En écoutant Danny Maciocia lors de sa conférence de presse de lundi, c’est devenu très clair. Il n’était pas seulement un bon candidat pour le poste de directeur général des Alouettes, il était le seul candidat possible.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

On pouvait avoir certains doutes au sujet de la nomination de Maciocia, confirmée lundi, comme l’a été celle du nouveau président Mario Cecchini. Mais le Québécois les a tous effacés dès sa première rencontre avec les médias montréalais.

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Danny Maciocia

Maciocia a reconnu qu’il avait beaucoup de travail à faire pour reconstruire son groupe de dépisteurs aux États-Unis. « J’ai déjà discuté avec certains candidats, car j’ai un bon réseau de contacts aux États-Unis. Le défi sera toutefois de couvrir l’entièreté des États-Unis », a convenu Maciocia.

Le nouveau DG des Als a également indiqué que l’une de ses priorités était d’améliorer une ligne défensive qui a connu des difficultés en 2019, que ce soit par l’entremise du marché des joueurs autonomes ou autrement.

Surtout, Maciocia a paru très sincère lorsqu’il a parlé du respect qu’il avait pour l’entraîneur-chef Khari Jones, présent à la conférence de presse d’hier. Les deux hommes devront travailler ensemble de près, même s’ils ne se sont pas choisis.

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Khari Jones

« Avec ce qu’il a accompli dans une situation loin d’être idéale la saison dernière, je ne vois pas comment on ne pouvait pas lui donner un nouveau contrat de trois ans. Je suis surpris qu’il n’ait pas été nommé entraîneur-chef de l’année », a dit Maciocia.

Jones et Maciocia s’étaient toutefois déjà rencontrés au cours de la saison dernière afin de discuter de la possibilité de travailler ensemble.

« Nous avons alors vu que nous pourrions bien travailler ensemble. Je ne m’attends pas à ce qu’il y ait des problèmes quant à la structure et aux décisions à prendre », a indiqué Jones.

Maciocia a dit qu’il accorderait une grande importance à l’opinion de Jones et à celle d’Éric Deslauriers, directeur des opérations football, au cours des prochaines semaines.

« Je connais les joueurs pour les avoir vus jouer, mais eux les connaissent personnellement. Ils savent si un joueur a la bonne attitude ou non. »

Le marché des joueurs autonomes s’ouvrira le 11 février. L’équipe devra également prendre des décisions importantes prochainement, car certains joueurs pourraient toucher des primes s’ils demeurent avec le club. Maciocia n’aura donc pas de temps à perdre.

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Gary Stern

Le bon moment 

Maciocia a remercié sa femme et ses filles, de même que Manon Simard et les Carabins de l’Université de Montréal, lundi. Simard est la directrice des sports d’excellence de l’université. L’homme de football a adoré ses neuf saisons avec les Carabins, mais le moment était venu de passer à autre chose.

« Je n’avais plus grand-chose à accomplir à l’Université de Montréal », a candidement avoué Maciocia.

« Ça fait 18 ans que je suis parti des Alouettes, et je suis très ému d’être de retour. Ça arrive au bon moment. À 52 ans, je voulais un nouveau défi, celui de remporter une autre bague de la Coupe Grey.

« Lorsque j’ai quitté les Alouettes pour les Eskimos d’Edmonton en 2002, je croyais que ce ne serait que pour quelques années et que je serais de retour avec les Alouettes. Ça fait 18 ans que j’attends ce jour. »

Assis entre Cecchini et Maciocia, le nouveau propriétaire des Alouettes, Gary Stern, tentait de saisir ce que ses deux nouveaux hommes de confiance racontaient en s’adressant aux médias en français. Mais l’expression sur son visage ne laissait aucun doute. Stern semble convaincu d’avoir fait le bon choix.

« Je vous avais dit la semaine dernière que nous embaucherions de bons candidats et de bonnes personnes. Et en les écoutant aujourd’hui, je pense que ça ne fait aucun doute que c’est ce que nous avons fait », a dit Stern.

