Le Canadien amorce un voyage de trois matchs en quatre soirs contre des rivaux directs.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

C’est bien beau, gagner dans les Prairies et dans nos Rocheuses, mais c’est en Floride que le Canadien amorce (déjà) un (autre) voyage qui pourrait être déterminant pour sa saison. Comme on le répétait dans les salons huppés de la province en 2012 : pas le temps de niaiser.

Claude Julien a prévenu vendredi qu’il ne fallait pas se laisser « hypnotiser » par le classement. Mais la tentation est forte. À Tampa, samedi, la Flanelle affrontera une équipe qu’elle devance de seulement deux points, mais qui a disputé deux matchs en moins. Le lendemain, à Sunrise, il faudra remettre ça contre les Panthers, coincés entre le Canadien et le Lightning dans la division Atlantique.

Et ce ne sera pas plus facile le 31 décembre contre les Hurricanes à Raleigh, destination par excellence en Amérique pour une Saint-Sylvestre réussie. Les Canes, même s’ils évoluent dans la très corsée division Centrale, pourraient devenir de sérieux rivaux dans la dernière ligne droite de la saison si le Tricolore devait se battre pour l’une des deux places réservées aux équipes repêchées (wildcards).

Tant sur la glace que dans le vestiaire, vendredi matin au Complexe Bell de Brossard, ça respirait la confiance et la bonne humeur. Mais la prudence, également.

« On est très positifs, a dit Nate Thompson. Les gars ont profité de leur congé, on voit qu’ils sont prêts. »

Il y avait beaucoup d’énergie à l’entraînement. Tout le monde se sent bien, on veut continuer sur notre lancée et garder cette confiance.

Nate Thompson

Même Claude Julien s’est permis une pointe d’enthousiasme en soulignant que ses joueurs avaient particulièrement bonne mine à l’entraînement et qu’il les aurait volontiers envoyés dans l’action dès vendredi soir.

Mi-saison

Le début de la nouvelle année ne sera pas plus reposant que la fin de 2019, puisque le Lightning sera à Montréal dès le 2 janvier. Le Canadien disputera alors son 41e match et se retrouvera à l’exact milieu de sa saison.

Ici, Julien retrouve son proverbial sérieux et lance un avertissement.

« On a besoin de constance, ça va être de plus en plus difficile à partir de maintenant, a-t-il souligné. Si on pense que la première moitié de saison est moins importante que la deuxième, c’est qu’on a raté le bateau. »

« C’est une saison de 82 matchs, on se le rappelle depuis le début de la saison, surtout avec ce qui s’est passé l’année dernière », a indiqué Brendan Gallagher.

« Ce sera comme un combat de chiens jusqu’à la fin, a-t-il imagé. On ne peut se permettre d’échapper des points. »

Pour ne pas « échapper des points », le Canadien devra toutefois améliorer ses débuts de rencontre, et vite, lui qui a concédé le premier but à ses cinq dernières sorties. Trois fois, il s’en est tiré avec la victoire, mais « il ne faut pas en faire une habitude », a sagement observé Nate Thompson.

« Toute l’année, on a surmonté des déficits, mais il faudrait commencer à jouer avec l’avance », a ajouté le joueur de centre vétéran.

« Les 10 premières minutes sont un peu pénibles, on va essayer d’améliorer ça », a ajouté Claude Julien.

Blessés

Même s’il a convenu qu’il ne « contrôl[ait] pas ça », les blessures sont un autre défi cité par l’entraîneur.

On a appris vendredi que Joel Armia serait à l’écart du jeu pour quelques semaines en raison de la blessure à la main gauche qu’il avait subie à l’avant-veille de Noël à Winnipeg. Dommage pour Armia, qui était en voie de connaître la meilleure récolte offensive de sa carrière.

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

Joel Armia 

Interrogé pour savoir si le Finlandais devait subir une chirurgie, Julien a laissé passer un long silence, lèvres pincées, avant de répéter que son état serait réévalué « de semaine en semaine ».

Le verdict est identique pour Paul Byron, dont on peut se demander s’il n’a pas régressé dans sa rééducation. Son entraîneur a insisté pour dire que ce n’était pas le cas, mais le fait est qu’on n’a pas revu le numéro 41 depuis qu’il a participé à son seul entraînement complet, le 13 décembre dernier. Une vilaine chute l’avait alors projeté de plein fouet sur la bande. Quand Byron s’est blessé à un genou le 15 novembre dernier, on lui prédisait une absence de quatre semaines. Or, cela fait maintenant six semaines qu’il n’a pas joué.

