Si la bordée de neige annoncée sur Montréal ne chamboule pas les arrivées à l’aéroport Montréal-Trudeau, la femme et les enfants d’Ilya Kovalchuk arriveront dans la métropole juste à temps pour voir jouer leur favori au Centre Bell contre les Ducks d’Anaheim.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

« Il va donc falloir que je démontre de l’énergie ! », s’est esclaffé le père de famille jeudi matin après l’entraînement du Canadien.

Invariablement, notre curiosité est piquée : et si la visite des Kovalchuk dépassait la simple réunion familiale ? Autrement dit : l’attaquant russe serait-il à Montréal pour y rester ?

En mêlée de presse, le joueur de 36 ans a répété plusieurs fois qu’il priorisait ses performances et celles de son équipe avant de penser à son futur au sein de l’organisation.

Mais il a quand même laissé échapper un indice sur ses intentions.

« J’aime tout, ici. Ce groupe est spécial. Ce serait plaisant de rester », a-t-il soufflé, calme et posé comme à son habitude.

Comme on pouvait le prévoir, les questions à ce sujet ont alors gagné en intensité, mais Kovalchuk a préféré s’en tenir à cette courte déclaration. Les discussions avec la direction du Canadien sont entre les mains de son agent, a-t-il rappelé.

« Reparlons-en plutôt dans deux semaines », a-t-il dit. D’ici là, le Canadien aura disputé sept matchs de plus et on saura s’il a réussi à concrétiser la « poussée » promise depuis son retour de congé. « C’est important de se battre. C’est la seule chose que j’ai en tête », a ajouté Kovalchuk, qui estime que ses coéquipiers et lui peuvent jouer « bien mieux » qu’ils le font déjà.

Dans un peu plus de deux semaines – dans 18 jours, en fait –, ce sera également la date limite des transactions. Cela ne faisait pas cinq minutes que l’attaquant russe avait signé son contrat avec le Tricolore, le 3 janvier dernier, que les spéculations avaient commencé. Marc Bergevin s’en servirait-il comme monnaie d’échange ? Pourrait-il mettre la main sur un choix de quatrième ronde ? Ou mieux ? À la lumière des exploits de Kovalchuk sur la glace (10 points en 13 matchs et différentiel de +5), sa valeur sur le marché est désormais estimée à un choix de deuxième tour, selon les experts les plus branchés du circuit.

Or une autre hypothèse commence à germer dans certains cercles : l’expérience mériterait-elle de se poursuivre pour une autre saison ? Il est ultra apprécié dans le vestiaire – Max Domi s’est encore confondu en éloges au sujet de son coéquipier jeudi matin –, il a visiblement encore le feu sacré… Si, à la clé, il désire continuer à jouer pour le Canadien, ne constituerait-il pas un atout positif pour assurer la transition avec les jeunes espoirs de l’organisation ?

Ce n’est certainement pas de Kovalchuk lui-même qu’on en apprendra davantage, du moins pas pour le moment. Il garde ses ambitions, dit-il, entre son agent et lui.

« Mon boulot est de jouer », a-t-il conclu.

Il aimerait également accentuer sa propre production offensive, « surtout à domicile », a-t-il dit avec le sourire.

Avec sa petite famille dans les gradins, la motivation ne manquera certainement pas.