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Hockey mineur: haro sur la mise en échec

À l'heure actuelle, les mises en échec sont... (Photo Stéphane Champagne, archives La Voix de l'Est)

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À l'heure actuelle, les mises en échec sont permises à partir de l'âge de 13 ans au Québec, mais uniquement dans le hockey double et triple lettre.

Photo Stéphane Champagne, archives La Voix de l'Est

Inquiété par les commotions cérébrales et la perte de centaines de jeunes joueurs, Hockey Québec réfléchit à la pertinence d'interdire encore davantage les mises en échec chez les hockeyeurs de moins de 18 ans, a appris La Presse.

Dès la saison prochaine, les mises en échec pourraient être interdites dans les catégories bantam BB, bantam CC et peut-être même midget BB. Près de 5000 joueurs de 14 à 17 ans seraient touchés par cette décision, qui doit être prise dans les prochains mois par le conseil d'administration de Hockey Québec.

En entrevue, le directeur général de la fédération confirme la nouvelle. Selon lui, à peu près tous les intervenants s'entendent déjà pour interdire les mises en échec au niveau bantam CC dès la prochaine saison. La question d'étendre la mesure au bantam BB et au midget BB sera aussi débattue.

«Cette proposition est sur la table. Des décisions vont être prises dès cette saison pour la saison prochaine, note Sylvain Lalonde, directeur général de Hockey Québec. Les échos sont très positifs. Il y a une prise de conscience de nos dirigeants partout en région sur la sécurité des joueurs.»

À l'heure actuelle, les mises en échec sont permises à partir de l'âge de 13 ans au Québec, mais uniquement dans le hockey double et triple lettre.

M. Lalonde note que certains joueurs pee-wee craignent d'aller jouer dans le bantam BB ou CC à cause des contacts physiques.

«C'est important pour nous de prendre cette réalité en compte. On retiendrait peut-être plus de joueurs si on n'avait pas de mises en échec à ce niveau», dit le directeur de l'organisme.

Dans un document de réflexion que Hockey Québec a remis à ses membres, la fédération note qu'elle perd plus de 2000 joueurs entre les niveaux pee-wee et bantam. Elle estime que la crainte des commotions cérébrales explique en partie cette baisse. «On observe cette préoccupation aussi chez les parents», ajoute M. Lalonde.

Débat en vue

La réflexion de Hockey Québec s'ancre dans un débat plus large sur les commotions cérébrales dans le sport.

Pendant 27 ans, le Québec a été la seule province à interdire les mises en échec chez les joueurs de 11 et 12 ans (pee-wee). Mais cette saison, pour la première fois, les autres provinces ont décidé de lui emboîter le pas. Leur décision a été entre autres motivée par les résultats d'une étude de 2010 qui démontrait que les hockeyeurs pee-wee de l'Alberta risquaient quatre fois plus de subir une commotion cérébrale que ceux du Québec.

Pendant toutes ces années, Hockey Québec a essuyé les critiques de certains parents et journalistes qui jugeaient que la province faisait fausse route. À ses débuts à la barre de Hockey Québec il y a huit ans, Sylvain Lalonde rappelle que la province était montrée du doigt. «Dans certaines provinces, on réclamait les mises en échec au niveau atome», racontait-il récemment.

Cette fois encore, il pourrait y avoir des résistances. «Ça va heurter des gens. Certaines personnes vont réagir fortement, croit Dave Ellemberg, chercheur de l'Université de Montréal. Il y a peut-être des parents qui vont croire que leur enfant, parce qu'il joue bantam CC sans mise en échec, ne se développe pas suffisamment. Mais je pense que certaines personnes ne comprennent pas encore les conséquences des commotions cérébrales.»

Dave Ellemberg, auteur du livre Les commotions cérébrales dans le sport, voit d'un oeil favorable l'intention de Hockey Québec de réduire encore davantage le bassin de joueurs soumis aux mises en échec. «C'est audacieux, mais en même temps, je pense qu'on est rendus là», dit-il.

La direction de Hockey Québec est en faveur du projet. C'est d'ailleurs elle qui l'a soumis à ses membres. Elle entend les consulter encore dans les prochains mois, surtout sur la pertinence d'étendre la mesure au niveau midget BB (15 à 17 ans).

Le conseil d'administration de l'organisme devra trancher avant l'assemblée générale qui aura lieu en mai prochain. Tout indique que la mesure sera adoptée. Le Québec deviendrait ainsi la province la plus sévère au pays au chapitre des mises en échec.

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Les mises en échec aujourd'hui

Les mises en échec sont actuellement permises dans 9,8% des équipes masculines de hockey mineur au Québec.

  • Bantam: AAA, AA, BB et CC
  • Cadet et juvénile
  • Midget AAA, Espoir, AA et BB

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Des joueurs perdus

Hockey Québec s'inquiète de la baisse du nombre de hockeyeurs entre les niveaux pee-wee et bantam. La fédération estime que l'introduction des mises en échec à 13 ans serait un facteur de «décrochage» pour certains jeunes. Voici le nombre de joueurs de hockey au Québec dans différents groupes d'âge*.

  • Novice (7 et 8 ans): 15 210
  • Pee-wee (11 et 12 ans): 15 975
  • Bantam (13 et 14 ans): 13 905

* Source: Hockey Québec




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