À quoi ressemblera le Canadien le 1er août, au début du tournoi de relance de la LNH ? Nos journalistes Guillaume Lefrançois et Mathias Brunet tentent d’y voir clair.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Dans l’élaboration de ses trios et de ses paires de défenseurs pour affronter les Penguins, Claude Julien devra construire des unités aptes à tenir tête aux deux premiers trios de l’adversaire, ceux de Sidney Crosby et d’Evgeni Malkin.

Les deux premiers centres des Penguins ont désormais des ailiers redoutables : Jake Guentzel, Jason Zucker, Bryan Rust et Connor Sheary. Mais les deux autres trios des Penguins ne sont pas piqués des vers non plus. Patrick Marleau, Jared McCann et Patric Hornqvist devraient former le troisième trio, et le quatrième, mené par Brandon Tanev, est l’un des meilleurs trios de soutien de la LNH. Claude Julien devra jouer prudemment : former deux premiers trios aptes à contrer deux des meilleurs centres de la Ligue, mais aussi équilibrer ses deux derniers trios. Pas une mince tâche !

Attaque

1er trio : Tatar-Danault-Gallagher
Les entraîneurs n’auront aucun souci à confronter le trio de Phillip Danault à celui de Crosby ou de Malkin. Le premier trio du Canadien, largement sous-estimé, est l’un des meilleurs de la LNH à 5 contre 5. Danault peut s’acquitter des tâches défensives les plus délicates et ses deux compagnons et lui sont parmi les plus productifs de la Ligue offensivement en situation d’égalité numérique.

2e trio : Byron-Suzuki-Armia
Malgré son jeune âge, Nick Suzuki est déjà un centre plus responsable que Max Domi. Placer Joel Armia à sa droite constitue un naturel. Paul Byron est un ailier gauche plus productif qu’Artturi Lehkonen, et aussi bon défensivement. Il faut donner à Suzuki un peu de munitions. Byron a déjà deux saisons de 20 buts ou plus à son actif et en aurait obtenu une troisième l’année précédente s’il n’avait pas été blessé. Avec Armia et Byron, Suzuki est beaucoup mieux épaulé pour affronter l’un des gros trios adverses. Le CH espère seulement retrouver le Byron des beaux jours, maintenant qu’il a bénéficié de plusieurs mois pour guérir ses nombreux maux.

3e trio : Drouin-Domi-Weal (si Domi devait participer)
Jonathan Drouin et Max Domi ont affiché une belle symbiose il y a deux ans. Il faut les réunir. Claude Julien doit cependant éviter les confrontations avec Crosby ou Malkin. Il doit trouver dans la mesure du possible les occasions de les envoyer sur la glace pour les mises en jeu en territoire offensif, contre les troisième et quatrième trios. Sa tâche sera évidemment plus simple lors des matchs considérés comme ceux à « domicile », où il aura le loisir d’apporter le dernier changement. La présence de Jordan Weal permet à Drouin et à Domi de bénéficier d’un ailier habile offensivement et aussi, surtout, de mieux entourer Jesperi Kotkaniemi au sein du quatrième trio.

4e trio : Lehkonen-Kotkaniemi-Evans
Ce quatrième trio pourrait nous réserver des surprises. Claude Julien pourrait choisir une option plus conservatrice et placer Charles Hudon à la gauche de Jake Evans et de Jordan Weal. Mais si le Canadien veut vraiment donner de l’expérience à ses jeunes, il doit permettre à Jesperi Kotkaniemi de jouer, et de jouer au centre. Retrouver sa place au sein du quatrième trio permettrait au jeune Finlandais âgé de 20 ans de revenir au jeu avec de moins grandes responsabilités. La présence à sa gauche d’un grand frère comme Lehkonen rassurera les entraîneurs et le jeune homme. Evans a maintenant 24 ans, peut jouer à droite et a prouvé en fin de saison qu’il pouvait être responsable défensivement.

Défense

1er duo : Chiarot-Weber
Réunis depuis décembre, Ben Chiarot et Shea Weber ont affiché une surprenante complicité, même si les deux ne se spécialisent pas dans la relance de l’attaque. Ils sont imposants, plutôt mobiles pour leur gabarit et offrent à l’entraîneur une paire capable de neutraliser les meilleurs trios adverses. Chiarot a même dévoilé de surprenantes qualités offensives l’hiver dernier. Ils ont montré des signes d’essoufflement à la fin de l’hiver, mais seront pleinement reposés cette fois.

2e duo : Kulak-Petry
Après avoir été blâmé publiquement par son entraîneur à quelques reprises l’hiver passé et regardé quelques matchs de la passerelle, Brett Kulak a retrouvé son aplomb et formé une paire fiable avec Jeff Petry. En février, il a joué 20 minutes ou plus lors de sept matchs de suite (et même un match de 27 minutes !), avant de herurter un mur. Avec l’absence d’Alexander Romanov, il constitue la moins mauvaise solution pour l’instant à la gauche de Petry. Il doit cependant éviter de trop en faire. C’est à cette occasion qu’il se met dans le pétrin.

3e duo : Mete-Fleury
Victor Mete est évidemment un incontournable à gauche au sein de la troisième paire. Il devrait être beaucoup plus efficace cet été puisque sa cheville est probablement complètement guérie. Il n’y a pas pire blessure pour un hockeyeur, surtout un défenseur dont l’atout principal demeure la mobilité. Difficile de prédire qui sera son partenaire. Noah Juulsen a le meilleur potentiel et il a 23 ans, mais il n’a presque pas joué depuis deux ans. Voudra-t-on ainsi le jeter dans la gueule du loup ? Tout dépendra de son camp d’entraînement. Cale Fleury constitue sans doute un choix plus logique. Claude Julien lui a donné 41 matchs en première moitié de saison après tout.

Gardiens

Price-Primeau
Carey Price sera évidemment le partant. Aussi bien donner au gardien d’avenir, Cayden Primeau, le maximum d’expérience au sein du groupe, même s’il ne devrait participer à aucun match, à moins d’une blessure.