Les bulletins de nouvelles ont passé en boucle les images du coup qu'a administré Zdeno Chara à Max Pacioretty la semaine dernière. Mais pas Guy Boucher.

Publié le 16 mars 2011
Marc Antoine Godin LA PRESSE

«J'ai regardé la séquence une seule fois et je n'ai plus été capable ensuite, a-t-il confié. Daniel Lacroix, Martin Raymond et moi, ça nous atteignait personnellement. On connaissait Max, on avait travaillé avec lui...

«C'est un jeune qui a passé des moments très difficiles, entre autres à cause des blessures, mais je le regardais jouer et il était extraordinaire avec le Canadien.»

Le synchronisme de l'affaire Pacioretty avec la réunion des directeurs généraux a relancé la question des coups à la tête, et les joueurs du Lightning de Tampa Bay ont été assez clairs dans leur souhait de voir la ligue prendre des mesures draconiennes.

Simon Gagné, qui a été victime de nombreuses commotions cérébrales, aurait espéré une prise de position plus ferme de la part des DG, mais il est prêt à se contenter des petits pas.

«Je suis peut-être un peu déçu, mais au moins ils en parlent, a signalé l'ailier de Sainte-Foy. Il y a trois ans, ils ne voulaient même pas aborder le sujet. Il y a donc un progrès.

«Je suis d'ailleurs surpris qu'ils aient mis en application le nouveau règlement sur les coups portés en angle mort à temps pour les séries, l'an dernier.»

Steven Stamkos, lui, a confié que le fait que les mises en échec aux dépens de David Booth et Marc Savard, l'an dernier, n'aient pas été sanctionnées lui a ouvert les yeux.

«Et c'est encore plus terrifiant cette année avec tous les gros noms qui tombent au combat, a-t-il dit. En dépit du nouveau règlement, on voit de plus en plus de coups de ce genre. Or, on ne peut pas attendre que Sidney Crosby s'absente pour les deux tiers d'une saison pour que les joueurs commencent à s'exprimer.»

La vitesse, c'est relatif

Guy Boucher admet qu'il y a un problème à régler, mais insiste pour ajouter que le problème a toujours existé.

«C'est juste qu'avant, on n'appelait pas cela une commotion cérébrale et qu'on était de retour au jeu deux minutes après, prétend Boucher.

«Elles n'étaient pas gérées de la même façon. Aujourd'hui, on essaie d'être plus intelligent au point de vue médical.»

Boucher bénéficiera ce soir du retour dans la formation du défenseur Pavel Kubina, qui a été suspendu trois matchs pour un coup à la tête. Selon l'entraîneur, il est aberrant de croire qu'un patineur comme Kubina chercherait délibérément à blesser un adversaire.

«Ça se passe tellement vite que l'on ne pourra jamais enrayer complètement ces gestes-là. On peut essayer de les diminuer en ayant les sanctions appropriées, mais on ne ralentira pas le jeu. Le jeu s'accélère et il va continuer de s'accélérer.»

C'est une thèse que ne partage pas tout à fait Steven Stamkos.

«D'un oeil extérieur, on peut croire que le jeu est très rapide, mais les joueurs sont quand même conscients de ce qu'ils font, a dit le prodige de 21 ans. Tu peux toujours choisir d'arrêter ou de prendre l'enjambée de plus.»