Les joueurs de la LNH sont prêts pour un retour au jeu à l’été, mais il y a encore quelques obstacles à franchir avant la prochaine mise au jeu.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

Voilà en gros le message de prudence qui a été lancé jeudi après-midi par deux joueurs du Canadien, les attaquants Brendan Gallagher et Paul Byron, lors d’un appel-conférence.

Ainsi, les joueurs du Canadien, comme les joueurs des 30 autres formations de la LNH, veulent retourner sur les patinoires, mais ils veulent pouvoir le faire dans un environnement sécuritaire. Il y a encore un peu de temps ; les camps d’entraînement, s’ils ont bel et bien lieu, ne seront pas ouverts avant le 10 juillet, selon le journaliste Pierre LeBrun.

PHOTO D’ARCHIVES ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE

Brendan Gallagher (11) et Paul Byron (41) célébrant un but.

« Il y a déjà beaucoup de travail qui a été fait, et tout le monde sait bien qu’il n’y a pas de scénario parfait, a expliqué Byron. Mais nous avons l’occasion de pouvoir continuer la saison, et il a fallu faire preuve de créativité. Les joueurs ont dit oui à la possibilité d’un retour mais il y a encore du travail à faire. »

Tous les joueurs viendront-ils ?

Parmi le travail qu’il reste à faire, il y a une question de grande importance : comment faire pour rapatrier tous les joueurs d’une équipe en même temps et les placer dans un même endroit ? Chez le Canadien, par exemple, on peut prévoir que le centre d’entraînement de Brossard sera disponible sous peu, mais qui voudra s’y rendre ?

Paul Byron compte bien y aller, mais Gallagher, qui a déjà recommencé à patiner en Colombie-Britannique il y a quelques semaines, ne sera peut-être pas si pressé de faire ses valises en raison des circonstances.

« Je vais être là quand notre centre va rouvrir, a déclaré Byron, mais ce n’est peut-être pas tout le monde qui voudra rentrer à Montréal à cause du nombre de cas (de COVID-19) qu’il y a par ici. »

J’habite à Montréal, c’est une zone chaude. Il y a des gars qui vont se demander si c’est mieux de revenir ou de rester où ils sont, par exemple ceux qui sont dans un endroit des États-Unis ou ailleurs au Canada où le nombre de cas est plus faible.

Paul Byron

Et si jamais il y a un joueur qui se retrouve avec un test positif au moment où toutes les équipes auront planté leurs tentes dans un lieu qui reste à déterminer ? « On est jeunes et on est en forme mais on ne sait jamais… ça en prend juste un qui tombe malade pour que tout se mette à changer rapidement », a répondu Byron.

Ce qui est certain, c’est que les joueurs comprennent très bien que ce sont avant tout les dollars qui mènent cet épineux dossier ; plusieurs experts ont chiffré les pertes du circuit à environ un milliard de dollars depuis le début de la présente crise. « Nous sommes conscients du montant qui est à l’enjeu », a résumé Brendan Gallagher sans verser dans les détails.

Une deuxième chance pour le CH ?

En attendant de connaître la suite, les joueurs du Canadien peuvent rêver à une fin de saison 2019-20 qui n’était certes pas prévue. Au moment où tout s’est arrêté, le 12 mars, le Canadien était à 10 points d’une place en séries, et peinait à atteindre le fil d’arrivée, avec une récolte de seulement 4 victoires à ses 10 dernières parties, dont 3 défaites de suite.

Mais comme par magie, et aussi grâce au format d’un tournoi de 24 équipes qui a été adopté, l’équipe aura la chance de se racheter… si jamais le projet d’une fin de saison en été devait s’avérer.

« On ne sait pas encore si on pourra jouer cet été, rien n’est certain à 100 %, mais si on revient, oui, c’est une deuxième chance pour nous, a admis Paul Byron. Nous serons tous remis de nos blessures et notre équipe ne sera pas celle du mois de mars si on joue en juillet ou en août. Mais ce sera ainsi pour tout le monde ; les Penguins avaient des blessés eux aussi et ils seront sans doute tous de retour. »

Et puis enfin, si vous croyez que les joueurs du Canadien préféreraient ne pas participer à ce tournoi afin de mieux se concentrer sur le boulier de la LNH, eh bien non, ce n’est pas ça du tout.

« Un haut choix au repêchage ne vient pas garantir l’arrivée d’un bon joueur, mais une place en séries, ça donne une chance », a répondu Gallagher.