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Mario Cecchini

Un « gars de football » 

Cecchini est moins connu du public que l’est Maciocia, mais a fait une très bonne première impression, lui aussi.

Le natif de Shawinigan, qui s’est fait connaître comme cadre dans le monde des médias, a résumé le travail qui l’attend comme suit : « Le mandat est très clair et il est comme je les aime : arrange-toi pour que ça marche ! », a dit Cecchini d’entrée de jeu.

« Mes deux passions sont les médias et le football », a poursuivi Cecchini, qui a travaillé 35 ans dans le monde des médias et qui suit de très près les activités du football professionnel depuis les années 70 alors qu’il était enfant.

« Je suivais les Alouettes dans les années 70 et je me souviens de l’“Immaculate Reception” en 1972 dans la NFL. Je regardais les matchs avec mon père, et ce sont de beaux souvenirs », a indiqué le nouveau président des Alouettes.

Sur le plan des affaires, Cecchini a indiqué qu’il souhaitait solliciter la communauté des affaires montréalaise encore plus qu’elle l’a été au cours des dernières années. « On voudra de son temps et de son soutien encore plus qu’auparavant. »

Cecchini et Stern ont également parlé du projet d’un éventuel centre d’entraînement pour l’équipe, qui pourrait voir le jour d’ici deux ans.

« Vingt-quatre mois, c’est un délai raisonnable pour un stade d’entraînement. On veut que tous nos employés soient au même endroit », a précisé Cecchini. Les bureaux des opérations football et le vestiaire des joueurs sont actuellement au Stade olympique, tandis que ceux de l’administration sont situés au centre-ville.

« C’est plus qu’un enjeu ou un souhait, c’est une priorité », a résumé Cecchini, qui a par ailleurs raconté que son intérêt pour le poste de président des Alouettes ne datait pas d’hier. L’idée a commencé à germer il y a une dizaine d’années lorsque le poste avait été laissé vacant pour une courte période.

« Si Danny attendait ce jour depuis 18 ans, moi, je l’attendais depuis 10 ans », a dit Cecchini, qui a rencontré Maciocia pour la première fois il y a environ un an. « Ça a cliqué tout de suite entre nous deux », a dit le président.

Reste la stabilité

Les Alouettes ont enfin de nouveaux propriétaires, qui voient les Alouettes comme un projet à long terme. Un président qui a beaucoup impressionné à son premier contact avec les journalistes, lundi. Un entraîneur-chef adoré de ses joueurs, qui a relancé l’équipe alors qu’elle se trouvait en pleine tourmente l’été dernier.

Et ils ont maintenant un DG de chez nous. Un homme qui a commencé sa carrière au football professionnel au bas de l’échelle, en faisant du bénévolat chez les Alouettes. Qui a poursuivi son apprentissage chez les Eskimos pendant plus de huit ans avant de revenir au Québec, où il a élevé les Carabins au rang des puissances du football universitaire canadien.

Maciocia a admis qu’il n’était peut-être pas prêt à être un DG lorsqu’il a occupé ce poste de 2008 à 2010 avec les Eskimos. Que sa passion était manifestement le coaching à cette époque.

Une décennie plus tard, il possède l’expérience, les connaissances et, surtout, l’ardent désir de vouloir terminer sa carrière au football avec un dernier chapitre tout en beauté avec l’équipe de sa ville, chez lui.

« Je ne veux pas faire de promesse au sujet de la fiche qu’on aura ou si on gagnera la Coupe Grey cette année ou dans trois ans. Tout ce que je peux vous dire, c’est que je vais donner tout ce que je peux. »

Après des années de chaos, d’incertitude, de conjectures et de doutes, les Alouettes sont enfin entre bonnes mains. Il ne manque plus qu’un élément pour s’assurer que cette équipe retrouve sa place parmi les meilleures de la LCF : un peu de stabilité.