« Le Rocket de Laval a fait un pas de plus dans la bonne direction [et] se retrouve au plus fort de la course pour obtenir une place en séries éliminatoires. »

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Le 11 mars 2020, le club-école du Canadien battait les Senators de Belleville 3-0. Cayden Primeau signait son quatrième jeu blanc de la saison. Et galvanisé par une séquence de 7 victoires en 10 matchs, la formation gardait vivant son rêve de renouer avec les séries de la Ligue américaine, comme l’écrivait La Presse Canadienne dans son compte-rendu de la rencontre.

Personne, dans un camp comme dans l’autre, ne se doutait ce soir-là qu’il s’écoulerait 338 jours avant que les deux équipes ne disputent un autre match l’une contre l’autre. Celui-ci aura enfin lieu ce vendredi au Centre Bell.

« Tout le monde est excité, ça va être le fun ! », s’est emballé Xavier Ouellet, capitaine de l’équipe, en visioconférence à quelques heures de l’affrontement.

Et pour cause. Ouellet fait partie des rares joueurs du Rocket, avec Jordan Weal et Alex Belzile, qui ont disputé des matchs avec le Canadien dans la « bulle » de Toronto pendant les séries éliminatoires du mois d’août.

Comble de malheur pour Belzile, une blessure repoussera son retour de quelques jours. Rien de sérieux, précise par contre son entraîneur.

Les jeunes Jan Mysak et Kaiden Guhle ont pris part au Championnat du monde junior pendant les Fêtes. Et quelques-uns de leurs coéquipiers – Lukas Vejdemo, Hayden Verbeek, Josh Brook, Otto Leskinen et Jesse Ylonen – ont pu jouer en Europe avant Noël.

Pour tous les autres, par contre, c’est un jour de rentrée longuement attendu.

La saison qui s’amorce pour le Rocket est toutefois marquée par une dose inédite d’inconnu. Pour l’heure, seuls les huit matchs du mois de mars, tous à domicile, sont inscrits au calendrier. La raison est simple : les Marlies de Toronto et les Senators de Belleville ont reçu seulement vendredi matin le feu vert de l’Ontario pour organiser des parties locales. La quatrième équipe de la division canadienne, le Heat de Stockton, club-école des Flames, disputera ses matchs à Calgary.

Il est question d’un calendrier de 36 matchs qui s’étirera jusqu’au mois de mai. Rien n’est encore prévu pour les séries éliminatoires.

Malgré tout, la motivation n’est pas difficile à trouver, assure Xavier Ouellet.

« Les athlètes professionnels, on est extrêmement compétitifs ; tout le monde se bat pour avoir sa chance d’être dans la formation ou d’être rappelé à Montréal, a-t-il dit. Ramasser des victoires, c’est important pour tout le monde, individuellement. Le focus est là. »

Guhle attendra

Le défenseur Kaiden Guhle devra lui aussi patienter encore quelques jours avant de disputer un premier match et, par le fait même, de faire ses premiers pas chez les professionnels. Le premier choix du Canadien au dernier repêchage de la LNH s’est blessé à l’entraînement jeudi. Sans divulguer la nature de la blessure, Bouchard a maintenu que le jeune homme ne s’absenterait pas longtemps.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Kaiden Guhle et Rafaël Harvey-Pinard

En fait, l’entraîneur semblait le premier navré de la situation.

« C’est décevant, parce que j’avais hâte que les gens le voient !, a-t-il avoué. Kaiden aussi est déçu, mais c’est un pro, il comprend la situation et va prendre ça une journée à la fois. Ce n’est que partie remise. »

La présence de Guhle chez le Rocket est une autre manifestation de la pandémie de COVID-19, qui paralyse toujours la Ligue junior de l’ouest et celle de l’Ontario. Jan Mysak (Hamilton), Cam Hillis (Guelph), Gianni Fairbrother (Everett) et Jacob LeGuerrier (Sault Ste-Marie), tous des espoirs du Canadien, auraient en principe disputé au moins une autre saison dans les rangs juniors.

Voilà toutefois qu’ils ont la chance de se faire valoir dès maintenant au niveau supérieur, et ce, alors qu’ils sont tous âgés de 18 à 20 ans.

Leur ajout au groupe a créé une saine compétition interne, a raconté Ouellet, alors que les vétérans comme lui doivent montrer qu’ils ont les jambes pour suivre les jeunes qui, eux, sont encore en plein apprentissage de leur métier.

« C’est bon pour tout le monde, a-t-il dit. C’est impressionnant de les voir aller. Ils ont fait une bonne job au camp. C’est bien de voir la relève qui s’en vient. »

Une trentaine de joueurs demeureront dans l’entourage de l’équipe, ce qui compliquera encore davantage la gestion quotidienne des effectifs. Par contre, a dit Bouchard, il n’y a pas de « plan » établi « à l’avance » pour l’utilisation des joueurs. Tout peut changer du jour au lendemain dans la Ligue américaine, au gré des rappels dans la LNH.

Déjà, a-t-il illustré, la blessure à Belzile donnera la chance à Raphäel Harvey-Pinard d’évoluer sur un trio offensif avec Jordan Weal et Yannick Veilleux et ouvrira une place à Jesse Ylonen sur la première vague d’avantage numérique.

« C’est des jeunes qu’on aime, et si on les met là, c’est parce qu’ils sont capables de suivre », a encore dit Bouchard.

Du reste, après un très long camp d’entraînement, l’entraîneur a surtout hâte de « laisser jouer » ses hommes.

« Les pratiques, c’est bien, mais maintenant je dois coacher des matchs contre de vrais opposants, a-t-il conclu. On va les laisser jouer un peu. »

La rencontre entre le Rocket de Laval et les Senators de Belleville s’amorcera à 19 h.