On pouvait encore percevoir l'effet Milan Lucic à l'aréna Denis-Savard, hier midi, où deux de ses victimes - Mike Komisarek et Sergei Kostitsyn - manquaient à l'appel.

Marc Antoine Godin LA PRESSE

Même s'il n'a pas été le principal héros offensif des Bruins, jeudi soir, le nom de Lucic était sur toutes les lèvres, hier. Surtout que son tempérament de guerrier force la comparaison avec celui des joueurs du Canadien. On sait tous qu'il y a amplement de talent dans le vestiaire du Tricolore. Mais y a-t-il assez de guerriers?

 

«On l'a prouvé l'an dernier avec les mêmes joueurs», a simplement répondu Guy Carbonneau.

Le défenseur Josh Gorges a été un peu plus loquace. «Quand on décide de l'être, oui, nous avons une équipe de guerriers, a dit Gorges. On a tous les instruments en main, il reste la volonté pour le faire. Et elle a été inconstante depuis le début de la saison.»

Bref, une équipe de guerriers... quand elle le veut?

«Peut-être qu'on pense que les choses vont aller trop facilement en notre faveur, a suggéré Guillaume Latendresse. À quelques reprises, on s'est retrouvés en déficit et on a eu l'air de se dire: «Ce n'est pas grave, notre gros trio va aller marquer deux buts». Donc la question n'est pas de savoir si on a assez de guerriers. C'est notre attitude qui doit changer.»

Si l'on vous parle de guerriers, c'est aussi parce que le Canadien vient d'en perdre tout un. Mike Komisarek s'est blessé lors de son combat contre Lucic, et il n'affrontera pas les Flyers, ce soir.

Il n'est pas exclu de le voir s'absenter quelques semaines.

«Il a subi des tests aujourd'hui et on devrait avoir des réponses demain, a dit Carbo. Je ne peux pas dire encore s'il sera du prochain voyage.»

Komisarek a semblé se blesser à la main droite, mais il se pourrait que ce soit plutôt l'épaule qui soit en cause.

Carbo n'a pas blâmé Komisarek pour s'en être pris à Lucic. «Mike était tanné de la façon dont on jouait et il a décidé de faire quelque chose. Il a choisi de se battre avec Lucic, qui frappait tout le monde. Je n'ai pas de problème avec ça.»

Pendant que Komisarek se faisait examiner, hier, Sergei Kostitsyn - une autre victime de Lucic - ratait lui aussi l'exercice pour subir des traitements.

On l'a vu se faire masser l'épaule droite sur le banc de l'équipe, en troisième période. Sa présence face aux Flyers est incertaine.

R.S.V.P. à Laraque

Komisarek s'est battu parce qu'il en avait assez. Mais il était bien tard lorsque ça s'est produit. D'ailleurs, après la défaite, Carbo a mentionné que «les joueurs se tenaient davantage l'an dernier».

«L'an passé, les gars étaient capables de répondre à n'importe quel type de match qui leur était présenté, qu'il soit physique, offensif ou défensif, a poursuivi Carbo, hier. Cette année, je le vois un peu moins dans notre façon de jouer. On a un peu moins le feu dans les yeux. On attend peut-être de voir ce que Georges (Laraque) va faire...»

Le tempérament guerrier se serait-il estompé avec l'acquisition d'un homme fort?

Ça tombe mal, car plusieurs amateurs se demandent pourquoi Laraque ne se porte pas plus à la défense de ses coéquipiers! Sa présence a peut-être été dissuasive contre Ottawa, mais elle n'a rien empêché face aux Bruins.

«Je peux aller voir Lucic, mais s'il ne veut pas répondre de ses actes, je ne peux rien faire», a réitéré Laraque, hier.

Laraque dit que ses adversaires choisissent leur homme. À ce compte-là, ils seront bien peu nombreux à accepter ses invitations...

L'an passé, c'est fini

On verra si Laraque sera plus visible face aux Flyers, une équipe qui ne s'en laisse pas imposer. Mais le colosse demeure un joueur de quatrième trio.

La meilleure protection que le CH peut se donner, c'est que ses canons offensifs mettent des points au tableau. À cet effet, Carbo a reconnu qu'il voulait provoquer une étincelle, jeudi, en démantelant le trio Plekanec-Kovalev-A. Kostitsyn.

«Ces gars-là ont eu du succès par le passé. Ils doivent recommencer à travailler, a dit l'entraîneur. Ce qu'on a fait l'an passé était plaisant, mais c'est fini. On doit arrêter d'être frustré parce que l'adversaire nous frappe, qu'il marque le premier but ou que l'arbitre nous décerne une punition.

«On n'est pas les seuls sur la patinoire. Les autres équipes aussi sont payées pour gagner.»