qui s’est exercé avec le groupe samedi. Il a raté la dernière semaine d’action en raison d’une blessure au bas du corps. Martin St-Louis a indiqué qu’il avait « des chances » de jouer ce dimanche. Reste à voir si l’équipe courra le risque de le faire jouer les prochains matchs, puisque Kent Hughes n’a pas caché qu’il cherchait à échanger le gros défenseur. Cela dit, St-Louis pourrait bien ne pas avoir le choix, puisque le Tricolore est parti pour New York avec seulement six défenseurs, en comptant Chiarot. C’est que Corey Schueneman doit se soumettre au protocole de la COVID-19 et n’a pas accompagné l’équipe. Ce contretemps survient à un mauvais moment pour Schueneman, qui gagnait la confiance de St-Louis, à voir les 20 minutes de temps de jeu moyen qu’il a obtenues en deux matchs depuis son rappel.

Armia absent

Par ailleurs, Joel Armia manquera à l’appel à New York. Le gros ailier droit n’a pas participé à l’entraînement de samedi parce qu’il recevait des traitements, selon l’équipe. Armia, rappelons-le, a été coupé à la bouche, de façon accidentelle, par l’attaquant des Blues de St. Louis Robert Thomas, dans le match de jeudi. L’attaquant Christian Dvorak était lui aussi absent en raison de traitements. Son cas demeure toujours aussi mystérieux, car il semblait être tout près d’un retour la semaine dernière, après avoir subi une blessure au haut du corps le 24 janvier au Minnesota. Il n’a pas non plus fait le voyage au pays de Pat Flatley.