(Victoriaville) Jonathan Drouin se dit satisfait des « trois quarts de la dernière saison ».

Jean-François Tremblay Jean-François Tremblay
La Presse

Il exclut bien sûr sa terrible séquence d’un seul but en 26 matchs, en pleine course aux séries, qui lui a laissé un goût amer.

Cette longue traversée du désert est venue plomber une campagne qui s’annonçait, et de loin, comme la plus productive de sa carrière. Il a finalement terminé la saison avec 18 buts et 35 aides, pour 53 points, ce qui égale quand même son sommet personnel.

N’empêche, Drouin reconnaît qu’il attend avec impatience la prochaine saison, pour effacer ce mauvais souvenir. Pour changer le sujet de conversation quand on lui parle de bilan. Pour arrêter d’être « un bon joueur, mais… ».

Reste qu’il doit s’assurer de ne pas commettre les mêmes erreurs. D’abord, Drouin veut devenir plus léger pour regagner la vitesse de ses 19 ans. Il s’est aussi offert cet été quelques séances de vidéo avec Dominique Ducharme.

Ducharme est l’entraîneur qui avait fait de lui une machine à marquer des buts avec les Mooseheads de Halifax, lors de ses années juniors. Plusieurs fois la saison dernière, Drouin a souligné l’apport de l’entraîneur adjoint du Canadien dans le développement de son jeu.

Je dois regarder pourquoi il y a eu une séquence difficile. Je vais regarder des vidéos avec Dominique [Ducharme] pour comprendre ce qui est arrivé. Pour ne pas le revivre l’année prochaine.

Jonathan Drouin

« Il y a une raison pour laquelle ça n’a pas marché. Je suis content de mon année, j’avais une belle progression, sauf cette séquence de 20 matchs.

« Des fois, c’est le fun, regarder un mauvais match, pour comprendre ce qui est arrivé. »

Jeune vétéran

Drouin fait partie du groupe de ceux qu’il convient d’appeler « jeunes vétérans ». Malgré ses 24 ans, il a déjà joué 345 matchs dans la LNH. Il veut profiter de ce statut pour jouer un rôle de mentor. À titre d’ancien espoir de premier plan lui-même, il comprend très bien ce que vivent les Nick Suzuki ou Cole Caufield, qui tenteront de se distinguer au prochain camp.

« Marc Bergevin et l’équipe de recrutement ont fait du très bon travail. C’est un beau problème à avoir, des jeunes qui ont du talent. […] Des fois, comme jeune, tu es nerveux avec des gars plus vieux, comme Shea Weber. Ce n’est pas la même expérience. Il y a une raison pour laquelle tu as été repêché, c’est que tu es capable de jouer. Tu dois rester calme et ne pas trop changer.

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

En signant des autographes, Jonathan Drouin a évidemment fait le bonheur des plus petits qui s’étaient déplacés au club de golf de Victoriaville, hier.

« Ce n’est pas moi qui vais leur apprendre comment jouer au hockey. C’est plus pour les guider dans les petites choses. Il va y avoir des moments difficiles dans leur carrière, je vais essayer de leur offrir mon appui. »

Enfin, au sujet de Matt Duchene qui aurait rencontré la direction du Canadien, Drouin y voit surtout le signe que Montréal est redevenu une destination attrayante pour les joueurs.

« C’est un des meilleurs joueurs offensifs de la LNH. C’est un talent très rare, il a une belle vision du jeu. Ce serait bien d’avoir un joueur de centre comme lui à Montréal. »