À la fin de la saison 2019, blessée au dos et un peu démotivée, Anne-Catherine Tanguay a décidé de prendre une pause du circuit de la LPGA.

Michel Marois Michel Marois
La Presse

Elle et son compagnon Jean-Hubert Trahan – qui est aussi son cadet et son agent – avaient prévu de se marier l’été suivant et, comme la vie nous réserve souvent des surprises, la petite Livia est venue s’ajouter à la famille.

« En fait, elle est arrivée un peu plus tôt que prévu, mais avec la pandémie, ça ne pouvait mieux tomber. Il y a d’ailleurs plusieurs autres joueuses qui sont devenues mères au cours de la dernière année, a raconté Tanguay la semaine dernière en entrevue. Je n’avais pas imaginé à quel point c’est vraiment le plus grand bonheur qu’on puisse vivre.

« Et cette période loin du golf m’a permis de me ressourcer, de réaliser plein de choses sur moi-même. Au départ, je ne savais pas quand je reviendrais au jeu ni même si je reviendrais. Je me demandais si je m’ennuierais, mais j’ai réalisé en regardant la télévision que mon sport me manquait. »

Avec le recul, cette dernière année m’a permis de mettre plusieurs choses en perspective et je m’estime bien mieux préparée pour la suite de ma carrière.

Anne-Catherine Tanguay

Établie en Floride, Tanguay a repris l’entraînement il y a un peu plus d’un mois. Ses résultats passés (130e du classement en 2019) lui permettent d’avoir encore certains privilèges de jeu sur le circuit de la LPGA.

« Je pourrai rejoindre la LPGA en mai ou en juin, avec sans doute une dizaine d’exemptions, peut-être davantage, a expliqué la golfeuse de 30 ans. D’ici là, je vais jouer trois ou quatre tournois sur le circuit Symetra, le premier à Phoenix, en Arizona, [ce week-end], puis un autre dans le coin de Palm Springs, en Californie.

« Nous allons évidemment voyager en famille. Avec le baby-boom, la LPGA a mis en place des services de garderie pendant les tournois et Jean-Hubert pourra être mon cadet. Sur le circuit Symetra, je vais pousser mon sac.

PHOTO ALI PALMA, FOURNIE PAR LE SYMETRA TOUR

Anne-Catherine Tanguay, son conjoint et cadet Jean-Hubert Trahan et leur fille Livia

« Livia est vraiment très facile [easy going] et nous nous sommes adaptés rapidement. C’est comme un rayon de soleil. Sur le terrain, quand ça va mal, je n’ai qu’à penser à elle et mon sourire revient. Vraiment, la maternité, c’est rien que du positif ! »

Prêts à composer avec la situation

Ce retour au jeu en pleine pandémie exige quand même une certaine prudence. Anne-Catherine n’a jamais perdu contact avec ses amies qui évoluent sur le circuit féminin et elle sait très bien ce qui l’attend au cours des prochains mois. Conseillés par d’autres joueuses qui voyagent avec leurs enfants, la golfeuse québécoise et son conjoint sont bien équipés.

Reste à composer avec les déplacements.

« On est super bien organisés et, avec toutes les consignes en vigueur, on se sent en sécurité. Déjà, ici en Floride, on ne sort pas beaucoup et on ne le fera pas davantage en tournoi. C’est qu’il y a l’avion, l’aéroport, les vols, mais on va faire extrêmement attention en faisant tout ce qu’on peut pour rester en santé.

« J’ai beaucoup parlé aux filles qui ont pris part aux compétitions depuis la reprise des activités l’été dernier. Honnêtement, la proportion de filles qui ont été malchanceuses est vraiment très petite. Sur les sites des tournois, tout le monde est testé régulièrement et on peut présumer que tout est en règle, qu’on est en sécurité.

« Bien sûr, il y en a qui sont moins prudents, qui font moins attention, mais c’est à leurs risques et, ultimement, à leur détriment. »

Retrouver la forme

Tanguay n’a repris l’entraînement qu’il y a quelques semaines et elle sait qu’elle devra se montrer patiente pour revenir à un bon niveau.

PHOTO ALI PALMA, FOURNIE PAR LE SYMETRA TOUR

Anne-Catherine Tanguay, son conjoint et cadet Jean-Hubert Trahan et leur fille Livia

« Ce n’est déjà pas si mal, a-t-elle estimé. Je suis contente de mes progrès. L’expérience que j’ai derrière moi facilite certainement ce retour au jeu. Il y a quatre ou cinq ans, cela aurait été beaucoup plus difficile.

« Je me suis maintenue en forme pendant la grossesse et l’accouchement s’est très bien déroulé. Mon corps est un peu différent, mais avec l’entraînement, je vais retrouver la mémoire musculaire et la forme spécifique pour bien jouer au golf. »

Bien entourée, sûre d’elle, Tanguay entend bien y aller à son rythme.

« J’ai maintenant une bonne structure d’entraînement et, avec la discipline, je sais que je dois me concentrer sur le processus, ne pas penser aux résultats immédiats. J’ai confiance en moi, en mes moyens. Et même si les résultats ne sont pas au rendez-vous au début, je sais que j’ai tous les outils pour ramener mon jeu au même niveau et même plus haut qu’auparavant.

PHOTO ALI PALMA, FOURNIE PAR LE SYMETRA TOUR

Anne-Catherine Tanguay, son conjoint et cadet Jean-Hubert Trahan et leur fille Livia

« Je voulais me donner deux bons mois d’entraînement avant de revenir à la compétition, mais là, les circonstances ont fait que je n’ai eu qu’un mois. Je me donne donc le temps de retrouver mes marques. »

Le temps aussi de s’habituer à cette nouvelle vie sur le circuit, en famille !