Tomas Plekanec n'a jamais été perçu comme un marqueur de premier plan, mais il a jadis été un joueur de 70 points, de 57 points, un joueur de 60 points il y a deux ans à peine. C'est pourquoi la sécheresse offensive qu'il vit ces jours-ci commence à lui peser un peu.

Mis à jour le 18 nov. 2016
Richard Labbé LA PRESSE

«Il y a un seul but à ma fiche, a-t-il dit hier à Brossard, avant de sauter dans l'avion avec le reste de l'équipe. Bien sûr que c'est un poids sur mes épaules. J'aimerais bien avoir cinq ou six buts à ma fiche. Est-ce que je pourrais avoir cinq ou six buts présentement? Probablement, mais je ne les ai pas, et c'est à moi de trouver une façon de convertir mes chances de marquer.»

Au moment où le Canadien se prépare à affronter les Hurricanes, ce soir en Caroline, la fiche de Plekanec n'est certes pas celle d'un joueur qui se dirige vers une saison de 60 points, comme il l'a fait en 2014-2015. Le vétéran a seulement un but et quatre aides au compteur, et il n'a aucun point à ses quatre derniers matchs. Les plus méchants feront remarquer que son seul but s'est avéré un cadeau de la part d'un gardien des Flyers de Philadelphie un peu trop généreux.

Dans le camp montréalais, on aime souvent rappeler l'efficacité de Plekanec dans les missions défensives, mais en cette ère de plafond salarial et de chiffres analysés sous tous les angles, un joueur comme lui, dont le salaire a un impact de 6 millions de dollars sur la masse salariale, doit souvent offrir plus que du jeu défensif.

«C'est bon d'empêcher les meilleurs joueurs adverses de marquer, mais tu ne veux pas non plus rester à l'arrière sans rien faire en attaque.»

Quand on lui demande ensuite s'il peut encore être un homme de 60 points, Plekanec hésite un peu.

«Je ne sais pas si je peux atteindre ce chiffre. Ça dépend toujours du rôle qu'on te donne. Je ne joue plus vraiment en avantage numérique, et il y a plusieurs éléments qui sont nécessaires pour être en mesure de jouer avec ce petit extra au chapitre de la confiance. Mais ce n'est pas un drame. Nous avons une très bonne équipe, et mon rôle aide l'équipe à gagner. Je ne cherche pas à savoir si je vais récolter 40, 50 ou 60 points cette saison. J'essaie seulement de trouver une façon et d'obtenir plus de buts.»

C'est le bout le plus difficile selon Plekanec, qui jure que, physiquement, tout va très bien. Il ne cache pas une blessure ou quelque chose comme ça. Rien. C'est juste que, ces temps-ci, la rondelle ne roule pas du proverbial bon côté.

«Des fois, tout va directement dans le filet et des fois, il pourrait y avoir deux filets déserts côte à côte et je raterais la cible quand même. C'est comme ça. C'est drôle mais c'est frustrant, et ce n'est pas facile de passer à travers ça. Mais l'équipe joue bien et quand tu gagnes, ça se prend mieux.

«Une telle disette, si c'est parce que tu ne te sens pas bien physiquement ou que tu as du mal à patiner - et ce n'est pas mon cas -, c'est plus facile de s'en sortir, parce que tu peux te mettre à travailler plus fort. Tu peux aller au gym, sauter sur le vélo stationnaire ou aller courir. Mais je me sens bien physiquement. Il faut seulement que je m'en sorte, que je trouve une façon.»

Malgré tout ça, Plekanec garde le moral. En plus, ce n'est pas comme s'il n'obtenait pas d'occasions. En fermant les yeux, il revoit encore ce filet presque désert qu'il a raté l'autre soir contre les Panthers de la Floride...

«J'ai des occasions de marquer, mais on dirait que je ne suis pas capable d'atteindre quoi que ce soit présentement. La saison est encore jeune. Je ne lâche pas. Ça va finir par arriver...»