André Tourigny avait un message sans équivoque : pas question d’apprécier quoi que ce soit avant la fin de la finale.

Frédéric Daigle
La Presse Canadienne

L’entraîneur-chef de l’équipe canadienne au Championnat du monde de hockey junior a été très clair en point de presse mardi, à quelques heures d’affronter les Américains en grande finale : ses joueurs et lui auront tout le temps voulu de repenser à ce tournoi.

« La seule façon d’apprécier ce moment est de faire ce que nous sommes venus faire. Pour ça, il faut se préparer de la même façon que nous l’avons fait jusqu’ici, a souligné Tourigny. Si nous voulons apprécier le moment maintenant, nous avons un gros problème. Un très gros problème.

« Nous aurons toute une vie pour apprécier et se souvenir de ce match, peu importe l’issue. J’ai été des deux côtés de la clôture dans ce genre de rencontres et je me rappelle tout ce qui s’est passé avant, pendant et après. C’est ce que nous avons fait l’an dernier : garder le même plan, le même message, peu importe l’adversité à laquelle nous avons fait face. C’est le message que nous avons pour les joueurs cette année. »

Tourigny avait plus tôt cité le grand entraîneur de basketball Phil Jackson : « Ça ne vaut pas la peine s’il n’y a pas de bague (dans ce cas-ci, de médaille d’or) à la fin ».

C’est en partie pourquoi il ne veut pas repenser immédiatement aux 51 jours passés avec ses protégés, dont une quarantaine de deux semaines à Red Deer.

« On ne veut pas aller là. Ça pourrait nous amener à mettre notre concentration à un mauvais endroit et changer notre performance. C’est un des pièges. Pour nous, il s’agit d’un jour de match. Nous avons notre routine, nous avons des objectifs à accomplir et des choses sur lesquelles nous concentrer.

« Si on commence à se concentrer sur les choses qu’on ne contrôle pas, ça va enlever de la constance à notre jeu et c’est un des défis de cette journée. Nous avons été à la hauteur des défis que nous avons rencontrés jusqu’ici. Il faut faire la même chose avec celui-ci. »

La finale face aux Américains se mettra en branle à compter de 21 h 30, heure de l’est. Selon Tourigny, elle mettra aux prises deux formations au style très différent.

« Ils ont un style très axé sur le mouvement de la rondelle, leurs habiletés. Leur jeu de puissance est dévastateur.

« Nous sommes davantage axés sur l’échec-avant, nous jouons très bien défensivement. Nous misons sur le temps de possession alors qu’ils attaquent le filet très rapidement. Ils ne se soucient pas beaucoup d’avoir la rondelle longtemps en leur possession. Ce qu’ils veulent, c’est d’attaquer rapidement le filet. »

Tourigny a d’ailleurs aimé ce qu’il a vu de ses joueurs en vue de la finale lors de l’entraînement matinal du club.

« Tout le monde est calme, personne n’est trop excité par ce qui s’en vient. Nous sommes dans un bon état d’esprit en ce moment. »