Après une année d’interruption, le retour du football universitaire permet de découvrir le nouveau visage des équipes de la conférence québécoise. À l’Université de Montréal, l’arrivée du nouvel entraîneur-chef Marco Iadeluca et de deux cohortes de recrues a visiblement transformé les Carabins.

Michel Marois
Michel Marois La Presse

Et si, année après année, les Carabins se sont toujours démarqués avec une unité défensive parmi les meilleures au Canada, le départ de plusieurs joueurs clés est venu semer un doute cette saison. Le retour du coordonnateur Denis Touchette et l’émergence de nouveaux meneurs permettent toutefois de croire que les Bleus retrouveront vite leur mordant en défense.

Parmi les « nouveaux » visages, Michael Brodrique est particulièrement attendu. Joueur étoile au cégep Champlain-Lennoxville, le secondeur est arrivé chez les Carabins en 2018, après avoir d’abord considéré les Stingers de Concordia, où jouait son frère Samuel.

Limité à un rôle de réserviste pendant ses deux premières saisons avec l’équipe, il espérait jouer davantage en 2020… « La pandémie a été très difficile, surtout l’été dernier, quand la saison était encore incertaine, rappelle Brodrique. On devait avoir la nouvelle le 31 août, puis ç’a été repoussé au 14 septembre.

« On était tous un peu découragés, non pas de ne pas jouer, mais de ne pas savoir ce qui allait se produire. Avec les études, nous avons des horaires très chargés et c’est déjà compliqué en temps normal de gérer tout ça. Avec la pandémie et toutes les consignes à respecter, c’était encore plus ardu, d’où notre impatience l’été dernier. »

En raison de l’annulation de la saison 2020, Brodrique en est officiellement à sa troisième année d’admissibilité universitaire. « C’est curieux parce que si nous avions joué la saison dernière, certains vétérans seraient restés avec l’équipe et notre temps de jeu aurait été divisé différemment », explique-t-il.

Avec les départs, tous les nouveaux joueurs et l’arrivée de Denis [Touchette], c’est un peu comme si nous repartions à zéro. Il ne nous connaissait pas beaucoup et plusieurs d’entre nous n’avaient pas encore eu la chance d’être partants.

Michael Brodrique

Coordonnateur défensif des Carabins de 2006 à 2012, Touchette occupait le même poste depuis chez les Spartiates du cégep du Vieux Montréal. Avec 15 titres au Bol d’Or, l’entraîneur a fait ses preuves avec des défenses agressives qui imposent leur présence sur le terrain.

PHOTO JAMES HAJJAR, FOURNIE PAR LES CARABINS

Denis Touchette, coordonnateur défensif des Carabins de l’Université de Montréal

Prêts pour un plus grand rôle

Et il a trouvé en Brodrique — un secondeur de 6 pi 3 po et 220 lb — l’un de ces joueurs polyvalents qui « sentent » bien le jeu et se retrouvent souvent dans le champ arrière de l’attaque adverse. Auteur de trois sacs lors du premier match des Carabins à Sherbrooke, le secondeur a réussi 6,5 plaqués, dont 5,5 pour des pertes de 38 verges. Avec Pierre-Gabriel Germain (5 plaqués), qui s’est joint aux Carabins la même année que Brodrique, il a montré qu’il était prêt à jouer un plus grand rôle. « Comme Gabriel, je n’avais pas beaucoup joué en défense, mais on avait fait nos preuves sur les unités spéciales et je crois qu’on a réussi à convaincre Denis et les entraîneurs qu’on pouvait faire le travail.

« J’ai connu un bon match à Sherbrooke, mais c’est avant tout un travail d’équipe. J’ai toujours été un joueur qui tentait de se démarquer non pas par mes paroles, mais par mon jeu sur le terrain. Denis [Touchette] insiste beaucoup là-dessus, sur l’importance d’imposer son jeu, d’être agressif. C’est notre identité qu’on montre sur le terrain. »

Nous travaillons donc dans cette optique et, même si nous sommes jeunes, même si nous n’avons peut-être pas autant d’expérience que les défenses des saisons précédentes, nous allons l’acquérir ensemble.

Michael Brodrique

Brodrique et Germain ont encore été les meneurs de la défense vendredi, mais l’inexpérience des Carabins les a rattrapés dans une défaite de 31-28 face aux Stingers de Concordia. De toute évidence, il y a encore beaucoup à faire avant que l’équipe revienne au niveau des dernières saisons.

Au cœur de l’action sur le terrain, Michael doit aussi réapprivoiser la vie d’élève « en présentiel ». « J’avoue que j’appréciais beaucoup les cours à distance », raconte celui qui étudie en enseignement préscolaire et primaire et qui se retrouve avec un horaire particulièrement chargé cet automne.

« J’ai huit classes en présentiel cette session et je réalise à quel point c’était plus facile de gérer les cours à distance ! Mais ça fait aussi du bien de revenir en classe, de voir mes collègues et de pouvoir travailler en “réel” avec eux. »

Et il y a toujours le football pour se changer les idées.

« C’est certain qu’on est contents de retrouver l’adrénaline des matchs, des rivalités avec certaines équipes. On sera à Laval la semaine prochaine et c’est excitant de penser à notre rivalité avec le Rouge et Or, à l’ambiance qu’il va y avoir là-bas avec tous leurs partisans. Ça nous ramène au sport, au football, et je pense que les joueurs et les amateurs l’apprécient. Après toute cette attente, tout le travail et les efforts des derniers mois, des dernières semaines, ces trois heures de match chaque semaine sont notre récompense. »

Les Stingers surprennent les Carabins

Les Carabins disputaient leur premier match au CEPSUM depuis presque deux ans, vendredi soir, et ils y ont subi une rare défaite, 31-28, devant les Stingers de Concordia. Le quart Olivier Roy a réussi quatre passes de touché, dont deux au quatrième quart quand les visiteurs ont réussi une formidable remontée. Jaylan Graves, Jeremy Murphy (deux) et Vince Alessandrini ont réussi les majeurs et le botteur Andrew Stevens a réussi les autres points des Stingers. Du côté des Carabins, le quart recrue Jonathan Sénécal a connu une soirée plus difficile, avec notamment deux interceptions en fin de match alors que les Carabins tentaient de revenir au pointage. Le match a été interrompu pendant une trentaine de minutes au début du deuxième quart après une grave blessure à une jambe du joueur de ligne offensive Marc-Antoine Girard, des Carabins, qui a dû être évacué par ambulance. Il s’agit d’une première victoire depuis 2010 pour les Stingers aux dépens des Bleus. Les deux équipes présentent maintenant une fiche d’une victoire et une défaite. Ce samedi, le Rouge et Or de l’Université Laval (2-0) se rendra à Sherbrooke pour y affronter le Vert & Or (0-2).