Le hockey est un jeu assez simple, se plaisait jadis à dire le grand Punch Imlach : il faut marquer des buts, et empêcher l’autre équipe d’en marquer.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

Simple ? Pour la plupart des équipes, peut-être. Mais pour le Canadien, il n’y a jamais rien de si simple, et encore moins rien de facile, d’ailleurs. C’est encore une fois ce que l’on a pu constater lundi soir à Edmonton, lors de cette défaite de 4-1 face aux Oilers.

Le Canadien avait pourtant pris les devants 1-0 lors de la deuxième période, mais plus ça allait, plus cette avance semblait aussi fragile qu’une réplique du Stade olympique achetée dans un magasin douteux du Vieux-Montréal. Il aurait fallu un deuxième but, et peut-être aussi un troisième, pour rassurer tout le monde et confirmer une victoire.

Ces buts-là ne sont jamais venus.

« On veut marquer des buts, très certainement », a noté Dominique Ducharme en fin de soirée, sans trop nous dire comment.

L’entraîneur-chef du Canadien ne doit pas être super confiant à l’heure qu’il est. Mettez-vous à sa place deux secondes : qui, dans ce groupe, peut la mettre dedans quand ça compte et que ça commence à sentir le chauffé dans la cuisine ?

Certes pas Jonathan Drouin, qui n’a pas marqué depuis qu’il fallait pelleter notre voiture cet hiver. Certes pas Jesperi Kotkaniemi, qui n’a aucun point en six matchs. Nick Suzuki a un seul but à ses 12 derniers matchs… Bien sûr que Tyler Toffoli et Josh Anderson constituent d’agréables surprises, mais on ne peut pas s’attendre à ce qu’ils surprennent chaque soir.

Un autre grand penseur, l’énigmatique Vladimir Malakhov, avait l’habitude de le dire : marquer, dans cette ligue, c’est pas si facile. Il faudrait que le grand Vlad voie ce que son ancien club est devenu, ce club qui n’a marqué que quatre buts à ses quatre derniers matchs.

« Est-ce que c’est une question d’énergie ? De juste essayer de protéger notre avance ? C’est l’un des deux », a ajouté Ducharme.

Les Oilers, ils ont poussé fort en troisième période. Il y a des choses qu’on pourrait faire différemment…

Dominique Ducharme

Comme marquer plus souvent, peut-on présumer. Et puis, que va-t-il advenir de Carey Price, de nouveau blessé ? Un coup à la tête, ce n’est jamais bon, encore moins ces temps-ci, puisque le Canadien venait juste d’en demander beaucoup à Jake Allen.

Mais bon. Dans la vie, et puis surtout ces jours-ci, il faut toujours s’assurer de voir le verre à moitié plein, et la bonne nouvelle dans tout ça pour le Canadien, c’est que la place en séries éliminatoires est pratiquement assurée.

Avec la défaite des Flames lundi soir, le Canadien maintient sur Calgary une avance de six points au classement, avec deux matchs en plus à disputer. Si le Canadien joue pour ,500 d’ici la fin, les Flames vont devoir gagner au moins 9 de leurs 11 derniers matchs, ce qui semble hautement improbable.

Ce ne serait pas la première fois que cette équipe arrive en séries avec une attaque qui n’inspire aucune crainte. C’est arrivé en 2017, c’est arrivé en 2015… toujours avec le même résultat : pas de Coupe.

Ce que le bon Punch Imlach disait jadis, ce n’était rien de bien compliqué. Mais pour les joueurs du Canadien, de toute évidence, c’est très compliqué.

Dans le détail

Price de nouveau blessé


PHOTO PERRY NELSON, USA TODAY SPORTS

Carey Price et Leon Draisaitl

Carey Price venait à peine de revenir qu’il est déjà reparti. Ainsi, le gardien du Canadien s’est de nouveau blessé, cette fois lors de la première période du match de lundi soir, lorsque Alex Chiasson est entré en contact avec lui sur un but qui a été refusé aux Oilers. Price a été frappé à la tête sur le jeu et il a tout de même pu compléter la période, avant de rentrer au vestiaire, d’y rester et de laisser son filet à Jake Allen à compter de la deuxième période. Dominique Ducharme n’a pas voulu apporter de précisions sur son état de santé après la rencontre. « On ne sait pas encore si c’est une commotion cérébrale, a répondu l’entraîneur-chef. Je n’ai pas eu le temps d’aller voir les thérapeutes. Ils sont venus me voir après la première pour me dire que Carey ne pouvait plus continuer. »

Khaira K-.O.

