À chaque match de la série entre le Canadien et les Rangers, Mathias Brunet ciblera un joueur par équipe dont le rôle est comparable et analysera en détail leur performance. Pour le cinquième match de cette série de finale de l'Est, il a observé le travail des ailiers Brendan Gallagher et Chris Kreider.

Mis à jour le 28 mai 2014
Mathias Brunet LA PRESSE

Malgré leur jeune âge, Gallagher et Kreider n'occupent pas un poste au sein du trio de leurs équipes respectives par hasard.

Ils ont du talent, certes, mais ils sont aussi hargneux, sans peur et sans reproche, toujours prêts à accomplir de sales besognes pour déranger l'adversaire et marquer des buts. Et, surtout, tous deux carburent à la pression.

Le match idéal, donc, pour ces deux garçons brillants dans les moments de haute tension. Gallagher a été très bon, comme à son habitude, mais Kreider encore meilleur.

Celui qui a été repêché au 19e rang en 2009 au Centre Bell dans l'indifférence générale, puisque les fans n'en avaient que pour Louis Leblanc, repêché un rang au-dessus, a disputé un grand match hier avec quatre points.

Ce colosse de 6 pieds 3 pouces et 230 livres a pourtant commencé la rencontre sur une fausse note puisqu'il a écopé d'une punition coûteuse dès la 22e seconde aux dépens de P.K. Subban, mais il a su se faire pardonner.

À mi-chemin en première, il a effectué une courte passe à Derek Stepan en pleine vitesse en zone neutre et celui-ci a déjoué Tokarski de loin. Le jeu semblait banal, mais Kreider était stationnaire et il a joué intelligemment.

Gallagher, très inspiré, intense en poursuite de rondelle, a réalisé le jeu le plus spectaculaire du match en deuxième sur un but qui aurait dû enterrer les Rangers.

Sa pirouette devant Marc Staal, avant de remettre en pleine chute à Max Pacioretty, qui a fait mouche, était belle à voir. Un peu de chance? Peut-être. Mais bravo pour l'audace.

À 3-1, puis 4-1 sur le premier but de Bourque, Gallagher semblait destiné au titre de héros.

Mais les Rangers et Kreider n'avaient pas dit leur dernier mot devant un Tokarski chancelant. Kreider venait d'obtenir un tir de l'embouchure du filet, quand le gardien du CH a bêtement repoussé le disque devant lui sur la palette de Stepan.

Et Kreider, ce même attaquant qui a blessé Carey Price lors du premier match, était encore garé devant le but lorsqu'il a attendu la belle passe de Ryan McDonagh pour faire 4-4.

On l'a même préféré à Rick Nash en supériorité numérique de deux hommes en troisième.

Mais un athlète complexe et insaisissable du nom de Rene Bourque a jeté de l'ombrage sur la performance du jeune Kreider...