L’argent ne fait pas le bonheur. Du moins pas à Buffalo.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Ça devait en principe être le début d’une ère de grande prospérité pour les Sabres. Cette petite équipe en faillite venait d’être achetée par le milliardaire Terrence Pegula quelques mois plus tôt, en février 2011.

On a été agressif sur le marché des joueurs autonomes. Le défenseur Christian Ehrhoff, 50 points la saison précédente à Vancouver, a reçu 40 millions pour dix ans. Ville Leino, 53 points, dont 19 buts, en 2010-2011 à Philadelphie a accepté 27 millions pour six ans.

Avec un noyau déjà constitué de Jason Pominville, Ryan Miller, Tyler Myers et Thomas Vanek, un vent d’optimisme soufflait sur Buffalo.

Dix ans plus tard, les Sabres n’ont toujours pas participé aux séries éliminatoires. Quatre directeurs généraux se sont succédé. Après Darcy Regier, congédié en 2013, Tim Murray et Jason Botterill n’ont pas eu plus de succès. Embauché en 2020, Kevyn Adams est le nouvel homme de confiance de Terry Pegula et de sa femme Kim, présidente de l’équipe depuis 2018.

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La copropriétaire et présidente des Sabres de Buffalo, Kim Pegula.

Ralph Krueger est le sixième entraîneur depuis 2011. Il y a eu avant lui Lindy Ruff, Ron Roslton, Ted Nolan, Dan Bylsma et Phil Housley.

Il y a aussi eu six capitaines en dix ans : Craig Rivet, Jason Pominville, Thomas Vanek, Steve Ott, Brian Gionta et maintenant Jack Eichel.

Cinq gardiens ont tenté de s’établir au poste de numéro un depuis le départ de Ryan Miller en 2014 : Jhonas Enroth, Chad Johnson, Robin Lehner, Carter Hutton et désormais Linus Ullmark.

Les Sabres ne vont toujours pas bien. Ils occupent le 30e rang du classement général avec une fiche de 4-7-2. Buffalo a pourtant dans sa formation cinq joueurs repêchés parmi les deux premiers au total : Jack Eichel (2e), Taylor Hall (1er), Rasmus Dahlin (1er), Sam Reinhart (2e) et Eric Staal (2e), quoique ce dernier est en fin de carrière.

C’est aussi l’un des rares clubs à consacrer plus de 25 millions annuellement à trois attaquants : Eichel, Hall et Jeff Skinner. Le pauvre Skinner, ou plutôt le riche Skinner, a une passe en 13 matchs depuis le début de la saison. Il a obtenu 23 points en 59 matchs l’an dernier après la signature de son gargantuesque contrat. Après cette année, on lui devra encore 9 millions par année pour six ans.

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Jeff Skinner

La grogne est évidemment bien installée à Buffalo. On parle désormais de congédier Kruger et d’échanger Eichel.

On change de DG, d’entraîneur, de gardien, de capitaine, mais on ne peut évidemment pas chasser celui qui détient les cordons de la bourse. Il est toujours en place depuis 2011…

Eichel serait sur le marché, selon le distingué Elliotte Friedman. Les Rangers de New York et les Kings de Los Angeles le courtiseraient.

En 2018, les Sabres avaient fait de Ryan O’Reilly le symbole de leurs insuccès. Botterill l’a échangé aux Blues de St. Louis pour Tage Thompson, Vladimir Sobotka, Patrik Berglund, un choix de première ronde en 2019 et un choix de deuxième ronde en 2021.

O’Reilly a non seulement remporté la Coupe Stanley à St. Louis l’année suivante, mais le trophée Conn-Smythe remis au joueur par excellence en séries. Thompson, 23 ans, un colosse de 6 pieds 7 pouces, totalise 13 points en 74 matchs depuis son arrivée à Buffalo. Il a une passe en huit rencontres cette année. Sobotka joue désormais en République tchèque et Berglund en Suède.

Le choix de première ronde, 31e au total, le défenseur Ryan Johnson, dispute sa deuxième saison avec l’Université du Minnesota. Il a huit aides en 18 matchs et a connu un bon Championnat mondial junior. Mais pour l’instant, on ne parle pas d’un espoir de premier plan.

Avec tous leurs choix au repêchage, les Sabres ont pourtant de bons jeunes. Eichel a seulement 24 ans, Reinhart 25 ans. Dylan Cozens, septième choix au total en 2019, a survolé le Championnat mondial junior avec 16 points en sept matchs. Le jeune défenseur Dahlin montre de grandes promesses. Jack Quinn est le plus récent choix parmi le top 10.

Pour une raison obscure, malgré tous ces joueurs de talent, la recette ne fonctionne pas à Buffalo. On peut comprendre leurs fans de sombrer dans le désespoir.

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