Pour l’heure, le concept des villes bulles fonctionne à merveille dans la LNH. Mais le hockey pourra-t-il redémarrer de manière un peu plus normale en 2020-2021, avec des joueurs dans des avions, des matchs à la maison et à l’étranger, dans des villes et des hôtels différents ? Nous faisons le point avec Denis Archambault, professeur au département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

Alors que la saison du baseball majeur est remplie d’obstacles, ça se passe plutôt bien jusqu’ici dans la LNH. Êtes-vous surpris ?

Il faut dire en premier que le baseball majeur, ce n’est pas du tout la même dynamique. Avec des équipes qui doivent se déplacer, c’est sûr que le risque de transmission du virus est plus élevé. Dans le cas de la LNH, on est allé à l’extrême, et ce ne serait pas vraiment possible d’en faire plus que ça ! Mais oui, si on veut vraiment minimiser le risque, le concept des villes bulles de la LNH, c’est la chose à faire.

Jusqu’ici en tout cas, les joueurs de la LNH suivent à la lettre les consignes de sécurité. Est-ce la clé pour que ça fonctionne ?

C’est toujours le comportement des gens qui est la clé ! Dans ce cas-ci, les joueurs se retrouvent à huis clos, je crois comprendre que la ligue fait passer des tests de façon régulière, alors le risque de contagion devient très, très bas. Il faudrait une faille dans le système pour que le virus puisse entrer dans la bulle. C’est une stratégie gagnante. Tout est question de discipline, de bons comportements, et les tests, ce sont les yeux de la science pour voir ce qui se passe. Peut-être que pour les joueurs, le seul point négatif, c’est les tests, qui ne sont pas super confortables, mais bon, j’imagine qu’après trois ou quatre fois, ils sont habitués !

Quand on voit ce qui se passe du côté du baseball majeur, est-ce qu’on doit comprendre que, dans l’immédiat, le sport professionnel doit changer et mieux s’adapter ? Ça semble difficile de présenter des matchs comme avant…

Le baseball majeur est un bon laboratoire. Dans sa forme actuelle, c’est sûr que le risque est beaucoup plus élevé au baseball, c’est évident. Ce qui se passe dans les avions, les aéroports, les hôtels, avec tous les déplacements, c’est du risque. Regardez ce qui est arrivé avec les Marlins de la Floride… ils n’auront plus de joueurs si ça continue ! En ce moment, on ne peut pas vivre de manière « normale ». Le baseball servira peut-être d’exemple aux autres ligues, sur l’importance de raffermir les méthodes.

Avec tout ça, la LNH compte amorcer la saison suivante (2020-2021) de manière normale, le 1er décembre… Est-ce réaliste ?

Ça va dépendre. Est-ce qu’on sera sortis de la première vague ? Est-ce qu’il y en aura une deuxième ? On ne le sait pas. Aussi, ça va dépendre des comportements des gens. On le voit au Québec, l’évolution de la pandémie est proportionnelle au comportement des gens. Ensuite, ça va dépendre des mesures qui seront mises en place. Les joueurs, ils vont rentrer à la maison avec leurs familles, certains ont des enfants qui vont aller à l’école… Comment ça va se passer ? Aussi, si on regarde la possibilité d’un vaccin, est-ce qu’il va y en avoir un, et si oui, sera-t-il efficace ? Mais avant d’en arriver là, il faut garder les yeux sur la saison au baseball. Ça va nous donner une bonne indication pour la suite des choses.