Les partisans connaissent bien, à leur corps défendant, la douleur que peut provoquer le passage subit d’une participation à la finale de la Coupe Stanley jusqu’au dernier rang du classement général.

Publié le 27 janvier
Simon-Olivier Lorange
Simon-Olivier Lorange La Presse

Ceux des Ducks vivent, d’une certaine manière, le sentiment contraire. Après avoir terminé au dernier rang de la défunte division Honda West la saison dernière, et raté les séries éliminatoires pour une troisième fois de suite, les Canards apparaissent aujourd’hui au deuxième rang de la division Pacifique.

Rien n’est encore gagné pour autant. La lutte est serrée dans l’ouest, et l’avance des anciens Mighty Ducks pourrait encore fondre, surtout vu les disparités entre le nombre de matchs joués selon les équipes.

Il n’en demeure pas moins que ce n’est pas là que cette équipe était attendue. En tout cas pas aussi rapidement après une saison passée dans la misère. L’effectif sur la glace est pourtant resté pratiquement le même, alors que les changements ont plutôt eu lieu derrière le banc – l’entraîneur-chef Dallas Eakins a remplacé presque tous ses adjoints – et au sein de la haute direction – le directeur général Bob Murray a démissionné en décembre.

On a plutôt préféré y aller d’ajustements, notamment sur les unités spéciales, où on constate déjà des améliorations : les Ducks sont parmi les 10 meilleurs de la LNH en avantage comme en désavantage numérique.

D’une manière plus générale, « tout le monde s’est pris en main », a résumé François Beauchemin, jeudi matin, à quelques heures de l’affrontement entre son équipe et le Canadien au Centre Bell. Le Québécois, qui est entraîneur affecté au développement des jeunes joueurs chez les Ducks, a été appelé d’urgence en renfort après qu’Eakins eut contracté la COVID-19 au cours des derniers jours. Il sera pour la première fois derrière un banc de la LNH jeudi soir et sera responsable des défenseurs.

L’« état d’esprit » général a aussi changé, estime Maxime Comtois. « En arrivant au début de la saison, on savait qu’on était une meilleure équipe que ce qu’on a montré dans le passé, a-t-il dit. On a de bons vétérans qui sont encore capables de donner de grosses saisons et nos jeunes ont une année d’expérience de plus. On a un bon mix. »

PHOTO JIM MONE, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Maxime Comtois

Le constat de Comtois est juste. Le capitaine Ryan Getzlaf, qui a accepté de rester à Anaheim au moins une saison de plus, a déjà surpassé son nombre total de points de l’an dernier. Kevin Shattenkirk aussi.

La relève a montré qu’elle était prête : Troy Terry et Trevor Zegras mènent la charge en attaque. En défense, Jamie Drysdale a disputé tous les matchs de son équipe.

Tout ce beau monde profite aussi d’un sérieux coup de main de John Gibson devant le filet. Sa moyenne de buts alloués de 2,56 et son taux d’arrêt de ,920 ne lui vaudront pas le trophée Vézina, mais il connaît ses meilleurs moments depuis quatre ans et participera au Match des étoiles.

Comtois en eaux troubles

En réalité, Maxime Comtois est le seul joueur qui soit réellement mal en point sur le plan offensif. Meilleur marqueur de son équipe en 2020-2021, il est jusqu’ici été limité à 6 points en 25 matchs, dans une saison marquée par les blessures et une incapacité manifeste à trouver le fond du filet.

Le natif de Longueuil prend toutefois l’entière responsabilité de son sort, affirmant avoir eu sa chance. « C’est à moi de prouver à mon entraîneur qu’il peut me faire confiance et me donner plus de minutes, croit-il. Que je joue 18 minutes ou que j’en joue 9, c’est à moi de trouver le moyen de jouer mon style, d’apporter de la robustesse et de la vitesse à chaque présence. En ce moment, il n’y a pas grand-chose qui marche du côté des statistiques, alors je dois apporter autre chose. »

Interrogé sur le succès inattendu que connaît son équipe, Mike Stothers, qui assure l’intérim en l’absence de Dallas Eakins, a parlé du « nouveau départ » que les Ducks se sont offert.

Lui-même n’a été embauché qu’au courant de la saison morte, si bien qu’il n’est pas arrivé « en regardant les dernières saisons », mais avec de « nouvelles idées et un esprit ouvert ».

« Dès le jour 1, on a établi une manière de jouer et on a parlé de la culture à développer au sein du groupe. Je crois que les attentes basses venaient de l’extérieur, alors que nous avons plutôt placé la barre très haut. »

Pour illustrer son propos, Stothers a cité en exemple le match disputé la veille à Toronto. Malgré une performance décevante, les Ducks ont surmonté un déficit de 3-1 et arraché un point aux Maple Leafs.

Ce n’est pas parfait. Mais « on pense avoir les pièces en place pour continuer à s’améliorer », martèle-t-il.

La rencontre opposant les Ducks au Canadien s’amorcera à 19 h.