Erik Cole savoure au plus haut point, cette semaine, sa première saucette à Montréal à titre de membre en bonne et due forme du Canadien.

Mis à jour le 14 juill. 2011
Marc Tougas LA PRESSE CANADIENNE

La preuve, c'est qu'il a même lancé quelques mots en français, jeudi, lors de son passage au centre d'entraînement du Canadien à Brossard.

«Je suis fier de jouer pour l'équipe dont les partisans sont si passionnés», a-t-il lancé, après quelques secondes d'hésitation, sans que la langue ne lui fourche trop.

«La passion des amateurs qu'il y a ici est incroyable, a-t-il poursuivi en anglais. Quand on me demande pourquoi j'ai souvent bien fait à Montréal, je réponds toujours que c'est parce que je réagis bien à la passion des amateurs. C'est peut-être dû au fait que l'aréna est au centre-ville. J'avais d'ailleurs l'habitude de m'y rendre en métro, et je savourais chaque moment.

«C'est le seul aréna où tu ne voulais pas que la porte du vestiaire reste fermée avant un match. Tu voulais pouvoir entendre les amateurs et savourer l'atmosphère», a-t-il continué de raconter, en évoquant aussi un épisode moins heureux, survenu pendant la série éliminatoire que le Canadien a disputée aux Hurricanes de la Caroline au printemps 2006.

«Puisque j'étais blessé, je devais aller sur la galerie de presse (au Centre Bell) pendant le match et je n'avais pas réalisé qu'il y aurait des spectateurs derrière moi quand je m'y présenterais, plus haut dans les gradins. J'ai été un peu surpris de me faire apostropher par des amateurs. Reste que c'est une atmosphère incroyable.»

L'Américain de 32 ans a souvent visité la métropole québécoise depuis qu'il évolue dans la LNH. Lorsque les Hurricanes étaient en ville, évidemment, mais aussi comme simple touriste, lui qui est propriétaire d'un chalet dans l'État de New York aux États-Unis, à deux heures de route au sud de la métropole québécoise.

«C'est la grande ville la plus proche du chalet, nous sommes souvent venus ici en famille pour rendre visite à des amis, ou pour s'y évader le temps d'un week-end, a indiqué Cole. J'aime l'atmosphère qu'on y retrouve.»

Cette semaine, c'est plutôt à titre de nouveau résidant que Cole s'est présenté au nord de la frontière, dans l'optique de s'y installer pour l'hiver.

«Ce n'est peut-être pas une grande nouvelle en soi, mais c'est une journée importante pour moi et pour ma famille. On y va étape par étape, un petit pas à la fois», a-t-il dit de la recherche d'un logement, de l'inscription de ses enfants à l'école et d'autres formalités du genre.

Cole n'avait pas encore eu le temps de mesurer la réaction des amateurs montréalais depuis qu'il a signé son contrat de quatre ans de 18 millions $ US avec le Tricolore, le 1er juillet dernier. Il a toutefois noté un changement d'attitude, ces dernières semaines, lors de ses promenades dans les environs de son chalet.

«Là-bas, tout le monde est excité. C'est difficile de croire qu'il y ait tant de partisans du Canadien au sud de la frontière, mais je l'ai découvert ces dernières semaines. Ils sont tous très excités et je partage cette excitation», a dit Cole.

L'attaquant de six pieds deux pouces et 205 livres a eu l'occasion de visiter les installations du Complexe sportif Bell à Brossard pour la première fois, jeudi.

«Les installations sont incroyables, a-t-il commenté. Rien n'a été négligé. J'ai eu droit à une visite guidée ce matin et j'ai lancé un «wow' après l'autre. C'est de première qualité.»

Cole a par ailleurs enfilé le maillot no 72 qu'il portera cette saison. Le hockeyeur a eu ce numéro lorsqu'il s'alignait dans le Junior B à Guananoque, en Ontario.

Non loin de Gionta

Si on peut se fier à l'endroit où son casier a été placé dans le vestiaire de l'équipe à Brossard, jeudi, Cole enfilera les patins non loin des vétérans Michael Cammalleri, Brian Gionta et Scott Gomez.

On le sait, c'est une conversation avec Gionta, son coéquipier au sein de l'équipe américaine pendant les Jeux olympiques de 2006, qui a permis de convaincre Cole du bien-fondé de se joindre au Canadien.

«C'est l'intérêt du Canadien qui a tout lancé, a expliqué Cole, jeudi. La conversation avec Brian m'a simplement permis de confirmer que la décision vers laquelle je penchais était la bonne.

«Brian n'a dit que des choses positives sur le groupe de joueurs qu'il y a ici, le personnel d'entraîneurs aussi. Nous avons parlé un peu du rôle que je pourrais jouer ici. Il était clair que c'était une belle opportunité.»

Cole s'est dit confiant que l'intégration au sein de sa nouvelle équipe se passera bien.

«Au cours de mes discussions avec Jacques (Martin), il est vite devenu clair qu'il sait quel rôle je pourrai jouer et le style que je préconise, alors je n'ai aucune inquiétude que je pourrai bien m'adapter à l'équipe», a affirmé Cole.

Quand on lui a demandé avec qui il avait hâte de jouer à l'automne, Cole a esquivé la question, sourire en coin, en répondant: «Carey Price».

«Je ne sais pas avec qui je vais jouer, mais je suis juste content de me joindre à un tel groupe de joueurs, a-t-il ajouté. Il y a plusieurs joueurs de talent dans l'équipe.

«C'est sûr que la qualité de l'équipe a été un atout», a-t-il dit plus tard en parlant de sa décision de s'entendre avec le Canadien à titre de joueur autonome. «Je n'entrerai pas dans les détails, mais il y a plusieurs parallèles à faire entre cette équipe et celle des Hurricanes qui a remporté la coupe Stanley (en 2006).»