(Montréal) Paul Byron fait-il encore partie des plans à long terme chez le Canadien ? Plus que jamais, la question se pose.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

La question se pose puisque l’organisation montréalaise a placé le nom du petit attaquant sur la liste de ballottage, dimanche midi, dans le but de l’assigner à sa formation de réserve par la suite.

Les autres équipes de la Ligue nationale de hockey vont disposer de 24 heures, soit jusqu’à lundi midi, pour le réclamer.

Byron, 31 ans, a une fiche d’aucun but et 3 mentions d’aide en 14 rencontres depuis le début de la saison, et ne joue certes pas à la hauteur des attentes que la direction du Canadien peut avoir en lui.

Dans l’immédiat, on peut présumer que la possibilité qu’il soit réclamé par un autre club est assez faible. À un salaire de 3,4 millions de dollars pour cette saison et aussi pour les deux suivantes, c’est très cher payé pour un joueur qui ne produit plus au rythme de jadis.

Le Canadien, peut-on présumer aussi, cherche en plus à libérer un peu d’espace sous son plafond salarial, et selon JP Barry, agent du joueur, il s’agit là de la raison principale pour expliquer cette décision. « L’équipe a besoin d’une marge de manœuvre avec sa masse salariale », a-t-il avancé dans un texto envoyé à La Presse.

Selon le site spécialisé CapFriendly, le Canadien jongle présentement avec une masse salariale de quelque 81,5 millions de dollars, ce qui est le maximum permis par la LNH. La décision de placer Byron au ballottage permet au Canadien de respirer un peu mieux financièrement, puisque le prochain match de l’équipe n’est prévu que pour samedi.

Une bagarre de trop ?

Ce n’est peut-être qu’une simple coïncidence, mais les chiffres laissent croire que le numéro 41 du Canadien n’est plus tout à fait le même depuis cette bagarre du 26 mars 2019 au Centre Bell, face au défenseur MacKenzie Weegar, des Panthers de la Floride.

Depuis ce soir de mars 2019, Byron a disputé un total de 45 matchs, récoltant 4 buts et 10 mentions d’aide, pour 14 points. Il s’agit d’un contraste assez saisissant avec ses meilleures saisons, notamment celle de 2016-2017, la meilleure de sa carrière, où il avait pu récolter 43 points en 81 rencontres.

En entrevue avec La Presse en octobre 2019, Byron avait clairement fait savoir qu’il n’avait plus aucune séquelle de ce combat face à Weegar, qui lui avait passé le K.-O et fait subir une commotion cérébrale sur le coup, à l’aide d’un violent uppercut de la gauche.

« C’est une bagarre qui a eu lieu et ça arrive, avait-il répondu dans le vestiaire à Brossard. Je ne cherche pas la bagarre, mais des fois, ça peut survenir. Ça fait plusieurs mois que je me sens bien physiquement, et cette bagarre, ce n’est pas une excuse. Les gens cherchent des explications [à mon lent début de saison], mais ce n’est pas ça du tout. Je me sens très bien. »

La semaine dernière, avant le match du 10 février au Centre Bell contre les Maple Leafs de Toronto, l’entraîneur-chef Claude Julien avait choisi de le laisser de côté, une première pour lui cette saison. Il n’a récolté aucun point à ses cinq derniers matchs, et seulement deux points à ses dix derniers. Son dernier but remonte au 3 mars 2020.

Byron, choix de sixième tour des Sabres de Buffalo au repêchage de 2007, avait été acquis par le Canadien en octobre 2015, après avoir été placé au ballottage par les Flames de Calgary.