(Ponte Vedra Beach) Les candidats sont présentés à tour de rôle, ainsi qu’une liste de leurs réalisations qui viennent soutenir leur intronisation au Temple de la renommée du golf mondial. À l’exception de Tiger Woods.

Mis à jour le 9 mars
Doug Ferguson Associated Press

Il n’y avait rien à dire qui n’a pas été vu ou, à tout le moins, discuté. Il n’y a eu aucun débat. Son élection a été approuvée à l’unanimité.

Jon Rahm ne faisait pas partie du comité qui a sélectionné les lauréats en vue de la cérémonie d’intronisation, tenue mercredi soir. Sa réaction face à l’inévitable parlait au nom de tous les acteurs du golf qui ont vu Woods gagner à un rythme historique et laisser une empreinte sur le sport mesurée en argent et en prestige pour lui et tous ceux qui ont suivi.

« Que puis-je dire au sujet de Tiger que nous n’avons pas déjà dit ? », a déclaré le golfeur espagnol.

« Il a inspiré une génération entière. En plus de nous avoir tous divertis pendant 20 ans et d’avoir réalisé des choses incroyables, il a inspiré la génération de joueurs que vous voyez aujourd’hui. »

Woods était la tête d’affiche, mercredi, d’une cérémonie d’intronisation qui, de façon appropriée, incluait aussi Tim Finchem. Cet ancien commissaire du circuit de la PGA a su tirer parti de l’effet puissant de Woods en augmentant de façon astronomique les bourses et en faisant du circuit une destination de choix pour les joueurs du monde entier.

Susie Maxwell Berning, triple championne de l’Omnium de golf des États-Unis, et la regrettée Marion Hollins, première femme à avoir développé des terrains de golf et une ancienne championne amateure des États-Unis, ont également été immortalisées mercredi.

La cérémonie a été déplacée du World Golf Village en Floride vers les nouveaux quartiers généraux du circuit de la PGA, situés à environ un kilomètre de l’endroit où Woods a vécu ses premiers moments de gloire.

Bien sûr, il y a eu sa présence au Mike Douglas Show alors qu’il était un prodige âgé de 2 ans, et les trois titres consécutifs au Championnat amateur junior des États-Unis.

C’est sur le fameux vert du 17e trou en forme d’île du parcours du TPC Sawgrass, lors du Championnat amateur des États-Unis de 1994, que Woods a effectué le tout premier uppercut qui allait définir sa manière de célébrer.

Il s’agissait du premier de trois triomphes consécutifs au Championnat amateur des États-Unis, un exploit sans précédent. Et ça n’a fait que s’améliorer.

Son dossier global est si impressionnant que Woods a connu trois carrières dignes du Temple de la renommée en une seule. Après quatre années complètes chez les professionnels, il avait déjà complété le Grand Chelem du golf et totalisait 24 victoires sur le circuit de la PGA.

Il a gagné le Tournoi des Maîtres de 1997 — son premier triomphe à un tournoi du Grand Chelem — par 12 coups, l’un de 20 records qu’il a édités.

À l’âge de 30 ans, il totalisait déjà 46 victoires sur le circuit et 10 triomphes en Grand Chelem, incluant un balayage des quatre tournois majeurs, un exploit que personne n’avait accompli.

Aujourd’hui, Woods compte 82 victoires sur le circuit, à égalité au premier rang dans l’histoire de la PGA, et 15 triomphes en tournois du Grand Chelem, trois de moins que la marque de Jack Nicklaus.

Lors de la cérémonie, mercredi, il a parlé de ses parents qui ont pris une deuxième hypothèque, lui permettant d’évoluer dans le circuit junior en Californie. Il a été saisi par l’émotion en évoquant son défunt père, qui lui a dit qu’il allait devoir mériter tout ce qu’il voulait.

« Si vous n’y mettez pas les efforts, premièrement, vous n’aurez pas les résultats, a dit Woods. Mais surtout, vous n’avez pas mérité ce que vous souhaitez avoir. Il faut le mériter. Ç’a défini comment j’ai grandi. Ç’a défini ma carrière. »

Au-delà des victoires, il y a l’influence qu’il a eue sur le sport.

Woods n’a jamais voulu être perçu comme un golfeur, mais plutôt comme un athlète. Il n’a pas été le premier à fréquenter les salles d’entraînement, mais son dévouement pour la force et le conditionnement physique a créé un modèle que d’autres ont suivi.

« Tiger a changé la perception que les gens ont du golf, la faisant passer d’un jeu à un sport », a déclaré Padraig Harrington.

La bourse globale au Championnat des joueurs ce week-end est de 20 millions de dollars US, un détail qui n’échappe pas aux golfeurs inscrits au tournoi. Lorsque Woods a fait ses débuts en 1997, la bourse globale était de 3,5 millions ; le vainqueur dimanche touchera 3,6 millions.

La popularité de Woods et son sens du spectacle étaient tels que Finchem a réussi à les transformer en contrats de télévision qui ont fait exploser les bourses.

« Son impact sur le sport est probablement le plus profond de tous, surtout dans le golf professionnel », a déclaré Patrick Cantlay, qui a gagné 15 millions l’année dernière en remportant la FedEx Cup.

« Je ne dirais pas que j’en sais assez sur (Arnold) Palmer, Bobby Jones ou Nicklaus pour dire quel impact ils ont eu à l’époque. Mais je pense que chaque professionnel ici a une dette de gratitude envers Tiger parce que ce sport ne serait pas là où il est aujourd’hui sans son impact. »