Le Canadien n'a pas fait que survivre, jeudi soir à Tampa Bay en battant le Lightning 6-2. Il a fait une vibrante démonstration de vie. Ses cinq buts sans riposte dans les 30 premières minutes ont été autant de cris du coeur. Les nombreux lancers frappés, comme ceux qui ont mené aux buts de David Desharnais et de Brendan Gallagher, avaient l'air d'être des exutoires. Des gestes libérateurs.

Mis à jour le 8 mai 2015
Marc Antoine Godin LA PRESSE

Le but de Desharnais, mal contrôlé par la mitaine du gardien Ben Bishop, a conclu la soirée de travail du grand gardien, qui a cédé trois fois sur seulement 14 lancers.

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Le Canadien entendait jouer avec l'énergie du désespoir pour poursuivre sa saison au-delà de ce premier match-suicide. Or, on a vite réalisé qu'il jouait davantage avec confiance qu'avec désespoir. Avec comme résultat que tout le monde retourne à Montréal où le Tricolore tentera samedi de réduire le déficit de 3-1 qu'il accuse encore dans cette série.

«Je sais une chose. Je connais ces gars-là et je sais qu'ils vont continuer de se battre», a insisté Michel Therrien.

Pacioretty se lève

On parle souvent de l'importance du premier but dans un match de hockey. C'est un cliché qu'on nous rabat sans cesse, mais qui prenait tout son sens dans la rencontre de jeudi. Si le Tricolore accordait le premier but et permettait au Lightning et ses supporters de bomber le torse davantage, les vannes auraient très bien pu s'ouvrir.

Elles se sont ouvertes... mais pas du côté où on l'aurait pu imaginer.

Andrei Markov a aligné les astres en lançant le Tricolore en avant après seulement 2:44 de jeu et sur le tout premier tir de son équipe. Un bel échange de Max Pacioretty à P.K. Subban à Markov a mis la défensive des locaux en déséquilibre... y compris Ben Bishop qui a laissé une ouverture béante dont le vétéran russe a profité.

«On avait eu une bonne réunion avant le match et je ne sentais pas de panique, je sentais un club qui voulait continuer dans la même veine, a indiqué Therrien.

«Mais c'est sûr que le but en début de match nous a donné beaucoup de confiance.»

Pacioretty, qui a temporairement quitté le match en deuxième période après s'être blessé à la main droite, a doublé l'avance des siens en infériorité numérique lorsqu'une lumineuse passe du revers de Tom Gilbert, le long de la bande, lui a permis de bénéficier d'une échappée.

Ce but-là a calmé les ardeurs des partisans du Amalie Arena, pourtant très bruyants en début de soirée.

Pacioretty a joué comme un capitaine, jeudi.

Libérations

Tout juste 21 heures plus tôt, le Canadien avait perdu de façon crève-coeur avec à peine 1,1 seconde à faire au match. Parvenir à se remettre d'une telle gifle n'allait pas être facile. Or, il a démontré qu'il n'entendait pas baisser les bras et devenir la première équipe dans l'histoire de la Ligue nationale à balayer une équipe en séries pour ensuite se faire servir la même médecine par le même adversaire l'année suivante.

Ça arrive peut-être un peu tard dans la série, mais il a enfin trouvé le moyen de battre le Lightning après huit revers consécutifs contre sa bête noire. Bishop, qui en est à ses premières séries, n'avait évidemment jamais perdu dans les circonstances face au CH. Mais même en saison, le grand gardien ne s'est incliné qu'une seule fois en temps réglementaire en 14 matchs face aux Rouges. Non seulement d'avoir enfin raison de lui, mais de le chasser de la rencontre à mi-chemin dans le match, a dû être particulièrement satisfaisant pour les hommes de Michel Therrien.

Un but en avantage numérique de Jeff Petry a accueilli l'auxiliaire Andrei Vasilevskiy. Voilà autre chose de libérateur, un deuxième but seulement en 29 supériorités pour le Canadien. Au moins la léthargie est allée prendre l'air!

Au total, le CH a tiré 40 fois sur le filet du Lightning qui, en retour, ont envoyé 24 rondelles sur Carey Price.

Seule ombre au tableau dans cette soirée: le Tricolore s'est fait rappeler que l'indiscipline peut lui coûter cher. Il s'est fait coller deux autres buts lors d'avantages numériques au Lightning. Mais dans un match où il a enfin pu déchaîner son attaque et où il a une fois de plus contrôlé le jeu à forces égales, ça demeure une note de bas de page.