(Tampa) Ils ne le diront pas comme ça, mais les joueurs du Lightning de Tampa Bay auraient sans doute échangé leurs 62 victoires de la saison dernière contre une seule en séries éliminatoires.

Simon-Olivier Lorange
Simon-Olivier Lorange La Presse

Personne dans cette équipe – ni nulle part ailleurs, en fait – n’a oublié le balayage gênant dont ont été victimes les Floridiens au premier tour des séries du printemps dernier après avoir égalé le record de la LNH pour le plus de gains en saison régulière.

Avec seulement 16 matchs à disputer dans le présent calendrier, la formation se retrouve aujourd’hui avec une fiche enviable, certes, mais à échelle plus humaine. Surtout, elle assure qu’on ne l’y reprendra plus.

« Ce qu’on a vécu l’an passé, c’est un échec, on ne se le cachera pas », a lancé Yanni Gourde mercredi matin après l’entraînement du Lightning.

Le Québécois le reconnaît volontiers : la saison dernière, ses coéquipiers et lui n’avaient pas eu à surmonter de réelle épreuve d’octobre à avril. Sur 82 matchs, il n’en ont perdu que 16 en temps réglementaire et n’en ont jamais échappé 3 de suite. Puis tout s’est effondré face aux Blue Jackets de Columbus.

Dans une moindre mesure, ces difficultés se sont transposées au début de la présente saison, au point où à Noël, le Lightning n’était pas dans le portrait des séries. Depuis le 25 décembre, par contre, aucune équipe de la LNH n’a cumulé davantage de points au classement.

« L’an passé, on a frappé de l’adversité en séries et on n’a pas été capables de répondre, a encore dit Gourde. Cette année, on le voit d’une autre façon. On n’a pas eu le début de saison qu’on voulait ; même en décembre, on jouait bien, mais les points ne venaient pas. Puis en janvier, ç’a changé. »

Avec la récente perte de Steven Stamkos, dont on évalue l’absence à 6 à 8 semaines en raison d’une hernie sportive, le dernier droit de la campagne ne s’annonce pas de tout repos pour le Lightning. D’autant plus que, même avant la perte du capitaine, l’équipe se cherchait un peu.

Le directeur général Julien BriseBois a été très actif à l’approche de la date limite des transactions, acquérant les attaquants Blake Coleman et Barclay Goodrow par le truchement d’échanges et offrant un contrat au défenseur Zach Bogosian. Or la sauce tarde à prendre : depuis l’arrivée de Coleman, les Éclairs n’ont signé que deux victoires en sept matchs.

« Ça prend toujours un peu de temps pour que tout le monde se connaisse », a convenu l’entraîneur-chef Jon Cooper. Selon lui, l’adaptation n’est pas nécessaire que pour les nouveaux-venus, mais également pour ceux qui les accueillent.

N’empêche, « ce sont de bons gars qui sont arrivés, des gars passionnés », a repris Cooper. « On sait quoi faire, il faut juste retrouver notre chimie. »

Dans tous les cas, insiste Yanni Gourde, mieux vaut connaître ces difficultés « pendant la saison que seulement en séries comme l’an passé ».

Bon oeil, Yanni.

Après une défaite aux mains des Bruins, mardi soir, le Lightning tentera de retrouver son rythme jeudi contre le Canadien. Le Tricolore était en congé, mercredi.

Léthargie

Parlant de Gourde, il est présentement en voie de réchapper une saison qui, pour lui, se dirigeait lentement mais sûrement vers la catastrophe.

PHOTO ISAIAH J. DOWNING, USA TODAY SPORTS

Yanni Gourde

Ses 26 points en 64 matchs ne font rêver personne, pas plus que son différentiel de -8. Mais il y a trois semaines, c’était encore moins rose.

Du 26 novembre au 10 février, le Lightning a disputé 35 matchs. Au cours de cette séquence, Gourde n’a marqué aucun but. Aucun. Il s’est alors contenté de 6 mentions d’aide et cumulé une fiche de -11, une misère pour un attaquant notamment reconnu pour ses qualités défensives.

La libération est toutefois survenue contre les Penguins de Pittsburgh, le 11 février dernier, et pas à n’importe quel moment. Son entraîneur lui a fait confiance en prolongation, et c’est dans ces circonstances que le Québécois a mis fin à sa profonde léthargie. Il a depuis récolté 6 points en 10 matchs.

« Yanni donne tout ce qu’il a, a fait remarquer Cooper. Quand des gars connaissent des léthargies, on veut les aider et les placer dans des situations pour qu’ils débloquent. Et il en a marqué d’autres depuis. »

Alex Killorn, pour sa part, s’est dit impressionné par l’attitude de son coéquipier qui, assure-t-il, n’a jamais baissé les bras. « C’est frustrant pour tout le monde d’avoir des chances et de ne pas réussir à marquer. Mais après chaque match, il demeurait positif. Ça en dit long sur lui. »

Le principal intéressé n’a pas voulu faire tout un plat de la situation, qu’il est tout de même bien content d’avoir mise derrière lui.

« À partir de 20 matchs, ça ne me stressait plus, a-t-il raconté. Je n’y pensais plus, je voulais juste bien jouer. Je voulais faire une différence, et ça ne veut pas dire de marquer à chaque match. »

« Je travaillais fort et j’essayais d’amener autre chose, de garder mon identité, d’être bon en désavantage numérique, a ajouté Gourde. J’ai eu ma chance, j’ai marqué. Ça fait du bien. Mais des pannes sèches, ça fait partie de la game, ça arrive à tout le monde. »