Pendant une courte période, en début de saison, les Blue Jackets de Columbus ont donné l’illusion de bien s’adapter à la perte de Sergei Bobrovsky, Artemi Panarin et Matt Duchene sur le marché des joueurs autonomes.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Columbus avait seulement trois défaites en temps réglementaire après dix matchs, mais les adversaires du Canadien, mardi soir au Centre Bell, ont remporté une seule de leurs sept dernières rencontres et s’éloignent déjà d’une place en séries éliminatoires.

Les Blue Jackets occupent le 13e rang sur 16 équipes dans l’Association de l’Est, à six points de la dernière place donnant accès aux éliminatoires.

Columbus, l’un des bons clubs offensifs de la LNH l’an dernier avec une moyenne de buts marqués par match de 3,12, occupe le 30e et avant-dernier échelon de la Ligue à ce chapitre cette saison. Les Blue Jackets viennent pourtant au septième rang pour la moyenne de tirs par matchs.

Le hockey demeure un sport collectif, mais on ne perd pas son meilleur compteur sans en souffrir ; Panarin a obtenu 87 points l’an dernier.

« Chacun des joueurs [perdus] nous apportait quelque chose, mais Bread [Artemi Panarin] était très créatif lorsqu’on attaquait le territoire adverse, répond Seth Jones quand on lui demand quel joueur perdu manque le plus aux Blue Jackets. Nous n’avons pas marqué très souvent de cette façon cette saison. »

Le manque d’opportunisme revient souvent dans les conversations chez les Blue Jackets.

Nous devons marquer des buts. Les buts donnent de l’énergie à une équipe. Nous n’avons pas de marge d’erreur si nous ne marquons pas de buts.

John Tortorella, entraîneur-chef des Blue Jackets

Le nouveau gardien numéro un des Blue Jackets, Joonas Korpisalo, connaît lui aussi des ratés. Pas facile de succéder à Bobrovsky, deux fois gagnant du trophée Vézina. Korpisalo montre une moyenne de 3,13 avec un taux d’arrêts de ,895. Il cédera sa place ce soir à la recrue Elvis Merzlikins, dont les statistiques en quatre matchs sont encore pires que celles de Korpisalo.

Le noyau en défense est heureusement demeuré le même avec Seth Jones, Zack Werenski, David Savard et Ryan Murray. « Avec ce qui s’est passé l’été dernier, nous avons un club différent et j’essaie d’être plus patient, dit Tortorella. Nous avons cinq ou six nouveaux joueurs et à nouveau l’un des clubs les plus jeunes de la Ligue. Ça ne m’empêche pas d’être rigoureux pour autant. »

« Pas loin de s’en sortir »

Les mines étaient joyeuses à l’entraînement lundi matin malgré la léthargie de l’équipe, et Tortorella semblait dans de bonnes dispositions, du moins lors de son point de presse.

« Nous vivons une période plus difficile, mais au lieu de se blâmer l’un et l’autre, il faut s’en sortir ensemble, dit-il. On s’est un peu perdus après nos 10 premiers matchs, mais j’aime encore le noyau de notre équipe. On n’est pas loin de s’en sortir. Nous avons prouvé nos qualités en début de saison. Nous vivons un bon test en ce moment. »

Columbus était coincé dans une situation particulière l’an dernier. L’organisation avait les chevaux pour espérer connaître de bonnes séries éliminatoires, sans savoir si Bobrovsky, Panarin et Duchene allaient accepter des ententes à long terme avec l’équipe. On a tout misé sur le printemps.

Après avoir balayé, à la surprise générale, le Lightning de Tampa Bay au premier tour, Columbus a perdu en six matchs contre les Bruins de Boston au deuxième tour.

Non seulement le trio de vedettes allait-il partir, mais le président John Davidson également. Un nouveau cycle de construction allait démarrer.

« On en a parlé un peu en début de saison, c’était juste de nouvelles occasions pour des jeunes d’occuper un rôle plus important », indique le défenseur québécois David Savard, désormais l’un des plus anciens du club à 29 ans.

« On a quand même bien fait en début de saison et on provoque des occasions à l’attaque. Il faudrait peut-être juste commencer à compter des buts de façon moins jolie. On a perdu des joueurs, c’est vrai. Mais Korpi [Korpisalo], on le connaît bien, il a eu de bonnes séquences par le passé quand Bobrovsky était blessé. Il joue bien. Ce n’est pas à cause de lui. On a de la difficulté à compter des buts, mais malgré le départ de Bread [Panarin]. Plusieurs connaissent une séquence difficile. »

Cam Atkinson, auteur de 41 buts l’an dernier, en a seulement 3 en 17 matchs cette saison. Nick Foligno en a seulement 1. Oliver Bjorkstrand, un attaquant sur lequel on comptait beaucoup, a six petits points, tout comme Boone Jenner. Josh Anderson a deux points en dix matchs.

Carey Price et le Canadien ne voudront sans doute pas aider leurs adversaires à retrouver leur confiance mardi soir…