Avant l’an passé, Jake Evans faisait partie des chanceux sur la planète hockey : dans toutes ses années sur les patinoires, il n’avait jamais subi de commotion cérébrale.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

Mais cela a brusquement changé le 8 septembre 2018.

Cela a changé quand Evans a été frappé à la tête lors du tournoi des recrues par Jonathan Aspirot, un défenseur de l’équipe des espoirs des Sénateurs d’Ottawa. Les images d’un Evans inconscient, allongé sur une civière au moment de sortir de la patinoire, avaient de quoi donner froid dans le dos… en plus de poser de sérieux doutes sur la suite de son histoire en tant que joueur de hockey.

« Ce n’est pas le départ que j’aurais souhaité à ma carrière professionnelle, répond-il sans hésiter, un an plus tard. Je me sentais bien en arrivant ici, et cette blessure a mené à une perte de confiance. Ce n’est pas que j’ai perdu de mes capacités physiques, mais le fait de rester à l’écart pendant deux semaines comme ça, c’est sûr que ça te fait prendre du retard sur les autres. »

PHOTO GRAHAM HUGHES, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

L'an dernier, Jake Evans a été frappé à la tête lors du tournoi des recrues par Jonathan Aspirot, un défenseur de l’équipe des espoirs des Sénateurs d’Ottawa.

Le centre de 23 ans le répète souvent : dans le fond, il a été chanceux de pouvoir s’en sortir, et de pouvoir poursuivre sa carrière sans trop d’ennuis, lui qui est ensuite allé à Laval pour y récolter 45 points en 67 rencontres avec le Rocket en 2018-2019.

Parce que cela aurait pu être bien pire, et il le sait.

« J’ai grandi à Toronto et mon meilleur ami, Nick Eustace, a dû abandonner le hockey à 16 ans en raison des commotions cérébrales. C’était un très bon joueur, en plus, alors je suis au courant de ce que ça signifie, je comprends les problèmes qui peuvent survenir à la suite d’une telle blessure.

« J’ai été malchanceux il y a un an, mais chanceux aussi de pouvoir m’en sortir assez rapidement, sans avoir de séquelles alors que c’est souvent le cas. J’étais un peu étourdi quand je devais sortir en public après ce coup-là, mais je n’ai pas eu à composer avec des gros maux de tête ou quelque chose comme ça. Tout est rentré dans l’ordre quand même assez vite. »

Du même coup, Evans insiste pour dire qu’il a pris tout son temps au moment de revenir au jeu, qu’il ne voulait surtout pas précipiter les choses. Ce qui n’est pas si facile à faire pour un jeune qui se bat pour une place et qui essaie de se faire un nom. Encore moins pour un joueur comme lui, un lointain choix de septième tour au repêchage de 2014. « Ce n’était pas le bon moment pour subir une blessure, mais à cause de ce qui est arrivé à mon ami, je préfère être prudent », ajoute-t-il.

Un tournoi important

Et le voici donc au présent camp des recrues, lui qui va se préparer, avec les autres recrues du Canadien, à affronter les espoirs des Jets de Winnipeg et des Sénateurs d’Ottawa lors du tournoi présenté à Belleville, en Ontario, en fin de semaine. Un tournoi important pour lui, dans la mesure où le temps presse un peu, et aussi dans la mesure où il y aura des postes à pourvoir au camp du Canadien dans une semaine.

Evans, qui a passé toute la saison dernière à jouer au centre avec le Rocket, se tient prêt à toute éventualité. Ce n’est d’ailleurs pas un secret qu’il semble y avoir un trou à l’aile droite avec le grand club en vue de la saison qui s’en vient… « J’ai joué au centre avec le Rocket, mais si on me demande de passer à l’aile, je vais le faire… J’aurais certainement des ajustements à apporter à mon jeu, mais j’ai joué à l’aile dans les rangs universitaires, quand j’étais avec l’Université Notre-Dame. Je suis capable. »

Pour Jake Evans, de toute façon, ce ne serait pas si énorme que de devoir changer de position. Ce qu’il a pu surmonter il y a un an est pas mal plus énorme que ça.