C’est approximativement 90 minutes avant le botté d’envoi du match entre les Alouettes et le Rouge et Noir, samedi à Ottawa, que Danny Maciocia s’est entendu avec son confrère Brock Sunderland afin d’obtenir le quart-arrière Trevor Harris des Elks d’Edmonton. Une décision facile pour le directeur général des Als.

Miguel Bujold
Miguel Bujold La Presse

Quand Matt Shiltz a été plaqué tardivement après un jeu contre le Rouge et Noir et qu’il a mis quelques secondes avant de se relever, Maciocia a eu la confirmation que l’acquisition d’un vétéran au poste de quart s’imposait. Elle était même essentielle pour une équipe qui vise les grands honneurs.

« Je savais que nous étions à un jeu près de devoir nous en remettre à un quart-arrière qui possède trois semaines d’expérience dans la LCF [Shea Patterson]… C’est pour cette raison qu’on a acquis Trevor », a expliqué Maciocia lundi.

Shiltz et Vernon Adams fils ont appris que les Alouettes avaient acquis Harris en retour de l’ailier défensif Antonio Simmons une vingtaine de minutes avant que la nouvelle soit rendue publique, dimanche. Les deux hommes l’ont bien acceptée, selon Maciocia et l’entraîneur-chef Khari Jones.

« J’en ai discuté avec eux et il n’y a aucun problème. Ils étaient d’avis que c’était une bonne chose si c’était afin d’aider l’équipe et de l’améliorer. Je me suis assuré que Matt comprenait que j’avais énormément de confiance en lui », a raconté Jones.

Même s’il a été très bon à son premier départ en remplacement d’Adams fils, qui est blessé au bras gauche, Shiltz comprend la décision des Alouettes, lui qui sera le partant lors du match de vendredi face aux Argonauts de Toronto au stade Percival-Molson.

« On a eu une bonne conversation ensemble [Jones et lui], et je suis heureux que Trevor se joigne à notre équipe. C’est un bon vétéran qui joue dans la LCF depuis longtemps et qui connaît bien la ligue. J’ai donc hâte d’apprendre de lui. »

Ma mentalité ne changera pas, je vais continuer de me préparer comme si j’étais le partant et le meneur de cette équipe jusqu’à ce qu’on me dise que je ne le suis plus.

Matt Shiltz

À moins qu’il se blesse ou que son jeu régresse, Shiltz demeurera le partant du club. Harris devra se familiariser avec le système offensif et devra rester en quarantaine jusqu’au week-end. Le quart-arrière de 35 ans, qui s’entretiendra avec les journalistes montréalais mardi, ne commencera à s’entraîner avec ses nouveaux coéquipiers qu’à partir de la semaine prochaine. Alors même s’il devient le partant de l’équipe, ce ne sera pas avant quelques semaines.

« C’est une décision qui appartient à Khari Jones, mais je pense que Matthew sera notre quart-arrière. Trevor sera là si on a besoin de lui », a dit Maciocia.

« Mais je devais faire cette transaction pour l’équipe et les partisans. On doit avoir la meilleure équipe possible et avoir suffisamment de profondeur pour faire face à toute éventualité », a indiqué le DG.

« Tant et aussi longtemps que je serai le directeur général de cette équipe, l’objectif sera de viser le sommet. C’est pour cette raison que j’ai accepté le poste. C’est une ligue de neuf équipes, alors on devrait toujours viser les grands honneurs. »

Simmons avait perdu son poste au profit de la recrue Jamal Davis II, qui a réussi trois sacs à ses quatre premiers matchs. Avec Davis II, l’explosif Nick Usher, qui s’illustre autant contre la course qu’en situations de passe, et David Ménard, qui connaît une excellente saison, il n’y avait plus de place pour Simmons.

Maciocia n’a donc pas eu à payer cher pour obtenir Harris. Le DG a également précisé que Harris avait déjà reçu une bonne partie de son salaire annuel sous la forme d’un boni avant le début de la saison.

Jones heureux

Même si Harris ne fait pas l’unanimité comme quart-arrière, Jones ne se plaindra certainement pas de son acquisition. Si le jeu de Shiltz n’est pas à la hauteur au cours des prochaines semaines, l’entraîneur-chef pourra donner le ballon à un quart qui a lancé 126 passes de touché et pour 23 750 verges de gains depuis 2012.

J’aime Trevor Harris et la façon dont il joue. Il est très bon, et depuis longtemps.

Khari Jones, entraîneur-chef des Alouettes

« S’il devait jouer pour notre équipe, j’ajusterais notre système de jeu en conséquence. Il complète un fort pourcentage de ses passes et prend de bonnes décisions. Il pourrait bien faire avec n’importe quelle équipe, et je suis excité de l’obtenir.

« On veut gagner et on pense qu’on pourra le faire avec Matt [Shiltz]. Il continuera de s’améliorer. Trevor fera maintenant partie de l’équation, et c’est une bonne chose. Presque toutes les équipes de la ligue ont utilisé deux ou trois quarts-arrières cette saison. »

Comme son entraîneur-chef, Maciocia, qui a discuté avec plusieurs anciens entraîneurs et coéquipiers de Harris avant de conclure la transaction, est convaincu que sa nouvelle acquisition sera en mesure de faire le boulot au besoin.

« Je pense qu’il peut encore faire le travail et jouer à un très haut niveau. Trevor est très motivé et a hâte de vivre cette nouvelle expérience. Il sait qu’il a une belle opportunité devant lui. Il connaît bien notre équipe, qu’il a affrontée en début de saison, et il sait ce dont elle est capable. »

Aucun problème, dit Sewell

On se rappellera qu’avant le match entre les Alouettes et les Elks en août, Almondo Sewell s’était ouvertement interrogé sur le courage de Harris comme joueur. Le plaqueur des Alouettes, qui a été le coéquipier du quart-arrière à Edmonton, avait dit que Harris mettait peu de temps à jeter l’éponge s’il était frappé tôt dans une partie.

Lundi, Sewell a soutenu qu’il n’avait dit cela que pour affecter Harris mentalement avant l’affrontement.

« Danny [Maciocia] m’a parlé de la transaction et je n’avais rien de négatif à dire. Comme vous le savez, on se nargue souvent entre adversaires [trash talking] », a dit Sewell, qui a communiqué avec Harris après la transaction. « Il n’y a aucun problème entre nous. »