La NFL va renforcer ses règles visant à favoriser l’embauche de personnes provenant de la diversité pour certains postes, notamment comme entraîneurs-chefs, et enquêtera sur les allégations contenues dans le recours collectif pour discrimination de l’ex-entraîneur Brian Flores.

Publié le 5 février
Arnie Stapleton Associated Press

C’est ce qu’a indiqué aux équipes de la Ligue nationale de football (NFL) le commissaire Roger Goodell, samedi. La ligue se penchera particulièrement sur les allégations de Flores voulant que les Dolphins de Miami lui aient demandé de faire perdre son équipe pour obtenir un meilleur choix au repêchage.

« Nous allons réévaluer et examiner toutes nos politiques, directives et initiatives concernant la diversité, l’équité et l’inclusion, y compris en ce qui concerne le genre », a écrit M. Goodell dans une note envoyée aux 32 formations de la ligue et dont l’Associated Press a obtenu copie.

Le commissaire a ajouté que le bilan de la ligue en matière de recrutement d’entraîneurs provenant de la diversité est « inacceptable ».

Ce message a été envoyé cinq jours après le dépôt d’une poursuite par Flores visant la NFL, ainsi que trois de ses équipes, pour des questions de discrimination concernant l’embauche d’entraîneurs-chefs et de directeurs généraux. L’ex-entraîneur des Dolphins soutient que la ligue demeure « rongée par le racisme », même si elle le condamne publiquement.

Le principal moyen dont dispose la NFL pour accroître la diversité dans ses rangs est la « Rooney Rule », qui a été mise en place il y a près de 20 ans. Elle oblige les équipes à faire passer des entrevues d’embauche à des candidats issus de la diversité dans leurs processus visant à trouver un nouvel entraîneur-chef ou directeur général.

Malgré cette règle, il y a actuellement un seul entraîneur-chef noir dans la ligue : Mike Tomlin, des Steelers de Pittsburgh.

Aucun des propriétaires du circuit n’est noir, tandis que les directeurs généraux et les coordonnateurs issus de la diversité se font rares. Sur le terrain, 70 % des joueurs sont noirs ou issus de la diversité.

Goodell a affirmé que la ligue fera appel à des experts externes pour passer en revue les règles en place. Des « joueurs et entraîneurs, actuels et anciens » seront aussi consultés.

« Notre objectif est simple : faire en sorte que les règles soient plus efficaces pour que l’on voie des changements concrets », a expliqué le commissaire.

Dans un communiqué, les avocats de Flores ont affirmé que si le message de Goodell semble être un premier pas positif dans la lutte contre le racisme systémique au sein de la ligue, ils « soupçonnent qu’il s’agit davantage d’un geste de relations publiques que d’un réel engagement en faveur du changement ».

Flores, qui est noir, a été renvoyé de son poste d’entraîneur des Dolphins le mois dernier, malgré deux saisons gagnantes consécutives. Il a intenté un recours collectif visant son ancienne équipe, les Broncos de Denver, les Giants de New York et la NFL cette semaine concernant le processus d’embauche pour certains postes importants.

Après le dépôt de la poursuite, la ligue a déclaré qu’elle se défendrait contre les allégations qu’elle jugeait « sans fondement ». Les Dolphins, les Broncos et les Giants ont également réfuté les allégations de Flores.

Goodell a adopté une position moins tranchante concernant la poursuite dans sa note aux équipes.

« Nous comprenons les préoccupations exprimées cette semaine par l’entraîneur Flores et d’autres personnes. Nous n’attendrons pas la fin du processus judiciaire pour nous assurer que nos procédures d’embauche sont conformes à nos valeurs et à notre engagement de longue date en faveur de la diversité, de l’équité et de l’inclusion », a soutenu le commissaire.

L’allégation la plus grave de Flores est celle selon laquelle le propriétaire des Dolphins aurait promis de lui donner 100 000 $ pour chaque défaite subie au cours de sa première saison à la barre de l’équipe.

Selon l’ex-entraîneur, le propriétaire Stephen Ross voulait que son équipe termine dans les bas-fonds du classement pour obtenir le premier choix au repêchage.

Les Dolphins ont présenté un dossier de 5-11 lors de la saison en question. Avec une fiche de 2-14, les Bengals de Cincinnati ont obtenu le premier choix et ont jeté leur dévolu sur le quart Joe Burrow, qui a mené l’équipe au Super Bowl cette saison.

« Nous prenons aussi au sérieux toute question relative à l’intégrité des matchs de la NFL, a ajouté Goodell. Ces allégations seront examinées de manière approfondie et indépendante. Nous nous attendons à ce que les experts externes bénéficient d’une coopération totale de la part de toute personne liée au dossier. »

Ross a promis l’entière coopération de son équipe jeudi. Il a toutefois qualifié les accusations de Flores de « fausses, malveillantes et diffamatoires ».

Flores a soutenu que les Broncos, en 2019, et les Giants, lors de la présente saison, ont mené des entrevues d’embauches uniquement pour respecter la « Rooney Rule », puisqu’ils avaient, selon l’ex-entraîneur, déjà choisi leur candidat.

Au fil des ans, de nombreuses personnes ont aussi affirmé que des équipes avaient organisé des entrevues dans le seul but de se conformer à la « Rooney Rule ».