Si tout se déroule comme prévu, le hockey de la Ligue nationale reprendra le 1er août, et les camps d’entraînement, dès le 13 juillet. Reste maintenant à voir si les hockeyeurs éviteront les écueils rencontrés au baseball majeur, dans la MLS et dans la NBA, où de nombreux tests positifs ont semé des doutes.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

La LNH et l’Association des joueurs ont annoncé lundi avoir conclu une entente sur la reprise des activités cet été. Cette entente est conditionnelle à l’approbation des gouverneurs et des joueurs, et les votes auront lieu au cours des prochains jours.

Deux protocoles ont été dévoilés : un couvrant la phase 3 (camps d’entraînement), l’autre couvrant la phase 4 (début des matchs). Et en lisant ces protocoles, on apprend qu’aucun chiffre n’est avancé quant au nombre de cas positifs (absolu ou relatif) qui forcerait la suspension ou l’annulation des activités.

L’explication pour la phase 4 va comme suit (on vous suggère de passer au paragraphe suivant si vous êtes réveillé depuis moins de 10 minutes) :

« À tout moment avant ou pendant la phase 4, [si] la LNH ou l’Association des joueurs croient que des conditions […] de jeu créant un risque pour la santé des joueurs ou mettant en danger l’intégrité de la compétition ont émergé ou vont émerger de façon imminente, des conditions qui incluent une éclosion incontrôlée de COVID-19 chez les joueurs d’une ou plusieurs équipes de la phase 4, cette partie doit immédiatement avertir l’autre partie […]. »

Pour résumer, une décision sera ensuite prise de concert avec les experts médicaux des deux parties, les joueurs, les directeurs généraux et le commissaire de la LNH, Gary Bettman.

L’omission d’un nombre de cas critique n’est pas anodine, car les autres ligues professionnelles qui tentent de relancer leurs activités sont aux prises avec des problèmes du genre. Une éclosion chez le FC Dallas a forcé la MLS à exclure la formation texane de son tournoi de relance. Au baseball majeur, les Blue Jays ont quant à eux dû quitter leur complexe d’entraînement de la Floride pour rentrer à Toronto et y poursuivre leur camp. Les Nationals et les White Sox ont annulé des entraînements en raison des délais pour obtenir des résultats à des tests de COVID-19.

Le choix aux joueurs

Comme annoncé par plusieurs médias ces derniers jours, les joueurs auront l’entière liberté de participer ou non à la reprise des activités, sans subir de sanctions. Là aussi, l’enjeu s’annonce explosif. Dans les trois autres ligues nord-américaines, des joueurs ont déjà annoncé qu’ils renonçaient à la reprise des activités, dont Carlos Vela, le joueur le plus utile de la MLS en 2019.

La clause F prévoit aussi qu’un joueur « jugé à risque de développer une maladie sérieuse en conséquence de l’exposition au coronavirus sera exclu de la reprise du jeu ». Il sera intéressant de voir si cette clause s’appliquera à Max Domi, qui souffre du diabète de type 1.

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Max Domi

Pour ce que ça vaut, plusieurs joueurs du Canadien ont déjà laissé entendre, sur les réseaux sociaux, qu’ils sont de retour à Montréal ou en voie de l’être, tandis que Domi, généralement très actif sur Instagram, n’a rien laissé filtrer pour le moment.

Des mesures strictes

Un fait demeure : les joueurs qui souhaitent reprendre l’action devront se plier à des mesures très strictes sur papier, autant pendant le camp que pendant le tournoi éliminatoire, à Toronto ou à Edmonton. Ils seront confinés à une zone sécurisée, qui comprendra essentiellement l’aréna et l’hôtel où ils seront logés.

 – Chaque équipe aura droit à 52 personnes dans la ville où elle sera assignée, dont un maximum de 31 joueurs ;

 – Les membres de la famille des joueurs seront admis seulement à compter des finales d’association. Du reste, aucun invité ne sera admis dans les chambres ;

 – Les joueurs devront respecter une distance de six pieds (environ deux mètres) lors de leurs interactions, sauf évidemment pendant les matchs et les entraînements ;

 – Ils devront aussi porter le masque en tout temps lorsqu’ils sortent de leur chambre d’hôtel, sauf lorsqu’ils jouent, s’entraînent, accordent des entrevues ou mangent.

Les conséquences du non-respect des règles sont musclées. Un joueur délinquant peut carrément être « exclu de la phase 4, ou soumis à une quarantaine de 10 à 14 jours », lit-on. Pour les équipes, les sanctions peuvent aller jusqu’à « une amende ou la perte de choix de repêchage ».

De plus, un joueur qui quitte la zone sécurisée pour des raisons jugées valables (par exemple, consultation d’un expert médical, naissance d’un enfant, maladie ou mort d’un proche) devra, à son retour, produire quatre tests négatifs en quatre jours avant d’être autorisé à sortir de sa chambre d’hôtel.

Le protocole prévoit en outre des distinctions très claires entre les personnes qui ont accès aux joueurs – notamment les entraîneurs, le personnel médical, le personnel de sécurité et des employés de la LNH – et celles qui n’y ont pas accès. Les membres des médias font partie de ce groupe n’ayant pas d’accès en personne aux joueurs ; les entrevues se feront par visioconférence.

Enfin, parce qu’on a réellement pensé à tout, le protocole demande aux joueurs de ne pas engager de conservation dans les ascenseurs, et leur interdit « de partager des serviettes ou des articles de toilette ».

Romanov : la suite de la saga

PHOTO DARRYL DYCK, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Alexander Romanov

L’information n’apparaît pas dans les documents publiés, mais selon plusieurs médias, l’espoir du Canadien Alexander Romanov ne sera pas autorisé à jouer cet été. L’équipe espérait qu’il soit admissible, puisque Romanov a signé une entente de principe avec le CH en mai dernier. En guise de compromis, le défenseur russe aurait cependant le droit d’écouler une première année de son contrat de recrue cet été. Dans un courriel à La Presse, l’agent de Romanov, Dan Milstein, a dit n’avoir rien vu d’officiel encore sur le sujet.

Prolongation de quatre ans

En plus des protocoles de retour au jeu, la LNH et l’AJLNH se sont entendues sur une prolongation de quatre ans de la convention collective, qui échoira désormais en 2026. Cette prolongation inclut une entente sur la participation des joueurs aux Jeux olympiques de 2022 et 2026.