Yann Danis aurait voulu demeurer dans la LNH, mais le gardien québécois ne pouvait plus patienter. D'autant que l'offre reçue de l'équipe de Khabarovsk, de la Ligue continentale de Russie, était fort alléchante.

Robert Laflamme LA PRESSE CANADIENNE

«C'était une offre que je ne pouvais pas refuser, compte tenu des circonstances, a avoué Danis, mardi, au cours d'un entretien téléphonique avec La Presse Canadienne.

«C'est sûr que mon premier choix était de rester en Amérique du Nord et de jouer dans la Ligue nationale, a-t-il renchéri. Mais les possibilités diminuaient. Les équipes qui étaient intéressées à mes services désiraient patienter pour voir ce qui se produirait. Moi, je ne pouvais plus attendre.»

Le gardien natif de Lafontaine, près de Saint-Jérôme, aurait été contraint de signer un contrat à deux échelons de salaire, s'il avait réellement voulu rester en Amérique. On ne lui a présenté aucune offre avec salaire garanti de la LNH.

«Je ferai deux fois et demi, sinon trois fois, le salaire que j'aurais fait ici, en jouant dans la Ligue américaine. Sur le plan financier, c'était la meilleure chose à faire.»

Sur le plan personnel, Danis se dit prêt à vivre tout un dépaysement, en compagnie de sa conjointe et de leur bambin âgé de 18 mois. La ville de Khabarovsk est située à l'extrême est de la Russie, aux abords du fleuve Amour.

«C'est presqu'en Chine, a-t-il dit. On m'a dit que c'était à huit heures d'avion de Moscou.

«L'éloignement est un facteur qui m'a fait hésiter quelque peu, mais on m'a dit que c'est une belle ville, propre et sécuritaire. L'équipe fait salle comble à tous ses matchs dans un aréna de 7100 places.»

Danis remplacera le vétéran gardien Tyler Moss, qu'on a libéré. Il rejoindra un autre Nord-Américain, l'attaquant David Ling, choix des Nordiques de Québec en 1993 qui a fait ses débuts dans la LNH dans l'uniforme du Canadien en 1996-97. A l'âge de 34 ans, Ling a été le meilleur marqueur de l'équipe, qui n'a pas fait les séries éliminatoires la saison dernière, avec 32 points en 46 matchs.

A l'âge de 29 ans, Danis souhaite que ce long détour par la Russie le ramène dans la LNH, dès la saison prochaine.

«Je ne ferme pas du tout la porte à un éventuel retour dans la Ligue nationale. Mon conseiller Lewis Gross l'a souligné aux équipes intéressées. Le message est clair. Je vais là-bas, mais je souhaite que ce soit un tremplin pour un retour.»

Le CH contacté

A l'ouverture du marché des joueurs autonomes sans compensation, le 1er juillet, Danis a sondé l'intérêt du Canadien. On lui a répondu que son nom figurait sur une liste de gardiens qu'on ciblait.

«Je n'ai finalement pas eu d'offre. Je me demande à quel rang je figurais sur cette liste.»

Le Tricolore a vite jeté son dévolu sur le vétéran Alex Auld, à un salaire d'un million $ US.

En 2009-10, Danis a agi comme substitut à Martin Brodeur chez les Devils du New Jersey. En 12 matchs seulement, il a montré un dossier de 3-2-1-0, tout en conservant une moyenne de buts accordés par match de 2,05 et un taux d'efficacité de 92,3 pour cent.

Danis a connu sa meilleure saison dans la LNH en 2008-09 quand il a pris part à 31 rencontres des Islanders de New York (10-17-3-2, moyenne de 2,86).

Le diplômé de l'Université Brown avait fait ses débuts dans l'organisation du Canadien en 2004, à titre de joueur autonome.

Il a disputé six matchs dans l'uniforme tricolore (3-2-0-1, moyenne de 2,69), tous en 2005-06. Il avait blanchi les Thrashers d'Atlanta, à ses débuts dans la LNH.

En 49 sorties en carrière, il présente un dossier de 16-21-3-4, une moyenne de 2,69 et un taux de 91,2 pour cent.