Dans une série de publications sur son compte Twitter, vendredi et samedi, le gardien de but des Golden Knights de Vegas Robin Lehner s’en est pris aux façons de faire de certaines équipes de la Ligue nationale de hockey. Il accuse notamment l’entraîneur québécois Alain Vigneault d’avoir distribué des médicaments sans ordonnance à certains joueurs.

Katherine Harvey-Pinard
Katherine Harvey-Pinard La Presse

Sous forme de questions, le cerbère a d’abord demandé s’il était normal que des employeurs distribuent à leurs employés des benzodiazépines, qui servent à traiter l’anxiété et l’insomnie en ralentissant l’activité cérébrale, et de l’Ambien, un somnifère.

« Cela ne devrait-il pas être fait par des médecins ou un psychiatre ? a-t-il ajouté. Je demande pour un ami. Cela n’arrive pas à Vegas, pour être bien clair. Mais je connais beaucoup d’autres équipes. J’ai aussi fait partie d’équipes qui le font. »

Dans un sous-tweet, le cerbère a identifié les Flyers de Philadelphie à l’aide d’un mot-clic, avant d’écrire : « Un entraîneur dinosaure qui traite les gens comme des robots et non comme des humains. Renvoyez ces dinosaures. Renvoyez Vigneault, c’est la première histoire. J’ai des preuves… Essayez de vous sortir de celle-là. »

PHOTO YONG KIM, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Alain Vigneault

Dans une déclaration officielle diffusée dimanche, le directeur général des Flyers, Chuck Fletcher, a nié ces allégations.

« La santé et le bien-être de nos joueurs sont notre plus importante priorité, et tout soin qui leur est fourni vient des professionnels de la santé de l’équipe, pas du personnel d’entraîneurs », a déclaré Fletcher.

« Nous n’avons aucune raison de croire qu’un seul de nos joueurs ait reçu des soins inappropriés. »

« Et ils disent que l’Ambien est un somnifère, mais c’est drôle, en réadaptation, on m’a dit que c’était la raison pour laquelle je n’avais pas de sommeil paradoxal, a poursuivi Lehner dans un autre tweet. Huit ans sans sommeil paradoxal. Génial. Mais oui, ce sont juste des ‟pilules pour dormir”. »

Vendredi, Lehner s’était aussi prononcé au sujet de la saga Jack Eichel, à Buffalo, en défendant son ancien capitaine. L’attaquant vedette et les Sabres ne s’entendent pas au sujet d’une opération que doit subir Eichel pour soigner une hernie discale au cou.

Interpellant la LNH et l’organisation des Sabres, Lehner a lancé : « Est-ce que c’est bien de garder un joueur générationnel en dehors de la ligue ? Son corps, son choix. Faites ce qui est bien. »

Il a ensuite déploré l’inaction de l’Association des joueurs devant cette situation.

Le gardien suédois a indiqué qu’il dévoilerait une « histoire » par jour à propos de « ce qui se passe » dans le circuit Bettman, avec des preuves venant de lui, d’anciens joueurs et de joueurs actuels. Il a ajouté les mots-clics #SansFiltre et #SantéMentale.

« Les tweets de la vérité commencent demain [dimanche], à moins que les choses changent d’ici là, a-t-il écrit. Ayez du plaisir. »

« J’ai fait énormément d’erreurs, mais mentir à propos de ce que j’ai vu pendant 12 ans n’en fait pas partie, a-t-il écrit dans un autre tweet un peu plus tard. Ils peuvent dire ce qu’ils veulent, je ne mens pas à propos de ces choses-là. J’ai des histoires pour une année complète. Regardez bien la LNH tenter de me mettre à l’index [cancel]. »

L’ancien du Canadien de Montréal et des Flyers de Philadelphie Dale Weise a réagi aux publications du gardien, également sur Twitter, dimanche matin.

« Il est très rare pour un joueur actif de dire la vérité et de ne pas avoir peur de faire la lumière sur les situations actuelles ! a-t-il écrit. Énorme respect pour Robin Lehner. »

Les dirigeants de la Ligue nationale de hockey sont entrés en contact avec Robin Lehner pour organiser une entrevue après que le gardien de but eut lancé plusieurs accusations dans les réseaux sociaux, dont une selon laquelle des équipes fourniraient des médicaments à des joueurs sans le consentement d’un médecin.

Un porte-parole de la LNH a confirmé à l’Associated Press la démarche de la ligue.

Avec Stephen Whyno, Dan Gelston et John Wawrow, Associated Press