N’eût été sa blessure à un genou, Joël Teasdale aurait sans doute disputé son premier match dans la LNH avec le Canadien au début de janvier.

Publié le 25 janvier
Katherine Harvey-Pinard
Katherine Harvey-Pinard La Presse

L’attaquant ne le cache pas : la situation a été difficile à accepter. « Mais il n’y a rien qui n’arrive pour rien dans la vie, et mon tour va venir un jour ou l’autre », dit-il.

Teasdale a eu son lot de malchances au cours des deux dernières années et demie. En août 2019, à l’aube de sa carrière professionnelle avec le Rocket de Laval, il a subi une déchirure ligamentaire au genou droit qui, combinée à la pandémie, l’a tenu à l’écart de la patinoire pendant un an et demi.

Il est revenu au jeu en février 2021, avec deux ans à faire à son contrat. Déterminé, il s’est rapidement imposé, tant offensivement que défensivement. Il présentait une récolte plus que respectable de 8 buts et 10 aides en 26 matchs au moment d’affronter les Sénateurs de Belleville, le 23 avril 2021.

En tentant de récupérer la rondelle le long de la bande, il a reçu une mise en échec percutante. Comble de malheur : c’est encore son genou droit qui a reçu le choc.

Le natif de Repentigny n’a pas joué depuis. Il a repris l’entraînement avec l’équipe, avec un chandail jaune interdisant les contacts, à la mi-décembre. Quand le Canadien, aux prises avec une éclosion de COVID-19, s’est mis à rappeler tous les joueurs du Rocket au début de janvier, Teasdale n’était pas prêt à revenir au jeu.

De toutes les infortunes qu’il a vécues, c’est celle-là qui a été la plus difficile à avaler.

« Avoir la chance de jouer des parties dans la Ligue nationale, c’est le rêve de tout le monde ici, a-t-il indiqué en conférence de presse, mardi midi. C’est sûr que ç’a été un peu frustrant, je me voyais avoir ma place dans ces joueurs-là. »

« J’étais content de voir un Rafaël Harvey-Pinard jouer son premier match, marquer son premier but, mais en même temps, je me disais que ç’aurait pu être moi », a-t-il continué.

« Je n’ai aucune crainte »

Comme il le dit bien lui-même : « rien n’arrive pour rien dans la vie ». Le grand retour de Teasdale, prise 2, aura lieu vendredi, alors que le Rocket visitera les Stars au Texas.

« Je suis vraiment excité, a-t-il lancé avec entrain. J’ai fait une longue période de rééducation. C’est sûr que pour un joueur de hockey qui joue presque à longueur d’année au hockey, d’être arrêté aussi longtemps, c’est difficile. »

Il y a eu des hauts et des bas, mais je suis juste content d’être de retour et de pouvoir amener quelque chose à l’équipe.

Joël Teasdale

L’attaquant de 22 ans aurait toutes les raisons d’être craintif à l’idée de revenir au jeu, après deux longues convalescences pour des blessures au même genou. Interrogé à ce sujet, il n’a pas hésité une fraction de seconde avant de répondre :

« Je n’ai aucune crainte. On a pu le voir après ma première blessure, quand je suis revenu, mon style de jeu n’a pas changé du tout. Je n’ai pas peur d’aller dans les coins, dans les batailles, de m’engager devant le but. C’est ce que je compte faire encore. »

Un travail à recommencer

Les changements ont été nombreux dans l’organigramme du Canadien depuis la dernière blessure de Teasdale. D’abord, il y a eu le départ de l’entraîneur-chef du Rocket, Joël Bouchard, vers les Gulls de San Diego, l’été dernier.

Teasdale connaissait bien Bouchard, qui avait été son entraîneur pendant trois saisons avec l’Armada de Blainville-Boisbriand.

« Je lui ai écrit un message texte pour lui dire félicitations et bonne chance, a fait savoir l’attaquant. Au niveau professionnel, ça va arriver fréquemment qu’il y ait un changement d’entraîneur, donc il ne faut pas que tu t’attaches. »

Le champion de la Coupe du Président et de la Coupe Memorial avec les Huskies de Rouyn-Noranda en 2019 ne compte pas changer son style de jeu sous Jean-François Houle. Il reconnaît néanmoins que le travail est un peu à recommencer. Il doit gagner la confiance du nouveau groupe d’entraîneurs, et c’est ce qu’il compte faire « dès vendredi », a-t-il assuré.

« Il y a des joueurs qui performent bien depuis le début de la saison et qui ont fait leur place dans l’alignement », a-t-il évoqué.

Ça va être à mon tour de partir du bas et de monter vers le haut. Ça va y aller comme Jean-François [Houle] le sent.

Joël Teasdale

De son côté, Houle a souligné tout le travail réalisé par Teasdale pour revenir de sa blessure, le décrivant comme un « gros bonhomme qui a l’air d’être un très bon joueur de hockey ». L’entraîneur-chef a cependant l’intention de l’utiliser graduellement.

« On va voir comment ça va aller, a-t-il indiqué. On a des joueurs qui ont du succès aussi présentement, ça fait partie d’être une équipe. Il ne faut pas trop bousculer non plus. On va prendre notre temps et si on voit qu’il est capable de nous en apporter plus, on pourra peut-être le monter et le mettre sur l’avantage numérique. »

Le contrat de Teasdale avec le Caandien prendra fin à l’issue de la saison actuelle. Il dispose donc des prochains mois pour montrer au nouvel état-major composé de Kent Hughes et de Jeff Gorton de quel bois il se chauffe.

Pour ce faire, il a troqué son numéro 14 pour le 24, qu’il a porté de bantam à junior et qui n’appartient à aucun joueur depuis le départ de Jake Lucchini.

« Je suis peut-être superstitieux un peu, mais avec le 14, ça fait deux fois que je me blesse au genou, a-t-il lancé. Un petit changement, ça va faire du bien. »

Retour des blessés

Le Rocket pourra aussi compter sur le retour de son capitaine, Xavier Ouellet, pour le voyage au Texas. Le défenseur Josh Brook devrait également revenir au jeu d’ici deux ou trois semaines, a fait savoir l’entraîneur-chef Jean-François Houle. « Ça crée une compétition interne et c’est bon dans n’importe quelle équipe, a-t-il soutenu. Les gars savent que si l’effort n’est pas là un soir donné, quelqu’un d’autre va prendre leur place. Quand tu as une équipe comme celle-là, ça garde le degré de compétition un peu plus élevé. […] Ils savent quelles sont nos attentes comme entraîneurs et ils doivent y adhérer. Sinon, tu ne joueras pas. »