Chuck Fletcher, 41 ans, vient d'hériter du poste de directeur général du Wild du Minnesota qui appartenait à Doug Risebrough.

Mathias Brunet LA PRESSE

Fletcher, le fils du vieux routier Cliff Fletcher, fait partie de cette nouvelle vague de jeunes directeurs généraux à qui l'on confie les guides d'une équipe de la LNH sans qu'ils aient d'expérience en ce rôle.

Mais comme Ray Shero chez les Penguins, Peter Chiarelli chez les Bruins ou Scott Howson avec les Blue Jackets, Fletcher connaît le tabac puisqu'il travaille dans l'ombre depuis de nombreuses années.

 

Il a d'abord été embauché par Bobby Clarke comme adjoint au DG en 1993 chez les Panthers de la Floride. Il avait 25 ans. Sa première mission: acheter une laveuse et une sécheuse pour le vestiaire du centre d'entraînement de l'équipe...

Fletcher a grandi depuis. Après avoir aidé Clarke à bâtir en Floride un club finaliste de la Coupe Stanley, il a travaillé auprès de Brian Burke à Vancouver et Anaheim puis, jusqu'à tout récemment, Ray Shero à Pittsburgh.

Le lien qui unit Shero au propriétaire du Wild, Craig Leipold, -Shero a travaillé pour Leipold pendant plusieurs années au sein de l'organisation des Predators de Nashville - a sûrement pesé dans la balance.

Fletcher, diplômé de Harvard, demeure méconnu. Du moins l'attaquant du Wild, Pierre-Marc Bouchard, en sait peu sur lui.

«Je ne le connais pas vraiment, a-t-il admis hier au bout du fil. Je sais qu'il est le fils de Cliff et qu'il était l'adjoint au directeur général à Pittsburgh.»

Il a bon oeil

Le responsable du recrutement chez les Ducks d'Anaheim, Alain Chainey, lui, n'a pas besoin de se le faire présenter. Il a travaillé de nombreuses années en sa compagnie.

«J'ai adoré travailler avec lui. Il est organisé, il est intelligent et il a un bon oeil. Il oeuvrait comme adjoint au directeur général Bryan Murray; puis, quand Brian Burke est arrivé, il chapeautait les départements de recrutements professionnel et amateur. Il a acquis beaucoup d'expérience au fil des années en touchant à toutes les sphères du hockey et c'est ce qui me fait dire qu'il est prêt pour ce nouveau défi, a confié Chainey. Il a même été directeur général par intérim à l'époque en Floride. Je n'ai pas été surpris par son embauche au Minnesota. Il est rendu là.»

Pierre-Marc Bouchard apprendra vite à le découvrir. Fletcher aura des dossiers importants à régler, dont celui de Marian Gaborik, qui menace de tester le marché des joueurs autonomes, ainsi que celui de l'entraîneur en chef.

«Tout le monde dans le vestiaire souhaite que Gaborik reste, dit Bouchard. C'est un marqueur de 40 buts qui pourra en marquer facilement 50 quand il restera en santé. Il peut changer l'allure d'un match à lui seul. On a raté les séries éliminatoires par seulement trois points et s'il n'avait pas été blessé, on aurait participè aux séries. Dans le vestiaire, il est amical avec tout le monde malgré son statut de vedette. Mais je ne sais pas ce qu'il a l'intention de faire. Lui seul peut répondre.»

L'embauche d'un directeur général constitue un pas dans la bonne direction. «Veux, veux pas, avec le repêchage qui s'en vient et l'ouverture du marché des joueurs autonomes, je suis content de savoir où l'équipe s'en va», a souligné Bouchard, qui a amassé 46 points en 71 matchs l'an dernier.

Richards comme entraîneur ?

Quand à l'entraîneur, la rumeur veut que Fletcher embauche l'actuel adjoint de Todd McLellan à San Jose, Todd Richards, qui avait été embauché par Fletcher il y a quelques années pour diriger le club-école des Penguins. Bouchard n'a entendu que de bonnes choses au sujet de Richards.

Par ailleurs, il appert que Fletcher aime les équipes rapides, portées sur l'attaque et robustes, qui maintiennent un tempo de jeu élevé. Pierre-Marc Bouchard ne criera cependant pas sa joie de ne plus devoir se plier à un système de jeu plus conservateur.

«Le système de jeu de Jacques Lemaire fonctionnait quand tous les joueurs le respectaient. Jacques voulait qu'on soit responsables en défense, mais il nous donnait quand même une certaine liberté à l'attaque. J'ai beaucoup appris de lui. J'étais un joueur qui se concentrait sur l'attaque dans le junior et j'ai appris à travailler sur les petits détails du jeu. Ça va me faire drôle au camp d'entraînement, avec le changement de personnel, puisque j'ai seulement connu Jacques comme entraîneur en sept ans dans la Ligue nationale. Je vais me sentir comme si j'avais été échangé, mais avec la même équipe.»

Il n'y a pas qu'à Montréal que l'été s'annonce mouvementé...