Il y a de bonnes nouvelles, par contre. À Tampa, le Canadien pourra enfin compter sur Jesperi Kotkaniemi, qui a reçu le feu vert des médecins pour reprendre l’action. Vendredi, il s’est entraîné au centre du troisième trio en compagnie de Nick Cousins et de Jordan Weal. Il semble complètement remis de la commotion cérébrale subie au début du mois de décembre contre l’Avalanche du Colorado et qui l’a forcé à rater les huit derniers matchs de son équipe.

Visiblement, ni le choc à la tête ni le repos n’ont délié la langue du très peu loquace Kotkaniemi, qui s’est simplement dit « content d’être de retour ».

« Ça a pris du temps, c’était frustrant », a-t-il confié. « Ça fait du bien, ce n’est pas très amusant de patiner seul avec les thérapeutes », a ajouté celui qui a passé sa convalescence à « regarder la télé et jouer à la PlayStation ».

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

Jesperi Kotkaniemi

L’occasion est belle pour lui de racheter un début de saison laborieux – seulement 5 points en 22 rencontres.

Claude Julien a voulu modérer les attentes à son égard en mentionnant que « ce n’est pas facile pour un si jeune joueur de s’absenter si longtemps ».

Gallagher, lui, a été moins nuancé.

« Le rôle de troisième centre est extrêmement important, ce trio peut faire pencher la balance dans un match, a-t-il souligné. Chez [Kotkaniemi], le talent est là, on le voit bien. S’il peut se ressaisir et avoir une bonne fin de saison, ça peut être déterminant pour notre groupe. »

Le message pourrait difficilement être plus clair.

Un quatrième trio à la recherche de points

PHOTO SERGEI BELSKI, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

Ryan Poehling (25)

Blessures obligent, le quatrième trio a vu passer beaucoup de monde depuis le début de la saison. Au cours des six derniers matchs, Nate Thompson a toutefois trouvé en Ryan Poehling et Riley Barber des ailiers stables et efficaces. Ensemble, les trois joueurs n’ont été sur la glace pour aucun but de l’adversaire et ils ont eu le dessus tant au chapitre de la possession de rondelle que des chances de marquer. N’empêche, les trois ont été blanchis de la feuille de pointage. Ça ne semble pas émouvoir Claude Julien – « on ne leur demande pas de transporter l’équipe » –, mais les principaux concernés ne doutent pas d’arriver à contribuer davantage. « C’est une question de temps : si on continue d’accumuler les chances, les buts vont venir », a prévenu Thompson. « Je sais qu’on peut produire, mais si on peut créer et maintenir le momentum, il y a beaucoup de gars dans cette équipe qui peuvent mettre la rondelle dans le but », a ajouté Poehling.

Suzuki et Poehling pour remplacer Armia

Pendant une punition à Nate Thompson, à Winnipeg, Claude Julien a réuni Nick Suzuki et Ryan Poehling en désavantage numérique. Le duo s’est rapidement donné une chance de marquer en or à quatre contre cinq. Avec Armia hors de combat, il y a un poste à pourvoir à temps plein sur les unités spéciales. Et Julien a confirmé que les deux jeunes hommes auraient leur chance d’en profiter. Poehling, qui n’en demandait pas tant, se dit fin prêt à remplir ces nouvelles responsabilités. « Bien sûr que je peux aider ! a-t-il lancé. Je peux apporter ma contribution dans toutes les situations. Avec Nick [Suzuki], on a fait du bon boulot la dernière fois. On verra ce qui nous attend. » Quant à Suzuki, il prendra la place d’Armia à la droite de Max Domi et d’Artturi Lehkonen à cinq contre cinq.

Drouin patine

Il y avait un spectateur attentif à l’entraînement du Canadien en Jonathan Drouin, vendredi. Celui qui soigne une déchirure ligamentaire au poignet gauche ne porte plus d’orthèse. Environ une demi-heure après que ses coéquipiers furent rentrés au vestiaire, Drouin s’est élancé sur la patinoire et y a exécuté des exercices de patinage à haute intensité en tenant son bâton seulement avec sa main droite. À son sujet, Claude Julien a simplement indiqué qu’il « progressait » sans fournir davantage de détails. Drouin s’attendait à une convalescence de 8 à 10 semaines à la suite de sa blessure subie le 15 novembre dernier à Washington. Si cet échéancier est respecté, on pourrait donc le revoir en santé entre le 10 et le 24 janvier.