Ben Chiarot s’est pointé sur la petite estrade de la petite salle de conférence en affichant une petite tête d’enterrement.

Richard Labbé
Richard Labbé La Presse

Juste une petite, oui, parce que Chiarot, comme tous les autres qui ont passé avant ou après lui sur cette même estrade vendredi, a rappelé qu’une saison, c’est 82 matchs, « et si on ressent de la pression maintenant, ça va être long », a-t-il ajouté avec raison.

Mais alors, pourquoi a-t-on ce vague sentiment que le match de samedi soir au Centre Bell, à peine le troisième de la saison, est déjà une affaire de vie ou de mort pour le Canadien ? Pourquoi estime-t-on vaguement que ce match entre déjà dans la catégorie de ceux qu’une équipe ne peut pas perdre ?

C’est peut-être pour des raisons de tendance, d’abord. En janvier, par exemple, quand le Canadien a amorcé la saison magique que l’on sait, le club avait récolté des points à ses sept premiers matchs, avant de subir sa première défaite en temps réglementaire lors du match numéro huit seulement. En clair, le club de Claude Julien avait obtenu 12 points à ses sept premiers matchs, un excellent départ qui avait servi de coussin un peu plus tard dans la saison, quand l’équipe a connu de moins bons moments.

En guise de comparaison, en 2017-2018, le Canadien avait connu un si mauvais départ – sept défaites à ses huit premiers matchs – que même une série de cinq victoires à la fin novembre n’avait pu permettre de sauver une saison qui s’est retrouvée à l’eau très rapidement.

Ensuite, c’est que le Canadien revient d’une présence en grande finale, et franchement, la barre est plus haute cette fois-ci. Chiarot, au fait, a admis qu’il n’était pas si facile de revenir sur terre après avoir presque touché les étoiles.

On a eu un été un peu court, a reconnu le défenseur. Mais ce n’est pas une excuse de dire qu’on revient de la finale. On a une équipe de joueurs qui n’abandonnent pas, et je crois qu’on va pouvoir le démontrer.

Ben Chiarot

C’est sans doute ce que Dominique Ducharme a voulu dire jeudi soir après la défaite gênante à Buffalo, quand il a parlé d’une formation bleu-blanc-rouge qui a peut-être passé un peu trop de temps à écouter les belles paroles prononcées à son sujet.

« Ce qu’on a fait la saison passée peut être très positif et nous mener à faire des pas vers l’avant, a expliqué l’entraîneur vendredi à Brossard. Ou bien ça peut devenir un piège si on se met à croire que ça va être facile… Bien savoir gérer le succès, ça fait partie du cheminement afin de devenir une meilleure équipe. »

Il n’y aura pas de coup de pouce dans l’immédiat, puisque Ducharme a fait savoir qu’aucun des blessés de son groupe n’allait être en mesure d’effectuer un retour samedi lors de la visite des Rangers de New York.

Il faudra donc que les réponses viennent de ceux qui sont déjà en place et qui n’ont, pour la plupart, pas joué à la hauteur des attentes depuis le début de la saison.

« À Toronto, on n’a pas disputé un mauvais match défensif, a tenu à dire Ben Chiarot. À Buffalo, eux, c’était leur premier match de la saison, et nous, on revenait d’un match éprouvant. Ils ont profité de leurs occasions et ça s’est mis à débouler pour nous. Mais il y a place à l’amélioration, il reste 80 matchs, on va continuer à travailler là-dessus… »

Enfin, sachez que ce mauvais départ ne passe pas inaperçu dans le vestiaire du Canadien, comme il ne passe pas inaperçu non plus dans le reste de la province.

« Quand tu perds 5-1 comme jeudi, c’est une claque au visage, a admis Chiarot. Ça vient aussi nous rappeler qu’il est temps de se réveiller… »

Hoffman : pas ce samedi, mais peut-être mardi

Alors, verra-t-on Mike Hoffman un jour ? Il semble que oui. L’attaquant acquis en juillet n’a toujours pas disputé un seul match avec le Canadien et ne le fera pas non plus ce samedi soir au Centre Bell, lors de la visite des Rangers de New York. Mais il n’est pas impossible qu’il soit présent, enfin, lors du match suivant, celui de mardi soir au Centre Bell, alors que les Sharks de San Jose seront les visiteurs. C’est du moins ce qu’a laissé entendre l’entraîneur Dominique Ducharme vendredi. Hoffman a d’ailleurs profité de la journée pour patiner avec les réservistes à Brossard.

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Match préparatoire entre le Canadien de Montréal et les Sénateurs d’Ottawa au Centre Bell, le 7 octobre dernier

Le Centre Bell au maximum de sa capacité

Pour la première fois depuis le match du 10 mars 2020, le Canadien pourra jouer au Centre Bell devant une salle comble… si bien sûr tous les billets sont vendus. Vendredi, il y avait encore des billets disponibles sur le site officiel du club en vue du match de ce samedi soir. Peu importe le nombre de spectateurs qui y seront, ce sera déjà plus qu’au printemps dernier, et c’est une bonne chose selon Ben Chiarot. « Le Centre Bell est le meilleur endroit pour jouer dans toute la ligue, a expliqué le défenseur. Et ce sont les gens qui sont dans les gradins qui font en sorte que c’est le meilleur endroit. »