Si Guy Carbonneau était encore entraîneur du Canadien, il n'hésiterait pas une seconde: c'est Jaroslav Halak qu'il choisirait pour affronter les Capitals de Washington, ce soir au Centre Bell.

Richard Labbé LA PRESSE

Même depuis la Biélorussie, où il dirige la formation canadienne des moins de 18 ans en championnat du monde, Guy Carbonneau suit avec intérêt le parcours de son ancienne équipe en séries.

Pour lui, cela ne fait aucun doute: l'homme de la situation devant le filet montréalais, l'homme qui peut encore permettre au Canadien d'espérer, c'est Halak. «C'est lui qui les a amenés là, alors il faut lui donner une autre chance de se reprendre, a répondu Carbonneau lors d'une entrevue téléphonique avec La Presse, hier. Le Canadien a besoin de voler un match. S'il y arrive, tout est possible.»

Les matchs du Canadien ne sont pas présentés en Biélorussie, mais l'entraîneur affirme se tenir au courant malgré tout.

«Il faut suivre les séries de la LNH sur l'internet, et lire ce qu'on peut trouver... Il y a le décalage horaire, en plus. Mais je m'arrange pour suivre ça. Je savais que ça allait être dur contre les Capitals. En séries, quand on a une avance de 4-1 comme lors du deuxième match, on ne peut pas rater ça. Avec une avance de 2-0 dans la série, tout aurait été possible pour le Canadien. Chaque équipe peut voler un match en séries, ça prend juste une grosse performance de Halak ou de Carey Price. Le hockey, c'est comme ça, ça se joue sur la patinoire, peu importe ce qui est arrivé dans la saison. C'est comme notre équipe ici; on ne s'attendait pas à jouer dans la ronde de relégation, et pourtant, c'est ce qu'on fait.»

Carbo ne cache pas sa déception quand on lui demande de commenter les performances de son club au championnat du monde des moins de 18 ans, en Biélorussie. Après un très mauvais départ - une seule victoire en quatre sorties -, la formation canadienne doit maintenant tenter de sauver l'honneur en évitant une place en poule B.

Pour y arriver, il faudra une autre victoire, soit aujourd'hui contre la Lettonie, ou demain face aux Slovaques.

«On ne le réalise pas au Québec et au Canada, mais ici, les clubs européens prennent ce tournoi très au sérieux, a ajouté Carbonneau. Les joueurs des équipes s'entraînent souvent ensemble. Nous, la plupart de nos gars n'avaient pas joué en un mois avant d'arriver ici. Ça a paru, on a eu des problèmes de synchronisme. C'est sûr que je ne veux pas faire partie d'un club qui se retrouverait relégué. Il va falloir faire mieux à nos prochains matchs, se battre jusqu'à la fin.»

À la recherche d'un travail pour la saison prochaine

Et si jamais l'équipe canadienne des moins de 18 ans conclut ce championnat du monde dans la honte, avec une place en poule B, est-ce que cela aurait un impact sur la réputation de Guy Carbonneau, qui veut revenir derrière le banc d'un club de la LNH pour 2010-11?

«Honnêtement, je ne vois pas ça comme ça, répond le principal intéressé. Je ne suis pas venu ici pour des raisons personnelles. J'ai accepté parce que j'ai vu ça comme une belle expérience, sans penser que ça allait me ramener dans la LNH. C'est sûr que si on avait gagné, ça aurait attiré l'attention, mais l'attention, ce n'était pas le but premier pour moi. C'est certain que pour la saison prochaine, je veux revenir dans la Ligue nationale. Je vais rentrer à Montréal samedi, je sais qu'il y a des clubs qui se cherchent un entraîneur, alors on verra.»

Pour le moment, aucun club de la LNH n'a encore contacté l'ancien coach du Canadien, qui se dit prêt à accepter un job d'adjoint si la situation est la bonne. Du même souffle, Guy Carbonneau reconnaît qu'il aura du mal à se trouver du travail dans la Ligue nationale si jamais il ne reçoit aucune offre d'ici les prochains mois.

«Si je n'ai pas de job en septembre, ça va être difficile pour moi de retourner dans la Ligue nationale après ça. Je ne veux pas passer une année à ne rien faire. Si jamais il ne se passe rien pour moi, je vais devoir penser à faire autre chose.»