(Montréal) Certains partisans présents au stade Percival-Molson pour le premier match des Alouettes ont cru que des partenaires corporatifs avaient quitté le navire en raison de l’absence de publicité sur le terrain. Il n’en est rien, assure le président du club de football montréalais, Mario Cecchini.

Frédéric Daigle La Presse Canadienne

« C’est très gentil que les gens s’en inquiètent ! Mais essentiellement, c’est un pas vers le futur. C’est-à-dire qu’on a une nouvelle entente, toutes les équipes de la ligue, avec TSN et RDS, qui étaient très heureux d’avoir un terrain libéré des logos, a expliqué Cecchini au cours d’un entretien avec La Presse Canadienne. Par conséquent, le logo des partenaires se retrouve à l’écran de façon virtuelle aussi longtemps que le temps d’exposition dont il bénéficiait en étant peint sur le terrain.

« Pour l’instant, ce sont des revenus déplacés, pas augmentés, mais il y a du potentiel de croissance à moyen terme. »

Cette éventuelle nouvelle source de revenus permet aussi une meilleure équité à travers le circuit Ambrosie.

« Certains terrains n’offraient pas la même qualité d’adhérence pour ces pubs, elles pouvaient devenir glissantes ou capricieuses. […] Sur le terrain, tu ne peux pas avoir 25 logos : cette nouvelle façon de faire le permet. D’autres, comme les Lions de la Colombie-Britannique, ne pouvaient carrément pas (avoir de pubs sur le terrain). Ils étaient donc pénalisés sur ce point. Il y a moins de limites. La limite étant le temps, on peut multiplier les clients. »

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

La technologie n’est pas nouvelle : elle est déjà utilisée au hockey et dans d’autres sports. RDS/TSN, les diffuseurs de la LCF depuis plusieurs années, étaient toutefois très heureux que la ligue leur propose.

« Ça faisait bien son affaire d’avoir des terrains vierges de publicités », a noté Cecchini.

Passeport vaccinal

Le prochain match local des Alouettes, le 18 septembre prochain, contre les Lions, sera le premier du club sous les nouveaux protocoles sanitaires en vigueur. L’équipe est prête.

« On ne peut pas être rodés parce qu’on ne l’a pas vécu, mais on est bien préparés, a noté le président. On a mis les lignes directrices sur notre site internet. On demande aux gens d’arriver le plus tôt possible afin de ne pas encombrer les entrées et on leur demande de respecter l’entrée (sur les quatre) qui leur est assignée.

« Ça va se faire en deux temps : il y a d’abord la vérification du sac, c’est à ce point-là qu’on va vérifier le passeport et la carte d’identité des gens. Une fois que les gens ont passé la sécurité, ils peuvent passer à l’application où se trouve leur billet. Si les gens font ça, nous, on promet d’être le plus rapide possible. »

L’équipe n’a pas eu à gérer un afflux de demandes de remboursements en raison des nouvelles règles en vigueur.

« Je pose la question à mon équipe tous les jours, mais il n’y a pas de ruée vers le remboursement, ce qui me laisse présumer que notre clientèle est majoritairement double vaccinée. Quelqu’un qui n’est pas vacciné sans raison médicale ne pourra pas assister au match. Les gens vont au cinéma, au resto, au théâtre, au gym : il y a tellement d’endroits où on se le fait demander. Les gens le savent depuis un certain temps. Si on veut jouer au football, on n’a pas le choix. »

L’équipe offre aussi aux partisans de commander leurs boissons à l’avance, sur une application disponible sur le site des Alouettes. Les clients profitent d’un rabais sur leurs consommations, alcoolisées ou non, quand ils le font. Cecchini reconnaît toutefois qu’il reste un peu de rodage à faire aux concessions.

« On va s’améliorer chaque match. Les gens ne sont pas tous habitués et les règles sont complexes. Tout ce qui est breuvage, on peut le commander avant le match par une application. Ça nous permet de mieux nous préparer. Mais on a des défis de personnel comme toutes les industries présentement. On doit avoir de la distanciation dans les files : elles ont l’air plus longues qu’elles ne le sont en fait. Il y a eu un peu plus d’attente que d’habitude, mais on va corriger ça au fur et à mesure chaque match. »

L’équipe a accueilli 14 753 spectateurs sur un maximum de 15 000 au premier match. Le président s’attend à une foule semblable le 18 septembre.

« On s’en approche tranquillement. Les gens de la billetterie me disent de ne pas trop m’inquiéter. Lors du dernier match, on pensait avoir entre 12 000 et 13 000 spectateurs en début de semaine. Finalement, c’est monté à 14 700. On est optimistes. »

En vrac

Hommage à Robert Wetenhall

L’équipe profitera de cette prochaine rencontre pour rendre hommage à Robert Wetenhall. L’ex-propriétaire de l’équipe, de 1996 à 2019, est décédé vendredi dernier.

« On va souligner cela de manière sobre, à son image, a indiqué Cecchini. Tout au long du match, on va montrer des photos pour célébrer son passage à Montréal, des photos de victoires à la Coupe Grey, de son implication communautaire. »

Fermeture d’une section au stade Saputo : Cecchini « comprend »

Mario Cecchini ne souhaitait pas commenter directement la décision du CF Montréal de fermer la section 132 du stade Saputo et de bannir certains de ses partisans, mais il comprenait le geste posé par l’organisation de la rue Sherbrooke.

« Je n’ai pas tous les dessous de l’histoire, mais ce que je peux dire, en faisant abstraction de cette situation, c’est que dès que ça devient violent, comme organisation, tu dois protéger l’ensemble de tes partisans. Quand ça devient répétitif — je ne dis pas que ce l’était, mais je le dis de façon hypothétique — il faut prendre des mesures pour protéger l’ensemble des gens. On ne souhaite pas cela (à aucune organisation), mais il faut penser à la majorité, comme dans le cas de la vaccination. »