À neuf jours de la date limite des transactions, il y a de l’effervescence autour des équipes impliquées dans la course aux séries, les partisans identifiant des joueurs qui les font rêver à la Coupe Stanley.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

À Dallas, Jim Nill n’a pas encore conclu de transaction cette saison, mais le directeur général a tout de même reçu l’équivalent d’un défenseur « gratuit ».

Les Stars comptent en effet depuis peu sur le défenseur Stephen Johns, qui disputera samedi, au Centre Bell, son neuvième match de la saison. Johns est une addition nette à la formation pour la simple et bonne raison qu’il était à l’écart du jeu depuis… le 29 mars 2018. Vingt-deux longs mois à la maison, à craindre que sa carrière était terminée en raison de mystérieux maux de tête.

En fait, son absence a été si longue que l’entraîneur-chef des Stars, Rick Bowness, travaillait pour le Lightning de Tampa Bay quand Johns a disputé son dernier match avant de tomber au combat.

« Je ne savais pas à quel point il était bon, parce que je ne l’avais jamais dirigé. On l’avait vu au camp il y a deux ans, mais il n’avait pas joué de matchs préparatoires. Il est gros, il est robuste, il a un bon tir. C’est tout un ajout à notre équipe. Pas besoin de faire de grosse transaction : c’est lui, le joueur qu’on a ajouté », a souligné Bowness.

Un coup de fil de Perron

Le 3 février dernier, Johns inscrivait son premier but depuis son retour au jeu. Il le faisait au Madison Square Garden, et par un heureux hasard, ses parents assistaient au match.

Après la rencontre, il avait livré un point de presse des plus touchants. « J’ai attendu longtemps. J’ai souvent craint de ne plus pouvoir faire ça. […] Je n’étais pas le seul à vivre l’enfer. Mes parents voulaient aider, mais ne pouvaient rien faire. Ils ont souffert autant que moi », avait-il dit aux médias sur place.

« J’ai eu des moments à oublier ces dernières années, mais marquer devant mes parents, je peux en être fier. Dans 20-30 ans, je vais me souvenir de ça », nous racontait Johns ce matin, après l’entraînement des Stars.

Les commotions cérébrales sont à l’origine de son histoire. Officiellement, selon Forecaster, c’est la deuxième qu’il a subie, en mars 2018, qui a fait dérailler les choses. Elle lui a fait rater les cinq derniers matchs de la saison, puis la campagne 2018-2019 au complet. L’Américain a graduellement pris du mieux l’automne dernier, et le 11 janvier, il a pu chausser les patins afin de disputer le premier de deux matchs de remise en forme dans la Ligue américaine.

Depuis, son histoire a fait le tour de la LNH. David Perron, qui a lui-même raté une année complète de novembre 2010 à décembre 2011 en raison d’une commotion, l’a même contacté de son propre chef.

PHOTO JEFF ROBERSON, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

David Perron

« Il m’a contacté pendant la pause du match des étoiles et m’a raconté son histoire, il m’a dit qu’il était content de me voir de retour, a dévoilé Johns. Je ne le connaissais pas du tout ! Mais il a vécu la même chose, il a juste voulu me contacter, me féliciter. Ça montre à quel point il a de la classe. »

Son histoire n’est pas sans rappeler celle que vit actuellement Noah Juulsen, un espoir du Canadien aux prises avec des migraines. Il a raté la deuxième moitié de saison l’an dernier, et a tenté un retour qui n’a duré que 12 matchs cette saison.

Parcours particulier

Le retour de Johns n’est pas seulement une histoire touchante ; c’est aussi tout un coup de pouce pour les Stars.

En 2017-2018, avant de se blesser, il comptait 15 points, dont 8 buts, en 75 matchs, jouait en moyenne 17 minutes et montrait un différentiel de +10. Bref, il accomplissait du travail plus qu’acceptable de défenseur de troisième duo.

Il avait alors 25 ans et disputait une deuxième saison complète dans la LNH. S’il s’établissait à un âge aussi avancé, c’est qu’il a joué quatre saisons à l’Université Notre Dame, avant de passer deux années complètes dans la Ligue américaine.

Voici qu’à 27 ans, il souhaite reprendre où il avait laissé. S’il y parvient, on pourra parler d’un parcours des plus uniques.

« Si tu connaissais toute mon histoire de vie, c’est un parcours assez unique pour atteindre la Ligue nationale. Je viens d’un petit village [Wampum], à une heure au nord de Pittsburgh, où le hockey n’était pas du tout populaire. Les gens me demandaient toujours pourquoi je jouais. C’était le football, le baseball, les aciéries, et vraiment pas le hockey. Il n’y a pas de feux de circulation, pas de commerces. Mais c’est mon coin, et je ne le changerais pour rien au monde ! Mon parcours est assez unique, mais c’est la même chose pour bien des joueurs. Ça a été toute une aventure ! »

À noter

L’attaquant Joe Pavelski pourrait revenir au jeu face au Tricolore. Une décision sera prise à la période d’échauffement. Le vétéran a raté les deux derniers matchs en raison d’une blessure au haut du corps. Avant de se blesser, il avait amassé six points à ses cinq derniers matchs.

Formation probable des Stars

Hintz-Seguin-Perry

Benn-Dickinson-Gurianov

Cogliano-Faksa-Comeau

Janmark-Pavelski-Robertson

Lindell-Klingberg

Heiskanen-Johns

Oleksiak-Sekera

Bishop