Le Lightning de Tampa Bay a beaucoup changé depuis son dernier match contre le Canadien.

Mathias Brunet LA PRESSE

L'entraîneur s'appelle désormais Jon Cooper et le style de l'équipe a été complètement modifié.

«Il favorise la possession de rondelle et il donne plus de liberté aux défenseurs», dit le capitaine Vincent Lecavalier, qui affronte le Canadien ce soir au Centre Bell.

Les troupes semblent bien s'accommoder de cette nouvelle latitude, mais l'adaptation ne se fait pas toujours sans heurts. Le Lightning a une fiche de 4-5-3 depuis l'arrivée de Cooper.

«Il va falloir trouver un juste milieu, parce que parfois, les gars sont perdus. Le système de Guy [Boucher] était plus rigide. Celui de Jon nous donne beaucoup plus de liberté. Des fois, on ne sait plus quoi faire avec la rondelle, parce qu'on a répété les mêmes gestes pendant des années. Il faut se défaire du moule. Se débarrasser de la rondelle (chip) est la dernière option avec Cooper.»

Boucher a-t-il été victime de sa philosophie de coaching? Lecavalier n'en sait rien.

«Peut-être que Steve Yzerman voulait un style de possession de rondelle, répond-il. Et Cooper a gagné des championnats dans la Ligue de la côte Est et la Ligue américaine avec son système. Mais en fin de compte, n'importe quel système de jeu peut vous permettre de gagner si l'équipe au complet l'achète.»

Le Lightning a pourtant commencé la saison en force en remportant six de ses sept premiers matchs.

«Je ne sais pas ce qui a pu se passer. On a commencé à perdre et nous n'avons jamais réussi à nous sortir de ce pétrin. Et quand tu perds, c'est facile de commencer à montrer du doigt. C'est souvent le coach qui paye, parce qu'il faut provoquer quelque chose. Mais ce n'est pas sa faute, ce n'est pas lui qui joue, pas lui qui tient nos bâtons ou qui patine pour nous.»

Au moment du congédiement de Boucher, Lecavalier, Benoît Pouliot et Ryan Malone étaient blessés. Les gardiens étaient Cédrick Desjardins et Mathieu Garon.

Depuis, Steve Yzerman a acquis le géant Ben Bishop des Sénateurs d'Ottawa en retour de la prometteuse recrue Cory Conacher. Bishop a une fiche de 2-3-1 et une moyenne de 3,13, mais un excellent taux d'arrêts de .916.

«Même dans les entraînements, on ne sait plus où lancer tellement il couvre de l'espace. On ne voit pas le filet derrière lui. Il est costaud, il a une bonne technique et il contrôle bien la rondelle. On joue avec confiance avec lui.»

Même si Tampa est 25e au classement général, Lecavalier a bon espoir de voir l'équipe connaître une bonne saison dès l'an prochain.

«On a les outils pour réussir. Si on se reporte à janvier, après les premiers matchs, j'étais convaincu qu'on terminerait dans le top 3 dans l'Est. C'est ça qui est frustrant. C'est une saison décevante, il n'y a rien d'autre à dire que ça.»

Lecavalier, 32 ans, quatrième compteur de l'équipe avec 28 points en 34 matchs, dit ne pas avoir reparlé à Boucher depuis son congédiement.

«Je lui ai laissé des messages, mais on ne s'est pas parlé de vive voix. Il a quitté avec classe et a pris le temps de remercier tout le personnel de l'aréna.»