Le retour progressif du sport dans les milieux étudiants du Québec se fera très lentement, mais chez Hockey Québec, on a espoir de pouvoir sauver la saison des jeunes joueurs malgré tout.

Publié le 25 janvier
Richard Labbé
Richard Labbé La Presse

« Je ne suis pas dans le secret des dieux, mais je sais qu’un retour au jeu avec des matchs est prévu dans les prochaines semaines, a commenté Jocelyn Thibault, directeur général de Hockey Québec. C’est dans les cartons. »

Pour l’heure, Thibault se dit « content qu’il y ait au moins un retour au jeu », après avoir pris connaissance, mardi, d’une nouvelle annonce du gouvernement Legault.

Le premier ministre québécois a ainsi confirmé une série de « quelques petits assouplissements », parmi lesquels le retour aux entraînements dans le milieu du sport, à la fois civil et étudiant, en date du 31 janvier. Cette nouvelle mesure touche les sports intérieurs, pour les moins de 18 ans, et impose une limite de 25 jeunes. Elle s’étend aussi aux sports universitaires.

Par contre, cette mesure exclut dans l’immédiat toute forme de compétition, c’est-à-dire qu’aucun tournoi ou aucun match ne peut être organisé.

Pour Enrico Ciccone, député de Marquette et ancien joueur de hockey, le retour à la normale dans les sports étudiants devrait se faire de manière un peu plus accélérée.

« Parce qu’on voit que nos jeunes ne vont pas bien en ce moment, estime-t-il. C’est vrai, tout le monde vit une détresse, ça ne s’applique pas seulement aux jeunes. Mais si on nous dit que les jeunes et l’éducation sont une priorité, et qu’on a choisi de rouvrir les écoles à cause de ça, comment peut-on oublier les compétitions sportives ? »

Le sport, c’est quelque chose de très important pour plusieurs jeunes.

Enrico Ciccone, député de Marquette et ancien joueur de hockey

Ciccone affirme qu’il y a beaucoup de mécontentement parmi les différentes associations sportives de la province.

« Je parle avec ces gens-là et ils ont l’impression qu’on les laisse dans le noir… Plusieurs associations ont établi des plans pour un retour sécuritaire aux compétitions, mais personne ne les écoute. C’est comme si ces gens-là ne sont pas considérés comme des partenaires, c’est comme si on ne voulait pas les inclure dans la conversation, alors que ce sont eux qui sont sur le terrain. »

À Hockey Québec, on ne savait trop à quoi s’attendre avant les nouvelles mesures de mardi, et c’est un peu pourquoi ce retour aux entraînements est, à tout le moins, vu comme un premier pas dans la bonne direction.

« Je suis content qu’il y ait au moins un retour, a ajouté Thibault. Il faut redonner de l’espoir à nos jeunes, leur dire qu’ils vont retrouver leur sport. Dans un premier temps, c’est ce que ça prenait. Au moins, on a un retour aux entraînements.

« À mes yeux, il n’y a aucun doute qu’on pourra ensuite passer aux matchs. Je comprends que ce qui a été annoncé [mardi], c’est un déconfinement prudent, si on veut. Je réalise que M. Legault préfère y aller mollo, comme il l’a dit. Alors je ne vais pas jouer au docteur ni me substituer à la Santé publique. Au moins, on a des entraînements. »

Selon Thibault, certaines associations de hockey mineur en sont déjà à repenser un calendrier qui se terminerait plus tard que prévu, ce qui permettrait de disputer toutes les parties au calendrier de 2021-2022.

« On ne pourra pas faire ça partout, parce qu’à certains endroits, il y a des municipalités qui vont fermer les arénas à une date précise, ajoute-t-il. Mais je sens une volonté de mettre les jeunes au centre de nos priorités. On veut que nos jeunes aient une saison. »

En ce qui concerne le sport pour adultes, aucun changement n’a été annoncé aux règles en vigueur. Le sport pour adultes continuera à se faire seul, avec une autre personne (à deux) ou entre les occupants d’une même bulle résidentielle.

Quelques réactions

Gustave Roel, directeur général du Réseau du sport étudiant du Québec : « Nous sommes d’accord avec la marche à suivre. Pour l’équilibre mental de nos jeunes, il était important de leur permettre de se retrouver, de briser l’isolement et de reprendre l’entraînement. L’annonce actuelle est cohérente. Pour ce qui est des calendriers, on s’approche de la limite pour les sports qui ont un championnat canadien, mais comme à l’automne, on n’est pas dans un état d’esprit où c’est la bannière qui compte. En fait, ça fait deux ans que l’objectif est que les équipes puissent disputer le plus de matchs possible. Et si on peut avoir des championnats, tant mieux. »

Isabelle Charest, ministre déléguée à l’Éducation, responsable du loisir et du sport et de la condition féminine : « Les jeunes ont sacrifié beaucoup depuis 22 mois. Nous avons entendu leur cri du cœur et dès le 31 janvier, les moins de 18 ans reprendront leurs entraînements civils et scolaires. Les étudiants-athlètes au niveau collégial et universitaire pourront aussi se remettre en mouvement. »

Kevin Figsby, commissaire de la LHJAAAQ : « Nous avons soutenu que nous ne retournerons jouer que lorsque nous pourrions offrir un environnement sécurisé à tous nos joueurs, membres du personnel, officiels et partisans. Aujourd’hui, la Santé publique a donné l’opportunité à nos joueurs de revenir sur la glace, dans la poursuite de leurs objectifs et de leurs rêves. »

Julie Gosselin, présidente de SPORTSQUÉBEC : « J’invite les athlètes et les acteurs du milieu sportif à demeurer prudents, et à procéder graduellement au retour des entraînements. C’est une bonne nouvelle et une première étape dès lundi prochain. On a toujours bien suivi les règles, et on continuera de les appliquer. Amusez-vous ! »

Gino Brousseau, entraîneur-chef du club de volleyball masculin du Rouge et Or de l’Université Laval : « Les sports intérieurs, comme le nôtre, on y a goûté. Chez nous, un joueur de troisième année n’a disputé qu’une saison, et encore, il n’y a pas eu de championnat canadien… Je comprends leur détresse devant les annonces qui font que ça arrête, ça reprend, ça reprend à moitié, etc. J’ai un énorme respect pour nos athlètes, imagine, ils ont même accepté de jouer au volleyball de neige pour garder l’esprit d’équipe. Ils ont embarqué dans le processus et je suis privilégié de pouvoir diriger ce groupe-là qui n’a jamais baissé les bras, même dans les moments difficiles. Ma motivation, je la trouve en les côtoyant. »