La Ligue nationale de hockey féminin (NWHL) a annoncé mercredi avoir repoussé l’arrivée du club d’expansion à Montréal à 2022-23, en raison de l’incertitude qui persiste au Canada à cause de la pandémie de coronavirus.

John Wawrow
Associated Press

C’est ce qu’a affirmé le président du Pride de Boston, Miles Arnone. Ce dernier fait partie du groupe BTM, qui est notamment derrière le projet d’établir un club d’expansion à Montréal et qui possède le Six de Toronto, qui vient de compléter sa première saison.

Mis à part les enjeux sanitaires qui nuisent au lancement d’une nouvelle équipe, Arnone souligne qu’il préfère concentrer ses énergies sur le développement de la franchise torontoise qui n’a toujours pas joué un match à domicile en raison de la pandémie. La première saison du Six s’est entièrement déroulée sur des patinoires américaines à cause de la fermeture de la frontière.

« Nous allons procéder à l’expansion, nous avons un plan concret pour y arriver et je pense que vous pouvez clairement vous attendre à ce que ce soit fait pour notre huitième saison », a insisté l’homme d’affaires qui est un associé de la firme d’investissement Cannon Capital.

Deux fois plus d’argent

Par ailleurs, la NWHL a indiqué qu’elle doublera sa masse salariale pour chacune de ses six équipes, ce qui signifie qu’elle atteindra 300 000 $ dès la saison prochaine. Cette décision a été prise en raison de la santé financière de la ligue, qui entre dans sa septième année d’existence.

« Nous voulons envoyer un signal fort quant au sérieux de la démarche, en investissant sur ces joueuses de manière à doubler la masse salariale (des équipes), a déclaré Arnone à l’Associated Press. Nous pouvons nous le permettre. C’est une hausse substantielle, mais ce ne sera pas la dernière. C’est le début d’un processus qui se poursuivra, l’espère-t-on, pendant encore plusieurs années. »

Malgré la coïncidence des deux annonces, Miles Arnone a assuré que le report de l’arrivée d’une franchise à Montréal n’était pas lié à la hausse de rémunération.

En doublant la masse salariale de ses équipes, le revenu moyen devrait se trouver aux environs de 15 000 $ pour un alignement de 20 joueuses. D’après Arnone, les salaires devraient osciller entre 10 000 $ et 35 000 $, selon le statut des joueuses, sans compter les primes prévues dans le système de partage des revenus entre la ligue et ses athlètes.

Bien que la NWHL ne réalise pas encore de profits, la commissaire Tyler Tumminia cite plusieurs percées effectuées par la ligue pour dénicher de nouveaux revenus, dont une commandite dans les six chiffres de Discover et une popularité grandissante auprès des amateurs. Tout cela malgré une saison d’à peine deux semaines et des séries éliminatoires repoussées de près de deux mois en raison de la COVID-19.

« Au cours d’une année très éprouvante pour tous les sports, je crois qu’il s’agit d’une annonce très emballante et dont nous sommes très fiers en tant que circuit. Nous sommes rendus à un point où nos objectifs se concrétisent », a commenté Mme Tumminia en entretien avec Associated Press.

« En regardant nos projections, nous sommes très confiants que notre modèle et la tendance de nos revenus vont vers le haut », a-t-elle ajouté.

Depuis son arrivée dans la ligue à titre de propriétaire du Pride de Boston, il y a deux ans, Miles Arnone a grandement contribué à restructurer le modèle de direction de la NWHL.

Un conseil des gouverneurs a été instauré avec la participation des propriétaires, investisseurs et actionnaires. Un changement qui a mené au départ de l’ancien commissaire et fondateur Dani Rylan Kearney l’automne dernier.

Les quatre autres équipes de la ligue sont établies au Connecticut, au Minnesota, au New Jersey et à Buffalo. Ces organisations sont contrôlées par W Hockey Partners, qui cherche activement des investisseurs privés voulant acquérir ces franchises.