La soirée de l’attaquant Jujhar Khaira aura été de courte durée lundi à Edmonton. Le joueur des Oilers a dû quitter le match plutôt rapidement en première période après avoir subi une mise en échec de la part du défenseur Alexander Romanov, du Canadien. Le coup en question ne semblait pas si violent, mais il faut se rappeler que Khaira s’était fait passer le K.-O. lors d’une violente bagarre face à Brett Ritchie, des Flames de Calgary, le 15 mars. À la suite de cette mauvaise expérience, le joueur des Oilers avait dû rater deux matchs. On peut maintenant se demander s’il n’est pas revenu au jeu trop rapidement… En tout cas, il n’est pas revenu après la mise en échec de Romanov, et les Oilers ont dû se débrouiller à 11 attaquants pendant plus de deux périodes de jeu.

Enfin un but contre le Canadien

Le bon côté de la blessure à Khaira pour les Oilers ? Cette absence a permis de lancer Connor McDavid sur la glace très souvent, et au bout de 60 minutes de jeu, l’attaquant vedette des Oilers avait passé presque la moitié du match sur la glace, soit un énorme total de 27 minutes de temps de jeu ! Ce qui devait arriver arriva, et après avoir été blanchi en cinq matchs par le Canadien cette saison, McDavid a enfin marqué un but. Il a de plus ajouté deux aides, pour une pas pire soirée de trois points. « Il a passé à travers tout le monde sur son but, a noté l’attaquant Phillip Danault. C’est un joueur exceptionnel qui peut faire ça… et il y a seulement lui qui peut faire ça. »

Ils ont dit

PHOTO JASON FRANSON, LA PRESSE CANADIENNE

Les Oilers ont marqué tous leurs buts en troisième période.

Les 50 premières minutes de jeu, on a limité leur temps de réaction et leur espace. On aimerait limiter nos pénalités et notre jeu en avantage numérique doit être meilleur. On ne s’est pas donné de momentum, et ça a tué notre rythme. Tout est plus serré maintenant. On doit s’assurer d’être au sommet de notre jeu.

Jeff Petry

C’est mon travail, je suis ici pour ça. C’est dommage pour Carey, mais je suis ici pour ça, quand un joueur se blesse. Je dois toujours être prêt. C’est difficile d’arriver à froid, tu n’as pas ta routine, mais ça m’est souvent arrivé.

Jake Allen

McDavid et Draisaitl ont fait ce qu’ils avaient à faire. On les a bien contenus dans les deux premières périodes. Ils peuvent faire payer une équipe en un clin d’œil. Chaque fois que tu vois un gars comme McDavid prendre de la vitesse, tu dois l’approcher différemment. Il a fait ce qu’il fait et il a pris le contrôle du match.

Jake Allen

Pendant une vingtaine de minutes, on s’est juste défendus, on a reculé. Ils ont eu tellement d’avantages numériques, ils ont eu des chances, et ça nous a pris de l’énergie. C’est ça qui nous a coûté le match.

Phillip Danault

J’ai aimé notre match, surtout les deux premières périodes. En troisième, on a eu un manque d’énergie, on n’a pas assez mis de pression. On avait plus de temps en zone offensive. En troisième, on a eu un bon désavantage numérique en partant. Pas qu’on voulait se mettre sur les talons, mais chaque fois qu’on sortait de la zone, ils revenaient et ils poussaient.

Dominique Ducharme

En hausse : Eric Staal

Enfin un deuxième but pour lui depuis qu’il est un membre du Canadien.

En baisse : Shea Weber

Il y a eu une séquence en deuxième période où il a nui à son club pendant une minute complète en avantage numérique. Ça résume bien sa saison.

Le chiffre du match : 27

Connor McDavid a passé 27 minutes sur la glace lundi soir.