(Boston) Pour atteindre la finale de la Coupe Stanley, pour sortir victorieux des guerres de tranchées, ça prend un excellent quatrième trio. Les Blues de St. Louis en ont un, les Bruins de Boston aussi. Ce n’est pas un hasard.

Jean-François Tremblay Jean-François Tremblay
La Presse

En ce jour de deuxième match de la finale, prenons un instant pour parler de celui des Bruins. Pourquoi celui-là? C’est qu’il a presque à lui seul changer le cours du premier match de la série, remporté 4-2 par les Bruins.

Ce quatrième trio, c’est Sean Kuraly au centre, flanqué de Noel Acciari et de Joakim Nordstrom. Après une période et des poussières, le gros trio des Bruins, avec Patrice Bergeron, Brad Marchand et David Pastrnak, était dominé. Leur opposition, le trio de Brayden Schenn, Jaden Schwartz et Vladimir Tarasenko avait déjà inscrit deux buts, dont un sur un juteux revirement.

C’est là que l’entraîneur des Bruins Bruce Cassidy a brassé ses cartes. Il a donné la mission à son quatrième trio de contrer le gros trio des Blues. Une subtile partie d’échecs… qu’il a largement gagnée.

Quel sera le plan de l’entraîneur pour le match de ce soir?

«On va probablement revenir à une confrontation Bergeron contre Schenn, a reconnu Cassidy. Je ne sais pas si on va commencer comme ça, on verra. On l’a fait toute l’année, Bergeron avait la confrontation difficile. Il affrontait ceux que l’on voyait comme les plus grandes menaces. Ils (le premier trio des Bruins) n’ont pas été mauvais lors du premier match, ils ont simplement commis trop de revirements. Contre leur premier trio, si on gère mal la rondelle, ils te feront payer. Ils nous ont fait payer. Kuraly joue un style linéaire, plus robuste. On a pensé que ce serait une meilleure manière de les contrer.»

Revenons un instant à Kuraly. Un simple coup d’œil à l’évolution de son temps de glace montre à quel point il est devenu un incontournable du plan de match.

À ses débuts dans la LNH, en 2016-2017: 9 minutes 12 secondes en moyenne par match. Ça a grimpé à 12:15 la saison suivante, puis 13:46 cette année. En séries? 15:37.

Le rôle de Kuraly

Dans le premier match de la finale, il a marqué le but gagnant grâce au travail acharné de Acciari. Il avait aussi amorcé la remontée avec une belle passe sur le but de Connor Clifton. Surtout, il a calmé les ardeurs des canons offensifs des Blues.

«Je connais mon rôle, a dit Kuraly. Chaque joueur amène quelque chose de différent. Si je veux aider l’équipe, je sais ce que j’ai à faire. J’ai toujours été comme ça. Certains amènent du grand talent, d’autres des tirs de qualité. Je sais ce que j’amène. J’utilise mon énergie pour l’échec-avant et c’est ce qu’on attend de moi. On a prouvé que si on le fait et que tout le monde fait sa part, nous allons gagner.»

Cassidy a expliqué qu’il a eu confiance en son joueur dès la série contre les Sénateurs d’Ottawa, il y a trois ans. Kuraly venait de faire son entrée dans la ligue, et il avait marqué deux buts en quatre matchs.

«On a vu dès lors que la grandeur du moment n’allait pas le déranger.»

D’ailleurs, la performance du quatrième trio des Bruins n’est pas passée inaperçue dans le camp des Blues. David Perron a été le premier à l’admettre.

«On connaît tous les joueurs après un certain temps. Mais il y a certains détails. On a vu que leur quatrième trio était vraiment efficace, même si on en avait entendu parler avant la série. Ils ont marqué deux buts très importants. C’est un trio pour lequel on devra être un petit peu plus attentifs. Notre quatrième trio, c’est la même chose. Ils ont surpris toutes les équipes depuis le début des séries.»

Par ailleurs, l’entraîneur des Blues Craig Berube a confirmé que Robert Thomas ne sera pas du match de ce soir puisqu’il est blessé. Il a toutefois ajouté que cette absence n’avait rien à voir avec la mise en échec percutante de Torey Krug lors du premier match.

L’habile défenseur Vince Dunn sera aussi absent. Il a raté les quatre derniers matchs après avoir reçu une rondelle au visage.