Les joueurs de la LNH ne peuvent sauter sur la patinoire, et certains d’entre eux essaient d’être créatifs pour remédier à la situation.

Stephen Whyno
Associated Press

Le capitaine des Islanders de New York, Anders Lee, s’est acheté un vélo stationnaire Peloton. Le défenseur des Ducks d’Anaheim Josh Manson songe à s’acheter une paire de patins à roues alignées. Le meilleur marqueur du circuit Bettman, Leon Draisaitl, dribble autour de son chien.

Peu importe, si ça fonctionne.

« On a tous adopté la mentalité de’Rocky’, quand il fait des pompes, des redressements assis et frappe dans des quartiers de bœuf », a évoqué l’attaquant des Blue Jackets de Columbus Nick Foligno.

PHOTO JONATHAN HAYWARD, PRESSE CANADIENNE

Nick Foligno (71), des Blue Jackets de Columbus, poursuivi par Oscar Fantenberg (5), des Canucks de Vancouver, le 8 mars 2020.

Les joueurs de la LNH courent, font du vélo et tentent de demeurer en forme au cas où la saison reprendrait après avoir été interrompue par la pandémie de COVID-19.

Si certains athlètes peuvent reproduire les entraînements et les mouvements qu’ils doivent accomplir dans leur discipline – les joueurs de la NBA s’ennuient de leur gymnase –, les joueurs de la LNH ne peuvent patiner puisque les arénas sont tous fermés.

« Je pense qu’ils sont très peu à avoir accès à une patinoire ou quelque chose du genre, et c’est un gros problème pour un joueur, a convenu le défenseur étoile des Capitals de Washington John Carlson. Peu importe comment tu t’entraînes, les choses que tu pratiques sur la patinoire sont différentes, et nous devrons les réapprendre très rapidement lorsque les choses se remettront en branle. »

Car il n’y a rien d’habituel dans la situation actuelle pour des athlètes qui passent leur printemps à se préparer pour l’intensité et la brutalité des séries éliminatoires de la LNH.

« Tout ce que je peux faire, c’est poursuivre mes entraînements et respecter du mieux que je le peux ma routine habituelle, a convenu le défenseur des Devils du New Jersey P. K. Subban. C’est difficile, parce qu’on s’attend à la relance des activités, mais on ne sait pas quand. Et quand tu ne patines pas, alors il n’y a rien que tu puisses faire pour reproduire ce mouvement. »

PHOTO D’ARCHIVES OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

P.K. Subban, lors d’une apparition chez Ogilvy à Montréal le 20 août 2019.

Pour l’instant, de petites choses ont comblé ce vide. Les préparateurs physiques des équipes ont expédié des programmes d’entraînement adaptés aux joueurs qui disposent d’un petit gymnase à domicile. Le jogging a remplacé l’entraînement sur la patinoire. Le vélo est peut-être le seul entraînement qui peut reproduire l’intensité d’une présence sur la glace, en quelque sorte.

« Ça aide, et c’est bien, mais il n’y a rien qui puisse te préparer pour une présence sur la patinoire », et les exigences physiques de celle-ci, a assuré le défenseur des Bruins de Boston Torey Krug. 

Rien ne peut te préparer au moment où tu dois aller dans le coin de la patinoire avec un gars de six pieds, deux pouces et 210 livres pour l’obtention de la rondelle, avant de te démarquer pour effectuer ton jeu

Torey Krug, des Bruins

PHOTO WINSLOW TOWNSON, USA TODAY SPORTS

L’entraînement hors glace ne permet pas de tout pratiquer, mais Torey Krug (47) –qu’on voit ici en train de s’expliquer avec Patric Hornqvist (72), des Penguins de Pittsburgh– fait du jogging.

Résignés, certains joueurs – surtout ceux qui ont de jeunes enfants – s’entraînent très tôt le matin, comme c’est le cas lors des échauffements matinaux. Ils ne peuvent se préparer pour des matchs en soirée, mais ils savent tous qu’à un certain moment la situation rentrera dans l’ordre.

« Tu fais de ton mieux, tu essaies de t’amuser, a dit Foligno. C’est ton boulot. Nous sommes des athlètes professionnels pour une raison, donc il faut qu’on trouve des solutions pour le demeurer et être prêts lorsqu’on nous rappellera. »