À moins d'un énorme et improbable revirement de situation, il faudra faire une croix sur la saison de 82 matchs dans la Ligue nationale de hockey (LNH).

Richard Labbé LA PRESSE

Sans surprise, la LNH a confirmé hier l'annulation de rencontres supplémentaires. Cette fois-ci, ce sont les matchs jusqu'au 30 novembre qui sont rayés du calendrier. La Classique hivernale, prévue pour le 1er janvier, pourrait aussi subir le même sort très bientôt.

En tout, 326 parties du calendrier régulier ont été annulées depuis le début du lock-out, le 15 septembre.

Dans un communiqué, les deux parties ont en quelque sorte présenté leurs excuses aux partisans, et Don Fehr, patron de l'Association des joueurs, a tenu à rappeler que la dernière offre de la ligue était du genre «à prendre ou à laisser». Les deux parties n'ont pas tenu une seule rencontre depuis celle du 18 octobre, à Toronto.

Dans un échange de courriels avec La Presse, Bill Daly, numéro deux de la Ligue nationale, a expliqué que le circuit devra essuyer des pertes d'environ 720 millions de dollars en raison de tous les matchs annulés jusqu'ici, incluant ceux de novembre.

«Ceci comprend les profits perdus aux guichets, aux boutiques et aux comptoirs, ainsi que les stationnements, les revenus de la télévision nationale et locale, et les revenus de NHL Enterprises», a expliqué M.Daly.

En coulisse, on affirme qu'il est encore possible de sauver le calendrier de 82 matchs même si la date butoir du commissaire Gary Bettman à cet effet est déjà passée depuis deux jours. Mais pour y arriver, il faudra une solution rapide, et pour le moment, les deux groupes ne semblent pas pressés de se revoir. Aucune autre rencontre n'est prévue entre la LNH et le syndicat des joueurs.

Pas comme en 2004-2005

Ce qui ne veut pas dire que la saison 2012-2013 est maintenant menacée. Vincent Damphousse, ex-vice-président du comité exécutif de l'Association des joueurs au moment du lock-out de 2004-2005, un conflit qui avait mené à l'annulation de la saison en entier, estime que le scénario est bien différent d'il y a huit ans.

«C'est sûr qu'il se fait très tard pour une saison de 82 matchs, juge l'ancien attaquant du Canadien. Mais connaissant Gary Bettman, ça ne fait que commencer. Sa stratégie, c'est de faire attendre les joueurs. Il y a encore une marge de manoeuvre des deux côtés. Dans une négociation comme ça, plus le temps passe, et plus il y a de la pression sur les deux parties. C'est comme ça que ça marche.»

Damphousse estime qu'il y aura une entente, «mais pas avant les Fêtes». Celui-ci trouve que les deux parties sont plus près d'un accord qu'au même moment il y a huit ans. «Les bases d'une entente sont déjà en place. Nous autres, en 2004, c'était pire que ça. Il fallait partir à zéro. On ne s'entendait même pas sur les bases d'une entente.»

Quant à la théorie selon laquelle la ligue songe à annuler sous peu le calendrier au complet, rappelons ce détail: en 2004-2005, c'est à la mi-février que cette décision avait été prise. Le passé laisse présager que c'est loin d'être terminé.

«En 2005, je pense que la ligue était prête à préparer un calendrier plus court et très chargé à l'hiver, ajoute Vincent Damphousse. Mais il y avait environ 400 gars sans contrat, et ça aurait été tout un casse-tête pour les équipes de s'entendre rapidement avec tous ces joueurs-là... Ce qu'on voit présentement, c'est encore la même stratégie de patience de Gary Bettman. Annuler la saison, je ne suis pas sûr que ce serait une bonne idée. Et je ne suis pas certain que ça ferait l'affaire des équipes qui font de l'argent, comme Toronto ou Montréal.»