L'avenir de la lutte contre le dopage au hockey, au football, au baseball et au basketball passe par le passeport biologique, selon l'Agence mondiale antidopage (AMA). L'organisme chargé de promouvoir la lutte contre le dopage sportif estime que cette méthode est la mieux adaptée pour attraper les tricheurs.

Mis à jour le 17 févr. 2013
Gabriel Béland LA PRESSE

«Nous aimerions parler du passeport biologique aux ligues dans un avenir rapproché, a révélé David Howman, rencontré dans les bureaux montréalais de l'AMA. L'un des plus gros enjeux pour nous dans les prochaines années consiste à développer le passeport et à en élargir l'usage dans tous les sports. En d'autres mots, nous aimerions que le passeport devienne un aspect obligatoire des programmes antidopage.»

Le passeport biologique est un document électronique qui recense le profil hématologique et endocrinologique des athlètes. Il s'agit d'un mécanisme essentiellement différent des contrôles antidopage: plutôt que de déceler le produit dopant, il en détecte les effets.

L'Union cycliste internationale l'utilise depuis 2007. Le passeport lui permet par exemple de dépister l'érythropoïétine (EPO) en mesurant l'hématocrite (taux de globules rouges dans le sang).

«Le passeport est-il infaillible? Non, mais il donne beaucoup plus d'informations, note M. Howman. En plus, le passeport se développe maintenant pour retracer les stéroïdes.»

À cause de son coût élevé, très peu de sports professionnels l'utilisent. La Fédération internationale de tennis a annoncé à la fin du mois de janvier qu'elle aurait recours au passeport, dans la foulée de déclarations de Novak Djokovik - qui a affirmé qu'il n'avait pas subi de contrôle depuis «six ou sept mois».

Les ligues professionnelles nord-américaines n'ont pour l'instant aucun projet en ce sens. Mais l'AMA a bon espoir de les convaincre des bienfaits du passeport. L'Agence rencontre ces ligues deux fois l'an pour discuter de lutte contre le dopage.