Les Alouettes se sont présentés à leur camp d’entraînement 2021 avec cinq botteurs au sein de leur alignement. Et pour la première fois depuis un bail, on sent qu’il y a une véritable compétition en cours pour l’obtention d’un poste à cette position.

Jean-Philippe Arcand
Jean-Philippe Arcand La Presse

De son arrivée avec l’équipe en 2015 jusqu’à l’échange qui l’a envoyé aux Argonauts de Toronto en février 2020, et malgré tous les problèmes d’inconstance qui l’ont accablé durant son séjour à Montréal, Boris Bede a longtemps été bien en selle comme botteur partant des Als. Avant lui, Sean Whyte se trouvait dans une situation semblable.

Or, cette année, bien malin celui qui saura prédire quel membre du quintette de botteurs à l’œuvre à ce camp sera l’heureux élu.

« On est principalement en compétition avec nous-même plutôt qu’avec le gars à côté, parce qu’on est cinq joueurs de niveau professionnel et on veut tous être choisis. On tient ça très familial et on s’amuse », a expliqué Félix Ménard-Brière, l’un de ces botteurs qui se disputent un poste chez les Moineaux.

« Actuellement, les gars sont notés sur tous les aspects. Nous utilisons un système pour suivre chacun de leurs bottés, pour voir comment ils évoluent au fil de la semaine et où en sont leurs pourcentages. En définitive, nous allons nous fier sur ces chiffres et sur la capacité des gars à réussir ou non ces bottés », a détaillé le coordonnateur des unités spéciales, Mickey Donovan.

Parmi ces cinq hommes à l’essai, Tyler Crapigna et Ménard-Brière semblent jouir d’une certaine longueur d’avance.

Le premier, un vétéran canadien de la LCF acquis dans la transaction ayant envoyé Bede aux Argos, avait déjà séjourné à Montréal en 2019 comme membre de l’équipe d’entraînement. Le second, un ancien des Carabins de l’Université de Montréal, a lui aussi roulé sa bosse dans le circuit, dont un bref arrêt à Montréal en 2018.

PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE

Tyler Crapigna

Les trois autres sont l’ex-membre du Rouge et Or de l’Université Laval David Côté, l’Américain Matt Mengel et l’Australien Joseph Zeema.

« Chaque jour, quand j’entre ici au Stade olympique, que je connais et où je viens depuis mon enfance, c’est assez spécial. C’est vraiment une occasion à saisir à 1000 %. C’est un rêve d’enfance qui pourrait se réaliser cette année », a noté Ménard-Brière, qui tentera de s’établir une fois pour toutes dans la LCF, et dans sa province natale de surcroît.

« C’est sûr que mentalement et physiquement, ça pèse un peu de voyager, de toujours être dans les boîtes et de jouer pour des équipes différentes », a-t-il admis.

Solo ou duo ?

Avec le poste de partant en apparence ouvert à tous, il n’est pas du tout impossible de voir les Alouettes adopter un système à deux botteurs cette saison. Même que la chose semble très probable.

« Ça fait l’objet de discussions, a fait savoir Donovan. Ça viendra sur la table à un moment donné. Il faudra déterminer de quelle façon on veut travailler avec le ratio de notre alignement pour les jours de match. Au bout du compte, ce sera une décision de groupe. »

L’entraîneur-chef Khari Jones, lui, dit ne pas avoir de préférence particulière à cet égard.

Si on en a un très bon, ça ouvre un poste ailleurs [dans l’alignement]. Si on en a deux qui sont très bons dans ce qu’ils font, je sens que ça pourrait nous donner un avantage sur le plan des unités spéciales.

Khari Jones, entraîneur-chef des Alouettes

« C’est une bonne bataille, et c’est une bonne chose, a poursuivi Jones. C’est encore très tôt, on observe et on évalue ces gars-là chaque jour. On espère qu’ils élèveront leur jeu d’un cran en sachant qu’il y a une compétition en cours. »

Plus de peur que de mal pour Stanback

Le porteur de ballon William Stanback s’est blessé à un genou vers la fin de la séance d’entraînement de mercredi. Il est demeuré étendu quelques minutes sur les lignes de côté, tout en recevant l’aide des soigneurs.

Heureusement pour lui, tout indique qu’il n’y a rien de sérieux à signaler dans son cas. L’entraîneur des demis offensifs, André Bolduc, a décrit le tout comme étant un « petit malaise » qui peut survenir « après quatre jours et deux entraînements par jour ».