Dans leur histoire, les Steelers de Pittsburgh n’avaient jamais perdu un match dans lequel ils avaient mené par 20 points (fiche de 224-0-1). Ils sont venus bien près de le faire, dimanche, à Nashville.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

L’affrontement entre les Steelers et les Titans du Tennessee, deux des trois équipes qui n’avaient toujours pas perdu, était le plus attendu de la septième semaine d’activité dans la NFL et il n’a pas déçu. Les amateurs ont été très bien servis, ayant même eu droit à deux matchs en un…

Les Steelers ont complètement dominé les 30 premières minutes de jeu et étaient en avance, 24-7, après le deuxième quart. Un touché de 73 verges d’A. J. Brown a toutefois redonné vie aux Titans au milieu du troisième quart et ces derniers ont contrôlé l’action à partir de ce point. Ce n’est que lorsque Stephen Gostkowski a raté une tentative de placement de 46 verges avec 14 secondes à faire que la victoire de 27-24 des Steelers s’est concrétisée.

Une semaine après s’être amusé aux dépens de la défense des Texans de Houston, Derrick Henry a été limité à 75 verges en 20 courses (moyenne de 3,8). C’est en grande partie grâce aux secondeurs extérieurs T. J. Watt et Bud Dupree que la défense des Steelers a remporté sa bataille contre Henry.

La première mission de Watt et de Dupree est normalement de presser le passeur. Dimanche, elle a plutôt été de contenir Henry. Watt a plaqué l’imposant porteur de ballon derrière la ligne de mêlée à quelques occasions, alors que Dupree était souvent positionné près du milieu de la défense tel un secondeur intérieur. La stratégie a fonctionné durant une bonne partie de la rencontre.

En contrepartie, Ryan Tannehill a pu profiter d’une bonne protection face à une défense qui menait la ligue pour les sacs. Le quart-arrière a fini le match avec 220 verges et deux passes de touché. Surtout, Tannehill n’a commis aucune erreur coûteuse contre la défense la plus redoutable du circuit.

Mais ce n’est ni Tannehill ni Henry qui a été le meilleur joueur des Titans. C’est plutôt Brown qui a donné le plus de difficulté aux Steelers. Brown, l’un des ailiers espacés les plus imposants de la ligue, a capté six passes pour 153 verges et c’est son touché qui a stoppé l’hémorragie, alors que les Steelers faisaient ce qu’ils voulaient sur le terrain. Avec Brown, Henry et Tannehill, les Titans possèdent un trio de joueurs offensifs qui se compare aux plus talentueux du circuit.

La force du nombre

On parle beaucoup de la défense des Steelers, et avec raison, mais en fin de compte, c’est l’attaque qui leur a permis de rester invaincus. Ben Roethlisberger et ses jeunes receveurs ont excellé en première demie et James Conner a connu un bon match au sol, courant avec détermination.

Les Steelers ont converti huit de leurs neuf troisièmes essais en première demie, dont plusieurs étaient d’une bonne distance. Ils ont eu le ballon durant presque 20 minutes de jeu (19 min 56 s) et ont totalisé 228 verges, contre 83 pour les Titans.

De retour au jeu après une absence de deux matchs, Diontae Johnson a marqué deux touchés et a servi quelques superbes feintes aux joueurs qui tentaient de le couvrir. Johnson et JuJu Smith-Schuster ont capté neuf passes chacun.

PHOTO CHRISTOPHER HANEWINCKEL, USA TODAY SPORTS

De retour au jeu après une absence de deux matchs, Diontae Johnson a marqué deux touchés et a servi quelques superbes feintes aux joueurs qui tentaient de le couvrir.

À l’inverse, Chase Claypool a joué un rôle beaucoup plus effacé que lors des semaines précédentes. La recrue canadienne n’a capté qu’une seule passe pour une perte de deux verges.

Roethlisberger n’a pas joué son meilleur match, mais a donné le ton aux siens en distribuant bien le ballon tôt dans la rencontre. Pas moins de 10 joueurs des Steelers avaient déjà eu le ballon en mains après les trois premières minutes du deuxième quart. Roethlisberger a réussi 32 de ses 49 passes pour 268 verges, deux touchés et trois interceptions.

Rendez-vous avec les Ravens

Malgré cette première défaite, les Titans ont démontré une fois de plus qu’ils faisaient partie des grosses pointures de l’Association américaine. Ils sont talentueux, résilients et très bien dirigés par Mike Vrabel. Si leur défense élève son niveau de jeu d’un cran ou deux, ils seront dans le coup en janvier.

Ce sont les Chiefs de Kansas City et les Ravens de Baltimore qui étaient considérés comme les deux meilleures équipes de l’association au début du calendrier. Il faut maintenant inclure les Steelers dans ce groupe. Ils connaissent leur meilleur début de saison depuis 1978 et forment l’une des équipes les mieux équilibrées. Il n’y a actuellement aucune faiblesse au sein de cette équipe.

Après avoir visité « King » Henry et les Titans, les Steelers prendront la route vers Baltimore le week-end prochain. Largement favoris pour remporter la division Nord de l’Américaine comme ils l’avaient fait lors des deux dernières années, les Ravens devront cette fois lutter avec leurs éternels ennemis de la Pennsylvanie.

Après ce premier choc, dimanche prochain, les deux équipes se retrouveront au Heinz Field, le 26 novembre. Ce sera un match en soirée, le jeudi du Thanksgiving américain. Comme c’est presque toujours le cas, les deux affrontements annuels entre les Ravens et les Steelers devraient nous donner du jeu aussi intense que relevé.

Antonio Brown et les Bucs

Bruce Arians était le coordonnateur offensif des Steelers lorsqu’Antonio Brown a amorcé sa carrière en 2010. L’hiver dernier, l’entraîneur-chef des Bucs s’était catégoriquement opposé à la venue du receveur dans son équipe.

C’est manifestement Tom Brady qui a eu le dernier mot. C’était un secret de Polichinelle que Brady voulait jouer avec Brown. Et il s’est probablement même porté garant de l’enfant terrible. D’ailleurs, si les informations qui circulent sont exactes, Brown habitera chez Brady au cours des prochains mois.

PHOTO LYNNE SLADKY, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Antonio Brown, alors qu’il jouait avec les Patriots de la Nouvelle-Angleterre

La suspension de Brown, qui a accepté vendredi un contrat d’un an qui pourrait lui rapporter jusqu’à 2,5 millions, se terminera la semaine prochaine. Il devrait donc jouer son premier match avec les Buccaneers le 8 novembre, alors qu’ils tenteront de venger leur défaite en lever de rideau face à Drew Brees et aux Saints de La Nouvelle-Orléans.

Arians a déjà fait savoir qu’il ne tolérerait aucun écart de conduite de la part de Brown et il reste à voir si Brady sera capable de l’aider à rester dans le droit chemin.

On peut également se demander si les Bucs avaient vraiment besoin d’un autre receveur de premier plan, eux qui comptaient déjà sur un très bon groupe qui comprend Mike Evans et Chris Godwin, notamment. Brady sera-t-il capable de satisfaire tout ce monde ?

Cela dit, ce n’est pas pour rien que plusieurs équipes, dont les Seahawks de Seattle, s’intéressaient à Brown. Il demeure un talent exceptionnel. C’est d’ailleurs peut-être pour empêcher les Seahawks de mettre la main sur Brown que les Buccaneers ont choisi de l’embaucher. Comme dans l’Américaine, la lutte au sommet de la Nationale devrait être extrêmement captivante en deuxième moitié de saison.